‹ MicheletChapitre 168 sur 181 · LA FUITE DU BOI A VARENNE · texte numérisé non relu

LA FUITE DU BOI A VARENNE

Louis XVI avait été ramené de Versailles à Paris par tes femmes qui étaient venues le chercher, le S octobre 1789. Depuis lors i| habitait aux Tuileries avec toute sa famille et il y était en quelque sorte prisonnier de l'Assemblée. Les partisans de la monarchie désiraient que le roi quittât Paris et vint se mettre à la tête de l'armée réunie à la frontière de l'Est. Louis XVI, ne pouvant partir au grand jour, s'enfuit la nuit (1791).

Le 20 juin, avant minuit, toute la famille royale, déguisée, sortie par une porte non gardée, était dans le Carrousel*. Ils montèrent dans un fiacre, dont le cocher était Fersen * ; pour mieux dépayser ceux qui pourraient suivre, il fit quelques tours dans les rues, revint, attendit encore une heure au Carrousel ; enfin arriva madame Elisabeth3, puis le Roi, puis, plus tard, la Reine, conduite par un garde du corps; celui-ci, connaissant mal Paris, lui avait fait passer le pont, l'avait menée rue du Bac*.

Le cocher Fersen, menant dans son fiacre un dépôt si précieux, et ne connaissant guère mieux son Paris que les gardes du corps, alla jusqu'au faubourg Saint-Honoré pour gagner la barrière Clichy5, où la berline attendait chez un Anglais, M. de Crawford. De là, il gagna la Villelle. Pour se débarrasser du fiacre où suivaient les gardes du corps, il le versa dans un fossé. De là, il mena à Bondy*.

Les voilà partis, bien tard, mais ils vont grand train; un garde à cheval à la portière, un autre assis sur le

1. Grande place entre les Tuileries I t. Sur la live gauche, elle Leuvre. 5. Clichy est au nord de Paris; le

ï. Noble Suédois dévoué à la reine. faubourc SdnL-Honore à l'ouest.

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