‹ Microbes et distillerieChapitre 6 sur 60 · ORIGINE DES MICROBES · texte numérisé non relu

ORIGINE DES MICROBES

Une des grandes objections à cette théorie microbienne est celle tirée des fermentations spontanées. On peut se demander d'où vient le microbe. Il vient ordinairement de l'air, mais il peut provenir du sol, de l'eau, etc..

La présence des microbes dans l'air a été établie par Pasteur.

Déjà, avant lui, on croyait qu'une bulle d'air chauffée au rouge ne pouvait faire réussir l'expérience de Gay- Lussac ; il en était de même d'une bulle ayant traversé de l'acide sulfurique, du coton, de l'amiante, etc., mais on n'avait pas démontré d'une manière directe l'existence des germes dans l'air. C'est à Pasteur, qui a étudié la question à propos de la théorie des générations spontanées, que revient l'honneur de cette découverte.

En 1745, Needham a fait l'expérience suivante : il prit un flacon où il mit de la matière organique et y introduisit quelques gouttes de matières en putréfaction. 11 ferma le flacon et le mit sous la cendre chaude. Il y eut putréfaction. Il disait alors : S'il y a des germes dans Pair, ils sont détruits puisqu'on a chauffé. Puis-

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qu'ayant détruit les germes il y a putréfaction, c'est qu'il y a eu génération spontanée.

Spallenzani fit une objection, en chauffant davantage on n'observe rien ; tous les germes n'ont donc pas été détruits dans la i"*" expérience mais ils le sont dans la 2^.

Needham répondit en disant qu'en chaufiTant à une température trop élevée, on détruisait la force végétative des liqueurs et qu'on altérait l'air. Cette théorie était restée à l'état latent jusqu'au moment où elle fut reprise par Pouchetde Rouen. Pour la combattre. Pasteur fit les expériences suivantes :

Il prend un tampon de coton-poudre, le met dans un tube et aspire l'air à travers. Il reprend le coton-poudre, le dissout dans l'éther et étudie le liquide au microscope. Il voit des microbes qui ne peuvent venir que de l'air.

Il fit une autre expérience. Il prend un ballon contenant un bouillon de culture et le relie à un tube qu'il peut chauffer au rouge ; il porte le ballon à l'ébuUition de manière à chasser l'air puis il laisse rentrer de l'air en le faisant passer dans un tube porté au rouge ; il ferme le ballon et le laisse en repos ; il n'observe rien. Puis il ouvre le ballon, y laisse tomber un tampon de coton-poudre et referme. Il y a putréfaction. Donc, les germes de l'air sont capables de produire la putréfaction et lorsqu'il n'y a pas de germes, il n'y a pas putréfaction. On peut prendre de l'amiante au lieu de coton. On arrive encore au même résultat ; ce n'est donc pas la nature du coton-poudre qui intervient.

La présence des microbes dans l'eau, sur les objets les plus divers, a été successivement prouvée, de telle sorte que l'objection à la théorie microbienne tirée de l'origine des microbes n'a plus aucune importance.

En ce qui concerne la distillerie, les microbes proviennent soit de l'air, soit de l'eau, soit des matières premières utilisées.

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