‹ Microplankton de la mer FlamandeChapitre 53 sur 70 · LA À · texte numérisé non relu

LA À

lifères au moins, qui se réclament d'un caractère commun, la sorte de bouton ou de papule qui les surmonte d'un côté, sont des kystes, sinon de Tintinnides, du moins d’autres infusoires, Comme ceux que nous avons vu pulluler dans les flaques d'eau douce provenant de la fonte estivale des neiges, dans les dépressions de la glace des régions polaires de la mer de Kara.

Les organismes analogues rencontrés dans la Mer flamande appartiennent apparemment tous à des Tintinnides habitant les mêmes eaux.

Ils sont les uns piriformes, les autres globuleux, de dimensions variables et ont toujours leur coque lisse, exempte d’appendice autre que la papule. Ils sont libres ou entourés d'une membrane supplémentaire, aussi longtemps qu'ils ne s'en sont pas dépouillés.

C'est le cas, par exemple, pour celui de la figure 1, planche XXIII, dont la position 27 situ ne permet pas le moindre doute sur sa véritable nature.

C'est aussi vrai pour l'objet de la figure similaire de VAN BREEMEN (1905) dans une capsule de C. serrata BRANDT.

C'est encore le cas pour le kyste d'une variété d'Arwphorella que nous reproduisons figure 12, planche XXII, en place, dans une capsule de cette espèce.

Nous pourrions en dire autant de la spore de 7?ntinnopsis campanula dont nous nous sommes borné à reproduire (fig. 15, pl. XXIT) une étape du début de la formation de la spore dans cette espèce très commune chez nous, et dont nous aurions pu, si nous n'avions pas été limité par l’espace dans nos planches, figurer d’autres étapes plus avancées de cette formation et le kyste parachevé.

A citer encore les kystes de 7?ntinnus pellucidus CLEVE et de 7?ntinnus botnicus NORDOVIST, qui pourraient bien être spécifiquement identiques, que nous avons figurés, planche XI, de notre publication de 1910.

Tous ces organismes enkystés, qu'il nous a été donné de trouver en place, présentent le même caractère, et l’on retrouve également celui-ci dans ces corps que l’on trouve à l'état libre et qui sont parfois plus nombreux que les Tintinnides eux-mêmes dans beaucoup d'échantillons de pêche.

On les reconnaîtra dans les quelques dessins que nous donnons, planche XXIII, dans les figures 4, 5, 6, 7, qui reproduisent les formes les plus communes dans nos eaux.

On remarquera qu'ils sont plus ou moins sphériques, qu'ils portent, en avant, un bouton réfringent, sorte de papule, dont la proéminence est parfois réduite, et qu'ils sont entourés, certains du moins, d'une membrane mince, #, figure 6, planche XXIII, trop large, souvent plissée, à moins qu'ils ne l'aient perdue pendant leur longue flottaison dans l’eau.

La forme de ces kystes paraît, en outre, se modifier légèrement après leur libération. Certains manifestent une tendance à s’arrondir, particulièrement ceux qui ont été formés dans des capsules étroites, qui leur imprimaient une apparence cylindrique pendant leur développement.

Il en résulte parfois une réelle difficulté de les rapporter à l'espèce dont ils proviennent, car ils manquent de caractère spécifique saillant qui leur tiendrait lieu de marque de fabrique en quelque sorte, au moins pour les espèces qui fréquentent nos parages.

On sait, en effet, par nos figures de 1910, que dans C’. gigantea, par exemple, les kystes ont un autre aspect. Formés après fragmentation préalable du corps de

l'animal, ils apparaissent en nombre variable dans la capsule, sous la forme de Corps ellipsoïdes plus ou moins irréguliers et dépourvus de bouton one Moirtles figures, 3,et 6 à 11 de la planche VIII et les figures 1, 2, 5 de la planche IX.

Mais quand ces petits corps, de forme banale, sont disséminés dans l’eau, ils gardent le secret de leur origine non moins fidèlement que ceux dont il était question d’abord.

Comme nous le suggérions plus haut, il se peut donc que tous les organismes de notre série des Papulifères, plus ou moins ornés extérieurement, soient aussi des formes kystiques, mais d'autres infusoires.

C'est un rayon de lumière projetée sur l’ origine probable de ces objets divers dont les formes étranges se posaient comme des énigmes quand nous les apercevions pour la première fois dans les produits aussi nombreux que variés rapportés de la croisière polaire du duc d'Orléans.

