La TransjlT.nia (pajs des Kar- I 1. Les dl
p.lhc>] est une province du royaume 3. Mkh.
de Hongrie, mail elle eit peuplée mitié entr
de Roumain*. ] mains.
est vrai, du moins, des villes, spécialement des capitales, mélange d'étrangers corrompus. Il n'y a pas de meilleur peuple, à cela près, ni plus aimable, ne se plaignant jamais, remerciant toujours, quoi qu'on fasse pour eux. La douceur, la tendresse du cœur valaque, se révèlen en leur langue, pleine de diminutifs gracieux, caressants. Elles sont plus sensibles encore dans leurs actes et leur vie habituelle. Il se commet infiniment peu de crimes en Roumanie, et la peine de mort a pu y être abolie depuis longtemps. Jamais, tant qu'elle fut appliquée, on ne pouvait trouver de bourreau dans le peuple ; on appelait des étrangers.
Leur aimable hospitalité accueille, cherche, prévient l'inconnu. Dans plusieurs des contrées valaques, ils ont la touchante coutume de déposer au bord des routes des vases remplis d'eau pour le voyageur qui pourrait passer. Entrez dans cette cabane. Une belle femme qui filait vient au-devant de vous, elle vous salue gracieusement dans son charmant langage antique. Elle quitte tout, s'empresse, vous reçoit comme aurait fait une fille, une sœur au frère bien-aimé de retour. Elle court à la fontaine, et, selon les anciens usages, vous offre apa n'inceputa, l'eau pure à laquelle nulle main n'a touché. Vos mains lavées, elle jette dessus cette toile brillante de paillettes d'or qu'elle fit pour son mariage, pour en parer le cou de celui qu'elle aimait. Elle offre tout ce qu'elle a, sa meilleure crème, ses fruits réservés pour un fils absent; l'étranger est bien plus : c'est l'envoyé de Dieu.
« Ah ! si mon mari était là, il vous mettrait dans votre route; il serait votre guide. Il est bien loin dans la montagne. — Pourquoi si loin ? — Hélas ! je ne l'aurais pas dit... Le propriétaire est bien dur; nous ne pouvons payer, si nous ne menons nos bestiaux paître au loin,
ÏW J. XICHELET.
parmi les rochers, dans les terrains sans maîtres...
Trop douloureuse histoire, tant de fois renouvelée I fatalité pesante !... Le maître a pu changer, mais la misère jamais. Jadis d'innombrables troupeaux, des millions de moutons, de bœufs, passaient en tribut' le Danube. Ils restent aujourd'hui dans le pays, mais pour le maître seul. Qu'y a gagné le paysan ? L'ordre estentré dans l'administration, le fisc a mieux compté... mieux pressuré le laboureur.
Ce peuple, si cruellement traité par l'homme, a réfugié son cœur dans la nature. Il l'aime toute, el sans choisir. Tout ce qui vit autour de lui lui est cher et sacré. Et ce n'est pas seulement l'hirondelle du toit, la cigogne fidèle ; le serpent même est bien reçu ; il devient aisément un hôte de la maison ; on ne lui refuse pas le lait des vaches; il partage avec les enfants. En revanche, il aime ses hôtes, les flatte, les remercie à sa manière.
Un de nos amis, s'arrêlant chez une paysanne de Transylvanie, la trouva tout en larmes. Elle venait de perdre son fils, âgé de trois ans. < Nous avions remarqué, ditelle, que tous les jours l'enfant prenait le pain de son déjeuner et s'absentait une bonne heure. Un jour, je le suivis et je vis, dans un buisson à coté de l'enfant, un grand serpent qui prenait sur ses genoux le pain qu'il avait apporté. Le lendemain, j'y conduis mon mari, qui, s' effrayant de voir ce serpent étranger, non domestique, et malfaisant peut-être, le tue d'un coup de hache. L'enfant arrive, et voit son ami mort. Désespéré, il retourne au logis en pleurant, et criant . Poutu I (c'est un mot de
1. Les princei de Vataehls el de I Turcs et lui devaient uu tribut eu MoltUTte étaient .ajeu du lultan dei [ bétail.
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tendresse qu'on donne à tout ce qu'on aime, mot à mol, cher petit oiseau). Pouiut répétait-il sans cesse. Et rien ne put le consoler. Après cinq jours de larmes: il est mort en criant : Pouiu ! *
Cette sensibilité facile, étendue à toute la nature, avec laquelle naît le Valaque, a donné à sa langue un charme tout particulier. Je ne crois pas qu'elle ait la splendeur et le retentissant de l'italienne. C'est bien sa sœur, mais une sœur attendrie par le malheur et la souffrance. Tout comme elle, peut-être encore plus, elle a une fuiile de jolis diminutifs, affectueux et caressants, amoureux, enfantins. Maïs ce qu'elle a de plus, ce semble, c'est qu'une larme lui tremble dans la voix, et sa parole est un soupir.
La Heur charmante que nous nommons très prosaïquement le muguet, c'est lacrimiore* en valaque, nom touchant et délicieux.