‹ Michelet NaturalisteChapitre 9 sur 73 · ALT LIL · texte numérisé non relu

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4. Cf. sur les rapports de MICHELET et de QUINET outre l'ouvrage de Mme FE: QuiKET, Cinquante ans d'amitié, un article de M. de Mahy, Michelet et Quinet, Nouv. Revue, 15 août 1900. ’

5. « Nous avons un autre idéal » qu’un professeur contemporain oppose à celui de Michelet ; mais Michelet n’eût pas été de son temps, s’il eût prévu le nôtre (cf. LANGLOIS, Conf. sur Michelet sous les auspices de l’Université de Pensylvanie, le 23 octobre 1904, in Questions d'Histoire.)

ques avait « peu de substance 1» ; les titulaires de chaires d’'histoire étaient si peu spécialisés qu’ils cumulaient leur enseignement avec celui de la géographie (tel Barbié du Bocage, de 1809 à 1825) ou suppléés par des lettrés et des critiques (tels Villemain suppléant Guizot en 1814-1815, Saphary puis Jouffroy suppléant Michelet lui-même à l'Ecole préparatoire). L'enseignement secondaire aussi n’avait pas de professeurs spécialisés dans l’histoire jusqu’en 1823, année ou Royer Collard les titularisa (15 mai).

Encore ne trouve-t-on que des hommes de bonne volonté pour

remplir ces chaires, non des savants, la nouvelle fonction ayant eu précisément pour but de préparer ces savants en vue de l’avenir. En 1824, Barante écrivait encore dans L'Histoire des Ducs de Bourgogne : « L'avenir même prochain semble chargé de la solution de si grandes questions, que le premier emploi du loisir et de la réflexion a été l'étude de l’histoire ». Il voulait indiquer sans doute, en même temps, que la première fonction de l’histoire est de préluder à la solution de ces grandes questions, et ne faisait de l’histoire ? rien moins qu'une fin en soi. Augustin Thierry * ne parlait pas seulement de Michelet, quoiqu'il le désignât assez clairement, le jour où il se plaignaïit que l’histoire eût « été jetée hors des voies qui lui sont propres », qu'elle eût, « passé du domaine de l’analyse et de l'observation exacte dans celle des hardiesses synthétiques... », sous l'influence « des méthodes empruntées à la mâtéphysique de Vico ». Et peu s’en faut qu'il ne représentât tout seul, à son insu peut-être, « une science qui a pour objet les faits réels et les témoignages positifs ».

Nous penserions déborder le cadre de notre sujet et pécher par incompétence si nous insistions davantage sur les méthodes historiques qui dominaient l’époque à laquelle Michelet débuta dans la science. Maïs nous en retenons deux principes qui nous paraissent acquis sans plus d'analyse ; d’une part, les historiens de 1830 étaient moins riches que nous en matière d'archives, celles qu'ils pouvaient explorer étaient moins accessibles, moins

. Nous empruntons ce jugement, avec quelques-uns des documents qui ut à la conférence d'un universitaire très bien informé, DRAPEYRON, alors doyen des professeurs d'histoire dans les lycées de Paris (conférence faite aux élèves du Lycée Charlemagne le 12 juillet 1898, pour le centenaire de Michelet, publiée in Revue de. Géographie, septem.-octobre 1898). — Voir aussi Le Centenaîre de l'Ecole normale supérieure, 1895, ie et doyen HIMLY, Livret de la tue des Lettres de Paris, 1891.

. Cf. E. QUINEN, Lettres d’exil, à J. Michelet, t. I, p. 208 : « L'histoire tete qu ’on la concevait autrefois, l'institutrice des peuples. »

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