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Viltiee industriel »m environ) de Mulhouse, en Alsace

ANTHOLOGIE. Ut

ans de liberté. Cela seul met pour lui une différence immense dans la balance du bonheur.

L'ouvrier des manufactures porte toule la vie un poids très lourd, le poids d'une enfance qui l'a affaibli tle bonne heure, bien souvent corrompu. Il est inférieur au paysan pour la force physique, inférieur pour la régularité des mœurs. Et avec tout cela, il a une chose qui réclame pour lui : il est plus sociable et plus doux. Les plus misérables d'entre eux, dans leurs plus extrêmes besoins, se sont abstenus de tout acte de violence; ils ont attendu, mourants de faim, et se sont résignés.

L'auteur de la meilleure enquête de ce temps1, ferme et froid observateur qu'on ne soupçonnera de nul entraînement, porte en faveur de cette classe d'hommes, dont il ne dissimule aucunement les vices, ce grave témoignage : « Je n'ai trouvé chez nos ouvriers qu'une vertu qu'ils possédassent à un plus haut degré que les classes sociales plus heureuses : c'est une disposition naturelle à aider, à secourir les autres dans toute espèce de besoins. »

Je ne sais s'ils n'ont que cette supériorité, mais combien elle est grande !... Qu'ils soient les moins heureux, et les plus charitables ! qu'ils se préservent de l'endurcissement si naturel à la misère ! que dans cette servitude extérieure, ils gardent un cœur libre de haine, qu'ils aiment davantage!... Ah! c'est là une belle gloire, et qui sans doute met l'homme, qu'on croirait dégradé, bien haut au jugement de Dieu !

i. Villermé, Tableau te Vital I manufactura de coton, de laine et

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