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nuante, jusqu'aux effets sociaux les plus élevés. Remarquons bien qu’à la même époque les savants les plus autorisés n'étaient pas loin d’octroyer à la matière organisée, même à la plus élémentaire, le même principe de sensibilité qu’à l'animal : ce qui manque au végétal pour en témoigner, dit Claude Bernard, c’est simplement le pouvoir de réagir à la douleur par la fuite. Si donc c'est dans « la substance primordiale protoplasmique que réside l’irritabilité et la sensibilité initiales de l'être, » et dès lors que, par une hypothèse amise comme évidente, on accorde à la mer le privilège de recéler cette « substance primordiale », qui ne voit que l'univers entier présente une sensibilité unique, et de combien s’en faut-il que cette sensibilité n’anime l'univers entier ? « Où finit l'animal ? où commence la plante ? les sensitives, Ampère le remarque, approchent de l’animalité » (BH, p. 303). La même pensée est exprimée dans La Mer, page 167 et sq., où le polype est comparé à la plante, et dans La Montagne, p. 249 : « La botanique n’est autre chose que la science de l’amour. Science peu différente de la zoologie. L'amour est le terrain. où l'animal est fleur, la fleur est animée, et parfois, audessous du bas monde animal, identique au plus haut, à l’homme». (V. aussi pp. 131, 140, 167, 373). Michelet cite ses sources et les choisit partout, il est donc bien fondé à dire que les hommes peuvent être ingrats envers les solanées (So., p. 123) et que la reproduction des végétaux, comme leur efficacité thérapeutique, est un modèle et n’est qu’un modèle d'amour (Mo., II, chap. VII), æ comme il avait écrit trente ans plus tôt dans le livre des Origines du Droit que l’homme a tiré ses lois sociales de la Nature: « Faisons aujourd’hui, si nous voulons, les fiers, les rois de la création. Mais n'oublions pas notre éducation et la discipline de la nature. Les plantes, les animaux, voilà nos premiers précepteurs. Tous ces êtres que nous dirigeons, ils nous conduiraient : alors, mieux que nous n’aurions fait nous-mêmes... Calmes et purs, ils avaient l'air, dans leur silencieuse existence, de garder les secrets (OD., introduct., p. 11x) d’en haut. L'arbre qui a vu tous les temps, l'oiseau qui parcourt tous les lieux, n'ont-ils donc rien à nous apprendre ? »
$ 3. Et que nous apprendront-ils, ces maîtres confondus dans . le principe de leur discipline commune, que nous apprendront-ils