Mais, puisque cette digression est ouverte, que penser des formes auxquelles nous avons attaché l'appellation provisoire de Æusopsis, planche VI, figures 19 à 25, et planche VIT, figures 6 à 8, en raison de leur forme en fuseau?

Ces formes que nous rangions aussi dans notre série des Papulifères et dont l'une a été prise par Canu (Annales de la stat. Aquic. de Boulogne-sur-Mer, vol. I, pt. 2, p. 112, pl. VII, fig. 8 et 9) pour un œuf de Trématode et figurée à nouveau par Ramsay WRIGHT, en 1907, sous la même désignation hypothétique, planche V, figure 4, sont toutes remarquables par la présence, à l’un des bouts, d'une papule bien développée.

Ce bouton hyalin paraît se détruire assez vite par une sorte d'usure, mais sa présence constante, au moins dans le principe, semble leur réclamer une certaine communauté d’origine avec les autres formes du même groupe de nos Papulifères.

Nous les retrouvons dans le microplankton de la Mer flamande, souvent décapités de leur papule hyaline, mais encore fermés en dessous par un épais bouchon formé par une substance homogène, à moins que celle-ci n'ait disparu à son tour par une sorte de digestion, semble-t-il. Témoins nos figures 8, 9 et 10 de la planche XXIII, où nous avons reproduit quelques types choisis entre des centaines d’autres observés qui présentent, en outre, des caractères divers de structure protoplasmatique interne, répondant sans doute à des phases évolutives de leur contenu.

Figure 8, planche XXIII. Forme grande de Fusopsis, qui se profile en longue pointe d’un côté et qui a gardé, à l'autre bout, en dessous de la papule disparue, le bouchon homogène qui la termine maintenant de ce côté. L'intérieur est rempli d'un protoplasme fortement granuleux, dont les granules se sont rassemblés vers le centre, probablement sous l'action des réactifs et qui laissent bien apparent l’ ectoplasme lui-même. Celui-ci garde encore son adhérence avec l'intérieur de la membrane kystique.

Figure 9. Autre aspect de Æusopsis dont le bouchon homogène a disparu par voie de digestion sans doute et dont le contenu s’est segmenté en un grand nombre de gros globules sphériques. Ceux-ci pourraient avoir la valeur de cellules formées par voie endogène aux dépens du protoplasme primitif.

Figure 10. Autre aspect encore de Æusopsis, étranglé dans son milieu et marqué d'une série de dépressions longitudinales, à direction spiralée.

Le bouchon terminal a disparu ici, aussi bien que la papule qui lui était superposée. Mais il est ouvert et la capsule est vide. Ce ne peut être que la dépouille d'un organisme du même genre que les précédents, dont l'évolution est terminée et qui n'existe plus qu'à l'état d'épave. Sa légèreté en permet la flottaison posthume.

Nous disions, en 1910, qu'ayant observé l’une de ces formes de Fusopsts, celle que nous avons appelée Æusopsis polyedra, particulièrement représentée par de nombreux exemplaires dans les produits de fusion de la neige jaune de la mer de Kara et accessoirement aussi dans les échantillons de pêche planktonique réalisée en dessous de la glace des mêmes régions, où ils avaient dû passer par fusion de la neige, nous trouvions cette station bien peu en harmonie avec l'hypothèse d'y voir des œufs de Trématodes.

Comment expliquer, en effet, que des œufs de Trématodes, vers parasites d'autres espèces animales, soient précisément plus communs dans un milieu d'où les espèces productrices éventuelles de ces œufs semblent devoir être exclues en principe, à défaut de métaorganismes pouvant leur servir d'hôtes?

Leur analogie de structure avec des formes reconnues de kystes de Tintinnides nous incline à les considérer, eux aussi, comme des produits kystiques, non pas précisément de Tintinnides, mais d’autres infusoires dont nous ne saurions présumer la nature présentement.

Nous clôturons ainsi la digression ouverte à propos du kyste de Cyftarocylis Ehrenbergii. Elle nous a fourni l’occasion de nous étendre anticipativement sur d’autres formes similaires que nous rencontrerons plus loin et de revenir sur celles que nous avons signalées dans notre travail de 1910. Ce coup d'œil d'ensemble était nécessaire pour autoriser nos conclusions relatives à la nature de certains du moins de ces objets dont la rencontre fréquente, à l’état libre, dans les produits planktoniques, soulève chaque fois la question de leur origine.

