‹ MicheletChapitre 87 sur 181 · Tiberlui et Caius Graeehut · texte numérisé non relu

Tiberlui et Caius Graeehut

put endurer leur insolence, et il osa leur dire : Silence, faux fils de l'Italie! Les affranchis craignirent qu'en descendant de la tribune, le vainqueur de Carlhage et de Numance' ne reconnût ses captifs africains ou espagnols et ne découvrit sous la loge les marques du fouet.

Ainsi un nouveau peuple succède au peuple romain absent ou détruit. Les esclaves prennent la place des maîtres, occupent fièrement le Forum, et, dans ces bizarres saturnales*, gouvernent par leurs décrets les Latins, les Italiens qui remplissent les légions. Bientôt il ne faudra plus demander où sont les plébéiens de Rome. Ils auront laissé leurs os sur tous les rivages. Des camps, des urnes1, des voies éternelles*, voilà tout ce qui doit rester d'eux.

Vers l'époque de la guerre de Pende*, les nobles, voyant le monde à leurs pieds, ne se soucient plus du peuple. Qu'il vive ou meure, peu leur importe. Ils ne manqueront pas d'esclaves pour cultiver leurs terres. D'ailleurs Caton lui-même, le grand agriculteur, n'a-l-il pas reconnu à la On de sa vie que les meilleures possessions étaient les pâturages? Pour conduire des troupeaux, on n'a que faire de la main intelligente d'un homme libre : un esclave suffit. Le laboureur expulsé de sa terre n'y peut donc rester, même comme fermier. Il se réfugie à la ville et vient demander sa nourriture à ceuxqui l'ont exproprié. Là, peut-être, il subsistera des gratifications du sénat, des dons des riches. Il attendra la

1. Ville du nord de l'Espagne qui I corps el mettaient lei tendre» dana

■Tiil réllslé longtemps nui armées dei urnes.

romaines; elle fut prit* et détruite *. Les toiet romain» construite!

pur Seiplon Émilien en 133. en ciment lubalatent encore en

!. NUI qui se célébraient ■ Rome grande partie.

du B in 40 décembre. 5. Panée, roi de Macédoine.

. 8. Le, twltii faisaient brûler les ' «aincu par Paul Emile à Pïdna(iBB).

chance d'une nouvelle colonie. Mais le sénat n'accorde plus ni blé, ni terres. Pas une seule colonie, pendant un demi-siècle. Que resle-t-il aux pauvres? leur vote. Ils le vendront aux candidats. Ceux-ci peuvent bien payer ces consulats, ces prétures, qui leur livrent les richesses des rois. Mais les censeurs ne laisseront pas cette ressource aux pauvres. Ils entasseront dans la tribu esquiline1, avec les affranchis, tous les citoyens qui n'ont pas en terre trente mille sesterces1. Relégués dans une des dernières tribus, leur vote est rarement nécessaire. D'ailleurs, le sénat ne daigne plus guère consulter .le peuple; depuis la victoire de Panl-Émile3, il décide seul de la guerre et de la paix. Il a substitué aux jugements populaires quatre tribunaux permanents (qaœstionesperpetuœ), composésdesénateurs,qui connaissent des causes criminelles, et particulièrement des crimes dont les sénateurs peuvent se rendre coupables, de la brigue, de la concussion, du péculat. Le jugement des crimes est remis aux criminels. Ainsi le sénat s'est affranchi du peuple. Le pauvre citoyen n'avait plus que son vote pour gagner sa vie : on le lui 6te. Il faut qu'il meure, qu'il fasse place aux affranchis dont Rome est inondée. Tel était le sort du citoyen romain, et le Latin, l'Italien lui portaient encore envie.

L'Italien, le Latin, le colon, le municipe sans suffrage*,

î 1.8 sesterw a varié de valeur!

. ■ - . : ■ i dont parle llichslet 11 valait environ Oir.M.

S. Sur Persée. roi de Macédoine 1168).

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