‹ MicheletChapitre 26 sur 181 · UNE HERBORISATION SUR I-A HKRNINA · texte numérisé non relu

UNE HERBORISATION SUR I-A HKRNINA

La passage suivant, écrit en entier par madame Michelet, est la description d'une promenade faite par elle sur une montagne de l'Engadinc et des fleurs qu'on rencontre près du sommet.

Le proverbe de l'Engadine : c Neuf mois d'hiver, trois mois d'enfer, » étonne quelque peu l'étranger. La chaleur, l'été même, à une telle hauteur, ne peut être accablante. Pour celte année, la saison était froide. On faisait du feu en juillet.

« Chaque matin pourtant, quelles que fussent les douceurs du poêle et le froid du dehors, je m'arrachais et je partais. La tentation était trop grande de se trouver si près des trésors de la botanique. Déjà à 6,000 pieds ', il suffit d'en monter 2,000, et l'on se voit sans effort en possession de la plus haute flore Alpine.

« L'Engadinea encore des retraites ignorées, perdues, de sauvages vallées, dont les seuls visiteurs sont le vent, le soleil, et que l'on pourrait croire le royaume secret des esprits. C'est ce que je cherchais. Il m'eût fallu un lieu, un horizon où nul n'aurait posé le regard.

« Si quelqu'un connaît de tels lieux, c'est un seul homme, Colani, à coup sûr, fils du fameux chasseur, qui lui-même sur ses vieux jours s'est fait chasseur de plantes. Chaque fleur est à lui d'avance. Il la prend à heure juste. Il sait à son foyer le moment où telle herbe va fleurir sur telle pente inconnue de la Bernina.

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