LE MASQUE D'HENRI IV
Hlchslet décrit la figure d'Henri IV d'après la moulage en plfttre qui fut fait sur son cadavre quand on exhuma les rots de Frauie des caveaux de Saint-Denis en 1793.
L'irrécusable document que nous avons de ce visage, c'est le plâtre pris sur lui en 93, quand on le trouva si bien conservé. Sauf une légère convulsion qui suivit le coup de couteau* et qui a fait remonter un coin de la bouche, rien n'est altéré. La tête est forlepourun homme de sa taille. Le profil ressemble à François I" ; mais il est bien plus arrêté et surtout plus spirituel, il est d'un homme, l'autre d'un grand enfant. Le nez, moins long et tombant, semble ferme et courageux. Il incline un peu à gauche, soit par l'effet de la convulsion, soit que dans la vie il ait été tel. Le front est extrêmement beau, non pas d'un vaste génie, mais d'un esprit vif, intelligent, rapide, sensible à toutes choses. Les yeux sont dans une arcade marquée, non profonde. Ils ne sontpas très grands, mais doux, charmants, infiniment aimables.
L'incertain dans cette figure, c'est la bouche moins visible sous la barbe, et un peu tirée de côté. Autant qu'on peut entrevoir, elle ne rassurerait pas trop; elle semble fuyante et flottante. Ajoutez ce nez indirect qui semble d'un homme incertain.
Le masque, selon le jour et l'aspect, a des expressions très diverses. Vu de haut, il est funèbre. Face à face et de niveau, il est douloureux. Vu d'au-dessus, il sourit et parait comique, sceptique; il dit : oui et non.
Ce qui est sûr et certain en cet homme, ce qui est
visible, c'est l'amour. Les yeux fermés couvent de tendres pensées et continuent toujours leur rêve.