G. V. M., loc. cit., fol. 280 b
Philippe-Guillaume d Orange, témoignent d’une main ferme et d’un esprit clair.
M„MÎEREVELD.
Cette autre signature relevée au bas du portrait de Jacob Cats affecte
des allures un peu plus distinguées, mais dans tout cela il n’est rien, cependant, qui Justifie des prétentions sérieuses à une « belle main ».
Si des tableaux nous passons aux simples écrits, la calligraphie ne devient pas meilleure. On pourra s’en convaincre par les signatures cidessous, signatures que nous avons soigneusement calquées sur des actes notariés.
Elles indiquent une main indécise et mal assurée. 11 est vrai qu’elles datent des derniers temps de l’existence de notre peintre.
Quoi qu’il en soit, et bien que la carrière calligraphique fût alors lucrative et considérée, le père de Michiel, désireux de développer de bonne heure les heureuses dispositions que son jeune fils montrait pour le dessin, le plaça en apprentissage, non pas chez Jérôme Wierix, comme l’a écrit par erreur Carel Van Mander et comme Dcscamps' et nombre
I. La Vie des peintres flamands, allemands et hollandais, Paris, 1753. Ce qui a pu amener la confusion de Descamps et de ses copistes, c’est que le peintre-graveur
LES ARTISTES CÉLÈBRES
d’autres biographes l’ont répe'té, mais chez Willem Willemsz e]ui habitait alors La Haye. Il demeura trois mois à peine chez ce premier maître qui mourut très jeune. Etant revenu à Delft, il entra chez un élève de Blocklandt nommé Jan Augustynsz’ , puis enfin chez Blocklandt lui-même qui, après avoir habité Delft pendant un eertain nombre d’années, s’était définitivement installé à Utrecht.
A ce moment, Mierevelt comptait quatorze ans à peine. C’était quitter bien jeune la maison paternelle. Notre artiste, toutefois, avait déjà fait ses preuves et gravé au burin deux estampes d’après ses propres compositions. Ces deux pièces représentaient, l’une la Samaritaine, l’autre Judith tenant la tête d’Holopherne. Comme aucun exemplaire de ces deux planches n’est, que je sache, parvenu jusqu’à nous, nous en emprunterons la description à Carel Van Mander.
« Le Christ assis à droite est d’une physionomie imposante, écrit notre biographe, son geste est digne et grave et la Samaritaine, debout près de lui, semble l’écouter avec recueillement. La ville de Sichar se détache sur une hauteur, et tout le fond est accidenté, tandis que le puits est dans la vallée où il semble que les habitants doivent venir puiser de l’eau. A l’arrière-plan paraissent les apôtres avec leurs aliments, le tout gravé avec fermeté. J’ai vu encore de lui, ajoute Van Mander, une Judith dans la manière de Blocklandt, surtout la tête d’Holopherne qui est très bien traitée au burin et supérieure à l’œuvre précédente. »
Le séjour de Mierevelt à Utrecht se prolongea pendant deux années et trois mois. Blocklandt mourut et ce fut pour notre jeune peintre un réel malheur, car il ne pouvait avoir un maître plus expérimenté et dont les leçons fussent plus capables de parfaire son éducation et surtout de lui ouvrir sur l’art des aperçus nouveaux.
Willem Willemsz n'est mentionné par aucun biographe. Bleyswijck, cependant, le donne comme premier maître à Mierevelt, et les registres de la Gilde de Saint-Luc [Meestersboeck Ms. à la bibliothèque royale de La Haye) attestent que ce n’est pas là un être de raison, car Willem Willemsz est inscrit le troisième sur la liste des peintres fondateurs de la Gilde. Quant à Jérôme Wierix, il n’y a pas d’apparence qu’il ait habité Delft. Ses travaux attestent qu’il partagea son temps entre Amsterdam, lieu de sa naissance, et Anvers où il fut employé par Plantin. (Voir Kramm, dzLevens en werken der Hollandsche en Vlaamsche Kunstschilders, Amsterdam i863, et l’Enfance du Christ, poeme tiré des compositions de Jérôme M'ierix par L. Alvin, avec une notice biographique sur les trois frères Wierix, graveurs du XVE siècle, Paris, 1860.)
2. Jan Augustynsz est mentionné sur les registres de la Gilde de Saint-Luc dès la fondation de celle-ci. On ne sait guère autre chose sur son compte.
C’était, en effet, un artiste absolument exceptionnel en son genre que Blocldandt. Il appartenait à une très ancienne famille et très considérée. Son père, Messire Corneille de Montfort de Blocklandt, était possesseur d’un fief important entre Gorcum et Dordrecht. De bonne heure il avait appris la peinture à Anvers chez l’illustre Frans deVriend (Frans Floris)
LUBBERT GERRITSZ, PASTEUR MENNONITE (ANABAPTISTE^. iPeint par Micliiel Van Mierevelt et grave par \V. .1. Delff, i6ia.)
dont l’atelier justement célèbre était fréquenté par un nombre considérable de jeunes gens choisis, que ce maître, surchargé de commandes, employait à l’exécution de ses propres tableaux. C’était là que s’étaient formés Martin et Henri Van Cleef, François Fourbus, .lérôme et François Francken. Van Mander, dans la notice biographique qu’il consacre à ce maître, dit que ses anciens élèves, conversant entre eux, rappelaient les noms de plus de cent vingt artistes qui avaient étudié chez lui '.