‹ Michiel van Mierevelt et son gendreChapitre 8 sur 53 · Voir notamment son portrait de Festus Hommius · texte numérisé non relu

Voir notamment son portrait de Festus Hommius

2. Sur le catalogue de la Vente J. A. \'an Dam (Dordrecht, 1829) figure l'article suivant ; Mierevelt M. n" 86 H. 7 p. 6 d; B. 5 p. 3 d. Het portret van Philippus II den Koning- van Spatije, Kraclitig en meesterlijk gepenseeld . On voit par cette dernière désignation aussi bien que par les dimensions du tableau qu’il s'agit là d’une des œuvres soignées du maître.

3. Sur le catalogue de la Vente Govert Cooten (Amsterdam, 1729), je relève le numéro 34 : Twe Kleine pourtraitjes van Alberius en Isabclla aertshertog en liertogin van Mierevelt, heel curieus en uitvoerig beliaudelt.

KLISABETH d’an G LETEKKE, K i: I N E DE BOHÈME. (Peint par Michiel Van Micrcvclt et gravi; par \V. J. Delll, 1023.)

LES ARTISTES CÉLÈBRES

son atelier. II n’est pas jusqu’aux prêtres catholiques Jean Stalpard et Marcus de Dominis qui n’aient posé devant son chevalet. Il n’était guère possible, en un temps de guerres religieuses, de se ntontrer plus tolérant. Toutes les divisions qui se partageaient les esprits et ensanglantaient le pays expiraient au seuil de sa demeure, et, au milieu de ces troubles sans cesse renaissants, sa merveilleuse placidité lui permit d’exécuter sans passion tout « ce qui concernait son état ».

Eût-il pu à lui seul mener à bien cette débordante et lucrative besogne? Le fait est douteux. Aussi prit-il de bonne heure le soin de se faire aider par les jeunes gens qui apprenaient sous ses yeux son difficile métier. C’était, au surplus, l’habitude des maîtres de ce temps, et l’on n’en pourrait guère citer qui ne se soient pas conformés à cet usage. Hàtons-nous d’ajouter que si les maîtres gagnaient à cette collaboration, les élèves n’y perdaient pas, bien au contraire. Ses deux fils Pierre et Jean, ses élèves Paulus Moreelse, Pieter Montfort ^ qui fut son disciple

I. Tous les écrivains qui ont parlé de Mierevelt ont mentionné Pieter Montfoort comme son élève préféré, mais aucun d’eux n’a pu rien ajouter à ce qu’avaient dit ses deux premiers biographes, Carcl van Mander dans son 5c/n7iierèo<?/f et Bleyswijck dans sa Beschryvinge der stadt Delft.

Voici comment s’exprime ce dernier ; « Parmi les peintres qui, en 1604, à l’époque de Van Mander, fréquentaient l’atelier de Mierevelt, on place non seulement le célèbre Paulus Moreelsz d’Utrecht, mais aussi deux jeunes gens de Delft sur lesquels Van der Mander dit ce qui suit : « 11 existe à Delft un jeune homme reinar- (I quable, Pieter Gerritsz Montfoort, né à Delft, appartenant à une bonne famille '■ et qui exerce l’art par vocation. Il a vingt-cinq ans, il est disciple de Michicl (I Mierevelt, chez lequel il travaille depuis six mois. Il s’applique à étudier les (I beautés du dessin et de la peinture et dessine également sur du papier bleu. » — ■ « On dit pareillement, ajoute Bleyswijck, reprenant alors la parole pour son compte, que Mierevelt l’aimait fort et lui témoignait beaucoup d’aftection, lui laissant dans ses études plus de liberté qu’à ses autres disciples, en considération de ce fait qu’il ne pratiquait Part que par goût et par amour de la gloire, et que dès lors il avait droit à des égards spéciaux. » C’est là tout ce qu’on sait de lui. Si, en 1604, il éiait âgé de vingt-cinq ans, il avait donc vu le jour aux environs de iSyq. Il était né à Delft, le fait est certain; mais n’existe-t-il pas quelque lien de parenté entre lui et Anthonie Van Montfoort, plus connu sous le nom de Blocklandt, dont nous avons eu occasion de parler plus haut, et qui, ainsi que nous l’avons dit, avait été le maître de Mierevelt? On sait que Blocklandt avait habité Delft; que de là il était allé s'établir à Utrecht. Entre ces deux villes, (Jtrecht et Delft, il y avait eu toujours échange de relations et d’élèves. Paulus Moreelsz venant demander ses leçons à Mierevelt en est la preuve. Aussi M. Kramm, le dernier biographe qui sg soit occupé de Pieter Montfoort, essaye-t-il de rattacher l’élève de Mierevelt au maître de celui-ci; mais comme il n’y réussit guère, « tout cela, dit-il, est insuffisant pour qu’un historien puisse, d'après son appréciation personnelle, établir la valeur d’un artiste. »