DISTRIBUTION. — Cyttarocylis Ehrenbergii se rencontre sporadiquement dans beaucoup de nos échantillons; tantôt sous la forme typique, tantôt comme

variété 2arginata, plus rarement peut-être comme variété C/aparedir, mais toujours avec les allures et la fidélité d’une espèce franchement autochtone.

Cyttarocylis. spiralis (Dapay) MEUNIER.

(PI. XXII, fig. 2.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.

1887. Cvttarocylis annulata DADAY, p. 582, pl. 21, fig. 6.

1905. Cyttarocylis fasciata KOFOID, p. 297, pl. XXVI, fig. 6 et 7. 1910. Cyttarocvlis spiralis MEUNIER, p. 119, pl. IX, fig. 18, 19 et 20, et pl. XIV, fig.

CARACTÈRES. Capsule plus ou moins longue, large, presque cylindrique, à extrémité one arrondie, parfois atténuée, mais jamais prolongée en appendice caudal. La texture en est alvéolaire, mais les mailles en sont irrégulières et souvent même confuses. Elle se distingue particulièrement de ses congénères par la présence d’un étranglement peu marqué qui la parcourt en spirale de la base au sommet.

Le nombre des tours de spire et l’écartement de ceux-ci sont très variables. Ils semblent souligner le travail progressif du Protozoaire constructeur et marquent souvent, par leur rapprochement, particulièrement au sommet, et les dentelures qu'on y observe, les anomalies que subit cette édification.

FiGure. — Figure 2. Vue stéréoscopique d’une capsule normalement construite.

OBSERVATIONS. — Nous avons dû nous borner à donner une seule figure de

cette espèce, bien que nous en ayons rencontré un assez grand nombre présentant des caractères individuels plus ou moins différents, mais offrant néanmoins, sous des aspects variables, le même caractère fondamental, c'est-à-dire la dépression spiralée qui, partant de la base, aboutit au sommet, conjointement avec la texture alvéolaire de la coque.

Nous en avons du reste déjà figuré plusieurs autres en 1910.

Figures 18, 19 et 20 de la planche IX ; figure 5 de la planche XIX et figure 12 de la planche XXIII.

Toutes ces figures ont en commun une membrane capsulaire formée de deux membranelles reliées entre elles par d'infimes cloisons qui lui donnent une texture alvéolaire plus ou moins nettement marquée. Le fond est arrondi ou plus ou moins atténué (fig. 12, pl. XXIIT). La surface porte un sillon spiralé continu de la base au sommet et la largeur de la bande ainsi déterminée va généralement en se réduisant. Souvent les derniers tours de spire sont irrégulièrement dentelés.

La forme décrite par DADAY, en 1887, comme C. annulata, figure 6, planche 21, pourrait aussi bien, dit l'auteur, être considérée comme spiralée que comme annelée ; mais alors pourquoi lui donne-til ce nom de C. annulata, qui ne traduit qu’ une apparence et non une désignation mieux en harmonie avec son vrai caractère ?

Quant à la figure de Kororb (1905), figure 6, planche XXVT, à laquelle il attache le nom de Cyttarocylis fascrata et qui est la reproduction d'un unique exemplaire trouvé à l’état vide par l’auteur, qu'est-ce qui prouve que ce ne sont pas surtout des caractères individuels qui lui donnent son allure spéciale ?

Dans des objets d'aspect aussi variable, il nous semblerait téméraire de prendre pour un caractère spécifique ce qui peut n'être qu'un facies accidentel.

Où trouver, en effet, entre ces formes une ligne de démarcation d'espèces différentes ?

Nous n’en voyons pas qui s'impose, à s'en tenir à l'aspect morphologique de la coque. Peut-être en trouverait-on dans la structure du Protozoaire lui-même, mais la littérature est muette sur ce point.

Aussi réunissons-nous ces diverses formes sous l'appellation commune de

spiralis, que nous considérons, jusqu'à preuve du contraire, comme une

espèce polymorphe dont les variantes sont surtout d'ordre physiologique et tiennent au mode de développement de l'organisme qui en est l'artisan.

DISTRIBUTION. — Diverses modalités de Cyé. spiralis apparaissent sporadiquement dans nos eaux. Elles y semblent normalement étrangères, sinon simplement inconstantes.

