‹ Michelet et son tempsChapitre 8 sur 51 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

Dans la première partie de ce petit livre, j’étudie les relations de Michelet avec des poètes comme Lamartine : et Victor Hugo, avec des critiques comme Sainte-Beuve et Taine, avec un orateur comme Montalembert.

Lamartine et Michelet ont été rapprochés par un ami commun, Dargaud, qui les séduisit par son éloquence et les toucha par sa misère. Mais ce fut surtout leur évolution parallèle, leur double effort d’émancipation politique et religieuse qui resserra les liens noués entre eux par la vie et par l’amitié. À la même époque, vers 1842- 43, Michelet rompt avec le Christianisme et le Moyen Age, Lamartine se détache de la monarchie de Juillet et de l’orthodoxie catholique. Celui-ci est moins affirmatif, moins intransigeant que celui-là, et son âme harmonieuse, tolérante même dans le combat, s'exprime tout entière dans une lettre où il définit leur position : « Ouvriers tous deux du Temple moderne, où la Raison sera pieuse set la Piété raisonnable, passons-nous les pierres et le ciment de la main à la main ! » Du même pas, ils vont à la Révolution, mais si l’auteur des Girondins, individualiste et aristocrate, la personnifie dans les grands hommes, par contre l’auteur de l'Histoire de la … Révolution Française, fils et champion du peuple, voit … en elle le produit des revendications collectives et la poussée des grands instincts populaires. Le premier, … surtout libéral, critique dans l’Ancien Régime le despotisme de la Monarchie absolue, le second, déjà sectaire,

y dénonce l'alliance de deux tyrannies, l'Eglise et la OVatél Après la douloureuse expérience de Juin 1848, le poète qui a vu s’écrouler sur les barricades son rêve de république idéale, abandonne peu à peu son cœur … meurtri aux sollicitations apaisantes de la tradition;

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