Elie DE BEAUMONT, 0. cil., p
vero rerum vis atque "maj estas in omnibus momentis fide caret, si modo partes ejus ac non totam complectamur animo ». Dans cet ouvrage ! « qui embrasse beaucoup de choses... rien ne doit troubler l'impression de l’ensemble » ; le ciel même rentrait dans un tout plus vaste que lui, et l’ étude du ciel n’était pas mécanique céleste, mais « uranologie ». L/homme était englobé dans ce tout avec ses mœurs et ses langues, avec « le libre développement » de «ses forces morales ». Véritable héritier de Buffon par cette « façon de penser én grand », Humboldt méritait qu'Elie de Beaumont dît de lui qu'il ai « pris possession du globe au nom de la science » ?.
Parmi ces historiens philosophes, une mention spéciale doit être réservée à Candolle. Loué par Michelet en maints endroits (Mo., 260-261, 332) avec la référence de la page, ce qui est tout à fait exceptionnel dans les citations de Michelet *, Alphonse de Candolle s’est montré historien dans le chapitre XxvVI de sa remarquable Géographie Botanique, par la perspicacité avec laquelle il a daté l'apparition de certaines espèces végétales. Mais ce grand historien dela Nature ne dédaignait aucune des sciences qui peuvent converger vers son but, puisqu'il écrivait dans sa préface (Géogr. botanique, 1855, Genève ; préf., p. xx) : « Les zoologistes trouveront peut-être quelque intérêt à voir comment un botaniste envisage la définition de l’espèce, les modifications actuelles et antérieures qu’elle peut éprouver, l’origine probable et la répartition première et successive des espèces et des genres ou familles de notre époque. Je suis revenu souvent sur ces questions d’une 2mportance majeure. et je les signale particulièrement aux personnes qui aiment la ph#/osophie de l’histoire naturelle. C’est par 1à que nous touchons aussi à la géologie et à l’histoire des êtres organisés des époques antérieures, c'est-à-dire à la paléontologie. Après l’histoire géologique du règne végétal, est venue l’histoire pendant l’époque actuelle, depuis quelques milliers d'années. Elle se lie sous certains rapports avec l’histoire de l’homme. Il est intéressant pour un }sforien » (c'est Candolle qui souligne) « de savoir comment les espèces cultivées étaient réparties à l’origine. Il trouvera dans ces faits une des causes des
1. HuMBOLDT, Cosmos, IV vol., trad. Faye, chez Gide, Paris, 1846; cf. t. IV, p. 150€. I,1p..428-432.