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Bvrgot, Madrid, occupent le pli-
loaoqnlotau centre do l'Eipignc.
guntins, qui combattirent longtemps sur les décombres de leur ville et cherchèrent la mort dans les flammes ou dans les bataillons ennemis. Celte ville semble avoir eu contre elle la haine de tous les Espagnols, amis d'Hannibal. Il avait réuni pour ce siège jusqu'à cent cinquante mille hommes, tandis qu'il n'en arma contre Rome que quatre- vingt mille.
Pendant la longue résistance de Sagunte (219), des députés de Rome débarquèrent en Espagne pour réclamer auprès d'Hannibal. L'Africain leur envoya dire qu'il ne leur conseillait pas de se risquer au milieu de tant de barbares en armes pour arriver jusqu'à son camp, et que, pour lui, il avait autre chose à faire que d*éc<uter des harangues d'ambassadeurs Les députés passèrent à Carthage et demandèrent qu'on leur livrât Hannibal, comme s'il eût été au pouvoir de la république de le faire quand même elle l'eût voulu. Cependant Sagunte avait succombé. Une nouvelle députât ion vint demander aux Carthaginois si c'était de leur aveu qu'Hannibal avait ruiné cette ville. Ceux-ci, honteux d'avouer qu'Hannibal les vengeait malgré eux, répondirent : « Cette question n'intéresse que nous; le seul point sur lequel vous puissiez demander des explications, c'est sur le respect des traités ; celui qu'Hasdrubal a fait avec vous, il l'a fait sans y être autorisé. » — Alors Quintus Fabius relevant un peu sa loge : « Je vous apporte ici, dit-il, la guerre et la paix; choisissez. > Les Carthaginois, partagés entre la crainte et la haine, lui crièrent : « Choisissez vousmême. > Il laissa retomber sa toge, et répliqua : « Je vous donne la guerre. — Nous l'acceptons, dirent-ils, et nous saurons la soutenir. »
Cependant Hannibal s'était mis en marche pour l'Italie. Des riches dépouilles de Sagunte, il avait envoyé les
meubles à Cartilage, donné les prisonniers aux soldats1, gardé l'argent pour l'expédition. Il s'était attaché son armée en la gorgeant de richesses. Il était sûr qu'aucun de ses Espagnols n'abandonnerait un service aussi lucratif, au point qu'il ne craignit pas de leur permettre de retourner quelque temps chez eux pour y déposer leur butin.
C'était pourtant une audace extraordinaire que d'entreprendre de pénétrer en Italie, à travers tant de nations barbares, tant de fleuves rapides, et ces Pyrénées, et ces Alpes, dont aucune armée régulière n'avait encore franchi les neiges éternelles. Depuis un siècle qu'Alexandre avait suivi dans l'Inde les pas d'Hercule et de Bacchus', aucune entreprise n'avait été plus capable d'exalter et d'effrayer l'imagination des hommes. Et c'étaient aussi les traces d'Hercule qtt'Hannibal allait trouver dans les Alpes. Hais quels que fussent ces dangers et les difficultés de la route de terre qui conduisait en Italie, il ne voulut point solliciter les flottes de Carthage ni se mettre dans sa dépendance. Il lui convenait d'ailleurs de traverser ces peuples barbares, tout pleins de la défiance qu'inspirait lagrande ville italienne et du bruit de ses richesses.
Il espérait entraîner contre elle les Gaulois des deux cotés des Alpes3, comme il avait fait des Espagnols, et donner à cette guerre l'impétuosité et la grandeur d'une invasion universelle des barbares de l'Occident, comme plus tard Mithridate' entreprit de pousser sur Rome ceux de l'Orient.
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