préféré, Pieter Diederiksen Cluyt, un autre peintre, Hendrich Van der Vliet ' dont nous retrouvons le nom dans ses livres de comptes, et, enfin plus tard son petit-fils Jacobus Delft, l’assistèrent amplement.

L’état des portraits en cours d’exécution qui figure à son inventaire semble même indiquer qu’aux dernières années de sa vie, il ne peignait plus lui-même que la figure et les mains, abandonnant à son petit-fils ou à d’autres les fonds, les vêtements et les accessoires.

De là certaines inégalités de facture, certaines négligences même qui, dans quelques œuvres, frappent les connaisseurs et attristent les artistes, a On ne peut rien voir de plus achevé que ces têtes, écrit un expert en tableaux- du commencement de ce siècle; on ne peut rien voir de plus étudié et de plus recherché que les poils des sourcils, de la chevelure et de la barbe : les étoiles toujours subordonnées à ces détails prennent un ton rembruni ou sont tout à fait noires. » Ce jugement est de tous points exact, quand on l’applique aux œuvres des derniers temps ou encore aux portraits qui garnissaient ce « magasin » dont nous parlions tout à l’heure, et dont nous aurons bientôt à faire le recolement.

Si l’on réfléchit, toutefois, à la très longue carrière parcourue par

(Voir Levens en Werken der Hollandsclie en Vlaamsche Kunstschilders, Amsterdam, 1860, P 1146). Sans avoir la prétention d’élucider complètement la biographie de Pieter Montfoort, je crois devoir réunir ici quelques renseignements inconnus jusqu’à ce jour, et que j’ai découverts dans les Archives royales néerlandaises. Ces renseignements proviennent de la Chambre des Orphelins de Delft. 11 résulte de trois actes, dont les minutes sont consignées dans le deuxieme registre de cette chambre, aux pages i5 et 254 : 1" que Pieter Montfoort était tils de Gerrir Pietersz Monfoort et d'Elisabeth Quiryna van der Hooch; 2° qu’il avait une sœur nommée Sophia, laquelle épousa (en 1618, sans doute) Egbert Heindrycks Van Hal, de Leyde; 3° et, comme conséquence de l’inscription de ces deux jeunes gens sur les livres de la Chambre des Orphelins, on doit conclure qu’ils perdirent leurs parents avant d’étre arrivés à leur majorité. Les pièces citées établissent en outre : (A) A la date du 10 juillet 1018, que Pieter Montfoort toucha d’un nommé Renier Verburg, brasseur, une somme de 1,000 florins avec les intérêts en cours, laquelle somme était garantie par hypothèque; (B) A la date du 4 décembre 1618, que Pieter et sa sœur possédaient sur le Binnenwatersloot une maison nommée les Corbeaux noirs (de Zwarten raven); (C) A la date du 21 juillet 1620, que Pieter toucha une nouvelle somme île 1,000 florins. Ici s’arrêtent les conridences du livre de la Chambre des Orphelins. Elles plantent quelques jalons qui permettent de connaître un peu mieux cette ligure indécise, effacée par le temps, l’eut-être serviront-ils à retrouver d’autres documents, qui aideront à reconstituer la personnalité de cet artiste presque inconnu.

1. Hendrich Willemsz Van der Vliet fut reçu dans la gilde de Saint-Luc, de Delft, en qualité de maître peintre, le 22 juin i632.

2. Gatilt de Saint- (ierrnain . Guide des amateurs de tableaux, 1818.

3o LES ARTISTES CELEBRES

Miereveli ; si l’on veut bien constater qu’il commença de pourtraire ses clients illustres ou obscurs aux environs de i58o et qu’il ne déposa son pinceau qu’en 1641, on s’étonnera moins que pendant une période d’infatigable activité, qui dura plus de soixante ans, de nombreuses inégalités aient pu se produire. Quel est, au reste, le portraitiste de ce temps dont l’œuvre ne présente pas de ces lacunes ? Est-ce Van Dyck, par hasard, qui plus encore que le maître de Delft montre de ces négligences fâcheuses?

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