‹ Michelet et son tempsChapitre 9 sur 51 · FN PR · texte numérisé non relu

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UE. # d | INTRODUCTION XxI l'historien, révoqué par l’Empire, réprouve cette acceptation résignée et prêche jusqu’à la mort la Révolution. Il m'a paru opportun de publier ensuite la corres- pondance de Victor Hugo et de Michelet, de rapprocher dans une étude ces deux grands esprits. Tous deux Iyriques, ils ont chanté la mer ; tous deux imaginatifs, ils ont ressuscité le Moyen Age et la cathédrale gothique, puis salué l'aurore des démocraties naissantes ; tous deux optimistes, ils ont cru à la religion du progrès et vu dans la civilisation l’épopée de la liberté en marche. Ils ont suivi à peu près la même évolution morale, l’un, le poète, plus lent à se détacher de la tradition monarchique et chrétienne, l’autre, l'historien, plus fiévreux, plus passionné par les luttes religieuses et moins théâ- }tral dans son opposition politique. Les lettres qu'ils échangent, à propos des Contemplations, sont très inté- ressantes parce qu’elles nous fixent sur leur attitude à l'égard du christianisme en 1856. Les vers bien connus de Victor Hugo sur le Crucifix étonnent Michelet qui proteste auprès du poète, et celui-ci se défend avec un ‘certain embarras : « Ce que vous me dites du Crucifix ( est vrai : il est de fer, maïntenant, et l’on en martèle lles crânes pour y tuer l’idée, seulement :— et vous ne me blâmerez pas en cela — je ne puis oublier que Jésus * a été une incarnation saignante du progrès ; je le retire -au prêtre ; je détache le martyr du crucifix, et je . décloue le Christ du christianisme. Cela fait, je me * tourne vers ce qui n’est plus qu’un gibet, le gibet actuel - de l’humanité, et je jette le cri de guerre, et je dis + comme Michelet : « Détruisons l'ennemi ! »

[à Si Victor Hugo et Michelet peuvent paraître de la “même race spirituelle, frères de pensée et d’imagina- | il n’est pas d’esprits plus opposés que Michelet et “Sainte-Beuve. On est surpris du silence détaché et de l'indifférence têtue où s’enferme l’auteur des Lundis,

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