‹ MicheletChapitre 53 sur 181 · Palrioto · texte numérisé non relu

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au 2 novembre1, est énorme aux cimetières. Chaque famille, il est vrai, va à part. Dés qu'on aura l'idée d'y aller avec ordre, d'ensemble, à certaines heures, et d'y communier ainsi dans le regret, ce sera une fêle réelle, au sens antique, d'excellente influence sur les générations nouvelles et puissamment éducative. Impressions graves et douces, et aussi très fécondes. Le cimetière est un organe essentiel de la cité, une puissance de moralité. Une ville sans cimetière est une ville barbare, aride, sauvage. Que de saintes et bonnes pensées, quelle poésie du cœur vous ôtez aux vivants en leur ôtant leurs morts. Il est des états douteux, intermédiaires, où, pour ainsi parler, on a un pied au temple et un pied hors du temple, où l'on flotte, où l'on rêve. Pour cela l'ancien temple s'entourait de portiques où l'on errait, songeait. Ce vestibule du temple est aujourd'hui pour nous le cimetière. Celui de l'Est', surtout, a cet effet puissant. Des tombes on aperçoit le volcan de la vie.

Sans que l'on institue des fêtes, elles se feront, surtout aux jours émus, et le lendemain des grands événements. D'elle-même se lit celte fête des fêtes, la plus belle qui fut jamais, la Fédération de 90' (que j'ai eu le bonheur de conter tout au long)*, cette sublime agape6 où l'Europe assista, où tous (de près, de loin) communièrent avec la France.

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