CHAPITRE IV
Fortune et honneurs. — Les deux mariages de Micrevelt. — Ses entants. Pieter et Jan Van Mierevelt.
La réputation et la fortune si rapidement acquises par notre peintre ne furent pas sans susciter certaines jalousies et, comme conséquence, sa façon quelque peu mercantile de procéder lui valut de son vivant même de légères critiques. Remarque intéressante, dans ce pays de marchands, on s’était senti un peu blessé par le côté vénal de cette production artistique. Déjà, au commencement de sa carrière, Mierevelt avait eu à subir les observations, très courtoises il est vrai, de Carel Van Mander. Cet artiste écrivain, dans la notice biographique même qu’il consacre à notre peintre, se plaint, en effet, non sans amertume de ces maîtres habiles qui abandonnent la grande peinture pour se spécialiser dans le portrait, et cela, « pour cause de gain ou pour d’autres raisons ' Le poète Corneille de Bie^, qui cumulait avec ses fantaisies lyriques les fonctions plus sérieuses de notaire public et le goût des tableaux, renchérit sur Van Mander et compare notre peintre à la fourmi prévoyante et infatigable amassant dans les champs verts du grain pour l’avenir.
De mier die heele somer dagen Is besich in het groon Veldt. •*