‹ MicheletChapitre 132 sur 181 · Lo Corio, livre do Mahomet, dé · texte numérisé non relu

Lo Corio, livre do Mahomet, dé

7. Lee Persans sont musulmans, mais de la secte dos schistes (schisnu tiques).

8. Capitale de la Babylonie, sur l'Euphrats, prise par Soliman.

B. Charles-euin. prit Tunis (1S33)

3tf J. MICHELET.

moindre bey1 prend le nom de sultan', Ibrahim avait suivi l'usage dans ses proclamations. On dit à Soliman que manifestement son vizir usurpait, qu'il avait tout à craindre.

Le 6 mars 1536, Ibrahim, sans défiance, rentra le soir au sérail, comme à l'ordinaire, pour prendre près de son maître sa nourriture et son repos. 11 y trouva la mort.

Le lendemain, on le vit étranglé. L'état du cadavre montrait qu'il s'était défendu en lion. La chambre portait aux murs des mains sanglantes qu'il y avait imprimées dans la lutte. Terrible accusation d'une perfidie si barbare ! Cent ansencore après.on les voyait avec horreur.

i Des deux cents vizirs qui ont gouverné l'empire ottoman, il n'y a eu, ni avant, ui après, un tel vizir. > Il reste grand, moins pour avoir donné à cet empire ses deux bornes, Bude et Bagdad, que pour avoir lié la Turquie et la Franco, sauvé trois fois l'Europe, commencé la réconciliation des religions ennemies.

Comme ce pauvre esclave grec, ingénieux, héroïque et clément, n'a pas de monument à Galata3, où fut jeté son corps, nous avons écrit ce chapitre, qui lui en servira et le consacrera dans la reconnaissance de l'avenir.

Rabelais, 1183-1553, est reconnu universellement pour l'écrivain français le plus puissant de la Renaissance. Son œuvre ost le grand roman fantastique de Gargantua et de Pantagruel. On sait que Rabelais avait voulu y mettre un sens caché ; mais ce sens est encore obscur.

Quel homme et qu'était-il? Demandez plutôt ce qu'il

n'était pas. Homme de toute étude, de tout art, de toute langue, le véritable Pan-ourgos*, agent universel dans les sciences et dans les affaires, qui fut tout et fut propre à tout, qui contint le génie du siècle et le déborde à chaque instant.

Christophe Colomb trouva son nouveau monde à cinquante ans. Rabelais avait à peu près le même âge, ou un peu plus, quand il trouva le sien*.

La nouveauté du fond fut signalée par celle de la forme. La langue française apparut dans une grandeur qu'elle n'a jamais eue, ni avant ni après. On l'a dit justement : ce que Dante avait fait pour l'italien3, Rabelais l'a fait pour noire langue. Il en a employé et fondu tous les dialectes, les éléments de tout siècle et de toute province que lui donnait le moyen âge, en ajoutant encore un monde d'expressions techniques que fournissent les sciences et les arts. Un autre succomberait à cette variété immense. Lui, il harmonise tout. L'antiquité, surtout le génie grec, la connaissance de toutes les langues modernes, lui permettent d'envelopper et dominer la nôtre.

Il est, dans l'histoire littéraire, ce que, dans la nature, sont les lacs de la Suisse, mers d'eaui vives qui, des glaciers, par mille filets, s'y réunissent pour en sortir en fleuve et s'appeler la Reuss, ou le Rhône ou le Rhin.

Ceci pour la langue et la forme. Mais pour le fond, à qui le comparer?

A l'Arioste*?à Cervantes *?Non, tous deux rient sur un tombeau, sur la patrie défunte, et la chevalerie inhumée.

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