‹ Michiel van Mierevelt et son gendreChapitre 34 sur 53 · Voici le texte de cette inscription · texte numérisé non relu

Voici le texte de cette inscription

Pingendo ad vivum quo non præstantior alter : üelphicus hinc Xeuxis dicitur esse novus.

Principibus magnis fuit invitatus : at ipsuui Ante alias urbes Patria culta teuct.

LES ARTISTES CÉLÈBRES

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sahlc, sa cendre, sa poussière repose ici; mais le reste, objet d’une éternelle reconnaissance, est entré dans ce royaume où la nuit n’existe pas b»

Peut-circ. étant donné le talent calme et précis du grand artiste, cette image nous paraît-elle aujourd’hui un peu forcée; l’éternelle renommée n’appartient guère qu’aux génies, et encore ! Mais il est clair que, pour les contemporains, une pareille prédiction ne devait avoir rien que de très naturel. Comment ne pas croire à l’hommage de la postérité quand, de son vivant, on a joui d'une faveur pareille à celle qu’avait conquise MiereveltPEt notez que jamais peintre ne laissa après lui un bagage plus capable de lui assurer l’immortalité, puisque par la qualité même des modèles que sa juste réputation avait amenés devant lui, la plupart de ses tableaux présentaient, outre leur valeur artistique, un intérêt historique de premier ordre.

Eh bien! c’est justement cet intérêt historique qui leur fut particulièrement funeste. Déjà, avant sa mort, notre peintre avait pu assister à la destruction partielle de son œuvre. Au cours de la lutte des Gomaristes et des Remontrants, les particuliers aussi bien que les municipalités qui tenaient pour ce dernier parti, n’avaient pas manqué de demander à Miercvelt de nombreuses images de leurs chefs vénérés. Mais après 1618, quand Oldenbarneveldt eût porté sur l’échafaud du Binnenhof sa belle tête blanchie au service de la République, quand Hoogerbeets se fût ouvert les veines dans sa prison, quand le compatriote et l’ami de Micrevelt, quand Grotius eût été enfermé à Louwenstein, les portraits de ces grands patriotes, d ^venus des indices compromettants, furent presque partout détruits, et les plus braves les reléguèrent dans leurs greniers.

I. \'oici cette épitaphe du brave Oudaan, dont j’ai donné plus haut la très libre traduction :

Dat aan den grooten MliereVcLt SterfLIK Was aLs’t tôt asCh,

en stof heen ’VIeL, Is hier gestcLt, het ander Laat gedaChienis aan deeze Kre Its ; ot ree Welts ;

naar’t rllK daar geene naCht en Is MDICXLI

Généralement, les majuscules insérées dans les épitaphes hollandaises de ce temps donnent la date du décès. Ici, elles fournissent 1641, qui est, en efliet, l’année »iortuaire de Miercvelt.

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FÆS ARTISTES CÉLÈBRES

Puis, après la mort de Mierevelt, lorsque par un retour de la politique assez facile à prévoir, la maison de Nassau se vit, de i65o à 1670, privée de tout pouvoir et destituée de toute influence; quand les frères de Witt, inspirateurs des Etats-Généraux, eurent fait déclarer les princes d’Orange incapables d’exercer les hautes fonctions que leurs ancêtres avaient si glorieusement remplies; alors on imagine facilement qu’une hécatombe nouvelle dut se produire. Les portraits des princes et princesses d’Orange quittèrent à leur tour les salles de séance et se réfugièrent dans les combles des hôtels de la ville. Combien furent immolés de la sorte !

Ajoutez à cela que les figures graves, préoccupées, sombres et austères du xvii« siècle, n’étaient guère accommodées au goût des Hollandais poudrés du siècle suivant. On éloigna donc sans trop de regret ces peintures qui fournissaient une note discordante avec les préoccupations du temps, et quand, par hasard, une de ces mines rébarbatives apparaissait dans, une vente publique, c’était à qui refuserait de l’acquérir.

Rien n’est curieux comme de fouiller les catalogues de Hoert et de Terwesten h Le nom de Mierevelt, loin d’être une recommandation, est en quelque sorte une défaveur. On relègue à la fin de la liste, avec les toiles de maigre mérite, les tableaux qui portent sa signature. On y voit :

Une tête d'homme^ par Mierevelt, adjugée i florin. Vente de tableaux; Amsterdam, 20 avril 1701 — (n° 33 du Catalogue).

Un ancien prince, peinture ovale du même artiste adjugée à 2 florins. Vente Cornélis Van Dyck, La Haye, 10 mai 1730 — (n" 137 du Catalogne).

Sept ans plus tard, un des princes d'Orange, peinture ovale [haut., 9 pouces; larg., 7 pouces) est adjugée à 611. 5 s. Vente de Samuel van Huis, bourgmestre de La Haye, 3 septembre 1737 — (n° 176 du Catalogue).

Deux portraits, un homme et une femme, d’une peinture agréable et naturelle, dit le catalogue (haut., 2 pieds 4 pouces; larg., 2 pieds 9 pouces 1/2), sont adjugés 29 florins. Vente faite à La Haye, le 26 juin 1742 — (n° 35 du Catalogue).

On vit même dans certaines ventes, à celle notamment du peintre Isaac Walraven (Amsterdam, [4 octobre 1 765), les œuvres de Mierevelt

I. Catalogiis of'naamlyst van Schildereyen met de^elver prysen door Gérard Itoet, 2 vol. La Haye, lySa. Continue', sous le même titre, par Pieter Terwesten. I vol . La Haye, 1 770.

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02 LES ARTISTES CÉLÈBRES

comprises dans des lots et soumises aux enchères avec un groupe de peintures de quatrième ordre. Ce ne fut guère qu’au commencement de ce siècle, qu’elles reprirent dans l’estime des amateurs la place à laquelle le talent sobre et soigneux du maitre leur donne un droit indiscutable.

Mais à cette épioque, la grande majorité de ses ouvrages avait disparu et c’est à peine s’il restait quelques' spécimens de ces milliers de portraits que son infatigable pinceau avait mis au jour.

On peut donc dire hautement que sans la hdèle collaboration de son gendre, de ce Willem Jacobsz Delff, qui fut son interprète respectueux et dévoué, il nous serait aujourd’hui à peu près impossible de nous faire une idée exacte de l’iiuportance de l’œuvre de Mierevelt. Nous ignorerions certainement les qualités précieuses de sa proauction féconde, cette rare puissance qu’il eut au suprême degré de fixer sur la toile le caractère de ses modèles en même temps que leurs traits, et celte impeccable conscience qui transforme en une page d’histoire chacun des ouvrages sortis de ses mains habiles.

Heureusement, il suffit de feuilleter les admirables estampes de Delff, d’examiner une à une les pages volantes qui composent ce panthéon de grands hommes, dont le rôle, à des titres divers, fut si considérable, pour retrouver en une suite d’œuvres de premier ordre, et qui justifient les louanges des prosateurs et des poètes, une collection de documents d’un prix inestimable, éclairant toute cette époque de lueurs inattendues. C’est pourquoi nous avons cru devoir réunir ces deux grands artistes, que tant de liens, de leur vivant, attachaient l’un à l’autre et dont, au delà de la mort, le talent robuste et simple se complète si bien.

Il nous reste, pour terminer cette étude rapide, à pénétrer maintenant chez notre grand peintre, à parcourir son home, à étudier sa vie intime et à, compléter, à l’aide de quelques documents peu connus, ce que les historiens qui nous ont précédé ont écrit et répété sur son compte.

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