TABLEAU DE L'ITALIE
e description du pays où
La belle Italie, entre les glaciers des Alpes et les feux du Vésuve' et de l'Etna1, semble jetée au milieu de la Méditerranée comme une proie aux éléments et à toutes les races d'hommes. Tandis que les neiges des Alpes et des Apennins menacent toujours de noyer la partie septentrionale,les terres du midi sont inondées par les laves des volcans, ou bouleversées pardes convulsions intérieures.
C'est surtout la Lombardie qui se trouve menacée par les eaux. Le Pô est plus haut que les toits de Ferrare 3. Dès que les eaux montent au-dessus du niveau ordinaire, la population tout entière court aux digues : les habitants de ces contrées sont ingénieurs sous peine de mort.
Dans toute la Lombardie, les villes sont situées dans
1.Volcanpre)deNlplea(l.l98ni.). I C'ait on endiguant le Heu»a qu'on l'a
2. Volcan da Sicile (3,i37 m.). pou à peu fait s'élever aa-deiaue da
3. Ferrure est >ur la rire droite le plaine. du PS, non loin de son embouchure. I
Ul J. HICHELET.
les plaines, comme les villages des Celtes * quilesont fondées. Les végétaux du Nord et l'accent celtique vous avertissent, jusqu'à Bologne *, et au delà, que vous êtes au milieu de populations d'origine septentrionale. Le soleil est brûlant, la vigne s'essaye à monter aux arbres3, mais l'horizon est toujours cerné au loin par les neiges.
L'aspect des deui rivages de l'Italie n'est pas moins différent que leur nature géologique. Vers l'Adriatique, ce sont des prairies, des forêts, des torrents dont le cours est toujours en ligne droite, qui vont d'un bond des monts à la mer, et qui coupent souvent toute communication. Ces torrents durent isoler et retenir dans l'état barbare les pasteurs qui, dans les temps anciens- habitaient seuls leurs âpres vallées. Si vous exceptez la Fouille', la température de ce côté de l'Italie est plus froide. Il fait plus froid à Bologne qu'à Florence ', à peu près sous la même latitude.
Sur le rivage de la Toscane, du Latium t et de la Campante1 , les fleuves principaux circulent à loisir dans l'intérieur des terres; ce sont des routes naturelles.
Dans une région plus haute, où l'olivier n'atteint pas, s'élèvent le châtaignier, le chêne robuste, le pin même. Le sapin ne sort guère des Alpes. D'octobre en mai descendent de robustes montagnards qui conduisent leurs troupeaux dans la Maremme' ou dans la campagne de Rome9, pourle sramenerrétésurleshauteurs,oùl'herbe