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PERTE NES OS

l'un des auteurs les plus souvent cités de Michelet. Il est d'autant plus intéressant de reconnaître chez Elie de Beaumont un goût prononcé pour les vastes synthèses, que le savant déclarait luimême que la géologie était peu avancée. Il l’opposait, dans une page originale, à l'astronomie, comme la chasse à la pêche : l'astronomie, disait-il, en substance, guette les faits, c’est-à-dire les astres, à leur passage ; la géologie va les quérir, comme le chasseur (p. 29 de ses Leçons de géologie, t. I). Mais, nonobstant l'état embryonnaire de la science à laquelle il s'était donné, Elie de Beaumont préférait les génies synthétiques, les grands historiens de la Nature, aux subtils analystes qu’il appelait, un peu dédaigneusement, les créateurs de la « géognosie ». Les constructeurs de systèmes, les hommes capables de vues d'ensemble, comme Ampère, Cuvier, Buch, et surtout Buffon, le « colosse » étaient par lui loués sans réserve (1bid. p. 26-7) ; les autres (Saussure, Pallas), quoique estimés, n'étaient pas admirés : seul parmi ces derniers, Werner trouvait grâce, parce qu’« observateur aussi, mais dans un cercle assez restreint », il « exerçait plutôt la puissance de son génie sur la classification et la coordination des observations ».

Buch était de l'espèce de ces savants philosophes, et philosophes en tant qu'historiens. Flourens : l’a loué pour ses nombreux « aperçus de génie », pour maïnte « conception » par laquelle il a confirmé ce qu'Élie de Beaumont appelait, chez Buffon, des « idées très saines », des « instincts extrêmement justes » 2. Or, tous les aperçus de génie mentionnés par Flourens concernent véritablement l’histoire du monde : « une de ses vues fécondes, remarque Flourens, révèle à un grand géologue de nos jours, à celui qui par ses travaux propres a rallié les travaux de M. Cuvier à ceux de M. de Buch, à notreillustre confrère, M. Elie de Beaumont, le premier germe de sa théorie savante de l’âge relatif des montagnes ».

Humboldt, le plus grand naturaliste peut-être de cette époque, dont Michelet n’était pas sans se réclamer à maintes reprises (Mer, 422 ; O., 292 et 38 ; Mo., 124 et 155) marquait par tous les moyens ses préférences pour les larges synthèses. Il empruntait son épigraphe à Pline, et cette épigraphe est claire : « naturae

1. FLOURENS, t. XX VI des Mémoires de l’Ac. des Sc. (Institut impérial de France). Le même tome contient une liste éloquente des œuvres de Léopold DE BuUCH.

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