Le Livre des peintres de Carel Van Mander, t. II, p
DE NASSAU, IMiINCE D ’ O li A N (i E , STATIKUIDEH DES 1> U O V I N C E S UNIES, (l'ciiit p;ii- Michicl Van Miuuvill et |;ia\(;pa] W. .1. Dclll, U)2,V|
Maurice
LES ARTISTES CELEBRES
les deux maîtres de Rubens, pour ne citer que ceux-là, avaient précédé, de dix ans, dans la carrière, le maître de Delft, et Rubens, lui-meme, était seulement de neuf ans plus jeune que celui-ci. Or le génie de Rubens sc montra encore plus précoce que la réputation de Mierevelt.
Le fait, du reste, ne présente, au fond, qu’un intérêt secondaire. Le certain, c’est que notre peintre ne quitta point son pays. « 11 demeura dans sa patrie, dit Campo Weyerman, et particulièrement entre les murs de sa ville de Delft, et ses seuls voyages furent pour aller quelquefois à La Haye, pour faire les portraits des sérénissimes princes de Nassau et d’autres grands personnages*.
Riche, inlluent, apparenté par son second mariage avec les familles aristocratiques de sa ville natale, traité avec des égards spéciaux par les plus hauts personnages de son pays, visité par ceux de ses confrères étrangers qui parcouraient sa patrie; compris par Van Dyck dans le Panthéon des grands artistes contemporains, que pouvait-il encore ambitionner? 11 avait atteint, par la force de son talent, par la dignité de sa vie, à une considération qu’aucun peintre hollandais n’avait obtenue avant lui, et que peut-être aucun autre ne devait connaître par la suite. Ses rêves s’étaient réalisés et il est à croire que son bonheur eût été complet, sans les deuils successifs qui vinrent attrister sa vieillesse.
On a vu plus haut que Mierevelt avait survécu à Christine Van der Pees, sa première femme. De ce mariage étaient nés cinq enfants, trois lilles et deux garçons^. Sur les trois filles, deux se marièrent. L’une épousa le graveur Willem Jacobsz Delff, artiste de grand talent dont nous allons avoir à nous occuper longuement tout à l’heure. La seconde fit un mariage encore plus brillant aux yeux du monde. Elle épousa le notaire Jan Van Beest. Enfin la dernière, qui était demeurée fille, institua ses neveux et ses nièces pour ses héritiers. Toutes trois, Gertruyt, Maria et Commertje, son gendre Willem Delff et ses deux fils moururent avant lui et le coup dut être d’autant plus rude pour le pauvre artiste, que son gendre était devenu son collaborateur assidu et que ses deux fils étaient aussi ses élèves. Ces derniers s’éteignirent à la lieur de l’âge; l’ainé avait à peine vingt-sept ans et marchait sur les traces de son père.
1. De Levais beschvijvingen der Nederlandsche Konstschilders en Konstschilderessen, La Haye, 1729 (I p. 232).
2. Kranim est le seul biographe qui donne la liste des enfants de Mierevelt. Il n’en compte que quatre toutefois, et semble avoir ignoré l’existence de Commertje.
MICHIEL VAN MIEREVELT ET SON GENDRE 3(j
Plus tard, nous trouverons dans l’inventaire une série d’œuvres de ce fils préféré, pieusement conservées par le vieux peintre. Beaucoup d’autres sans doute avaient déjà commencé sa réputation. Bleyswijck* nous a laissé la description de l’une d’elles. C’était une de ces Leçons
LA LEÇON d’anatomie DU DOCTEUR WILLEM VAN DER MEER, A DELFT. (Par Pieter Van Mierevelt, 1617.)
d’anatomie, tableaux corporatifs, dans lesquels les gildes de chirurgiens aimaient à se faire représenter.
« Là, nous dit-il, se trouvent figurés excellemment et d’une façon très ressemblante [seer t)~ejlyk en mel gelj'kende], les personnes suivantes qui composaient en ce temps le corps des docteurs en chirurgie de la ville. Ces docteurs sont revêtus de leur toge doctorale. Au milieu, se tient le Dr Jacob Wallenois, le D' Clcmens Overschie, le IV Gysbert Van der Hove, tenant un bassin, et le .l)r Vincent Swys avec une feuille