Nous devons faire remarquer que, pendant une période d'observation de douze ans, nous n'avons jamais surpris le moindre spécimen de ces belles espèces de Cylfarocylis, telles que C. gigantea et C. cuspidata, dont la capsule rigide et régulièrement maillée donne l'impression d’une miniature de manchon de bec Auer, que nous avons étudiées dans les produits de la « Belgica » au travers de la mer de Barents.

Ces espèces polaires ne descendent jamais dans nos eaux plus tempérées.

Nous pourrions dire la même chose des /ychocylis, dont les formes variées pullulent dans les mêmes régions polaires et rentrent dans l'orbite de #. urnula.

On peut croire toutefois que c'est à ce genre qu'il convient de rapporter un Tintinnide de forme constante, qui est assez commun dans nos échantillons actuels et au sujet de laquelle nous ne trouvons dans la littérature aucune indication formelle.

GENRE PTYCHOCYLIS BRranpt.

Capsule formée de deux membranelles généralement peu distancées, non réunies entre elles par des trabécules transversaux, mais présentant sur la membranelle externe un réseau plus ou moins irrégulier formé de légers plissements qui se traduisent en relief.

Ptychocylis Amphorella sp. nov.

(PI. XXIL, fig. 4 à 7.)

CARACTÈRES. — Capsule courte, ventrue dans sa partie principale qui se termine en pointe courte inférieurement et qui est surmontée, du côté de l’orifice, d'une sorte de pavillon évasé, au-dessus d’un étranglement du corps.

Les deux membranelles laissent entre elles un petit espace, dans lequel on ne voit aucun trabécule transversal, bien que le réticulum qui se traduit à l’extérieur pourrait peut-être en donner l'illusion. Ce dernier est déterminé par de

légers plissements qui se traduisent à la surface de l'organe et qui passeraient eux-mêmes pour inexistants, si l’action de l’iode, en les colorant, ne les rendait évidents.

Le pavillon antérieur est orné de deux ou de plusieurs anneaux qui font légèrement saillie. Mais il lui arrive aussi de faire complètement défaut; il en résulte une capsule raccourcie, amputée au niveau de l'étranglement supérieur.

Nous la distinguons de la forme complète en en faisant une variété secéa du type.

Ficures. — Figure 4. Vue stéréoscopique d'une capsule complète et vide. On remarquera la structure annelée du pavillon antérieur et l'apparence réticulée du corps dont la forme ventrue se profile en pointe courte inférieurement.

Figure 5. Vue semblable d’un spécimen habité. On notera sur le flanc de l'infusoire, l'apparition d'un péristome nouveau; indice certain d’une division prochaine de l'individu.

Figure 7. Vue de profil d'un spécimen amputé de son pavillon. C’est la variété secta.

Figure 6. Vue antérieure du même, suivant son axe longitudinal. On voit la projection du péristome contracté, dans l'ouverture de la capsule.

OBSERVATIONS. — Cette forme, si constante dans ses représentants, paraît si bien hyaline à première vue que l’on serait tenté de la rapporter au genre Amphorella Dapay, si l'on ne prenait soin de faire apparaître le système de plissements qui en décore la membranelle externe, soit par l’iode, soit par un autre colorant approprié.

Nous ne connaissons dans la littérature que Cyffarocylis laticollis P'ADAY (1887), figure 28, planche 20, qui en reproduise assez fidèlement la forme, mais en coupe seulement, contrairement aux autres figures du même auteur, qui sont toutes reproduites en vue stéréoscopique.

Cette coupe a permis à l’auteur de noter, entre les deux lamelles de la coque, la présence de trabécules transversaux qui lui communiquent les caractères d'un Cyttarocylis et il ne dit rien dans son texte de la décoration propre au pavillon antérieur. Nous ne pouvons donc urger davantage la comparaison entre l'espèce qu'il a eue en vue et la nôtre.

Celle-ci se réclame plutôt des caractères de Péychocylis que DADAY n'a pas eu l’occasion d'étudier dans la Méditerranée. C'est à ce genre que nous croyons devoir la rapporter sous le nom spécifique de P£. Amphorella, qui rappelle l’apparence d’une capsule lisse qu’elle présente à première vue.

Nous devons remarquer que cette forme est assez souvent réduite à sa partie principale, dépourvue du pavillon antérieur, figure 7. Est-ce le fait d'une amputation accidentelle ou physiologique? Est-ce le fait d'un développement incomplet? Nous n’en savons rien; mais ce qui est certain c'est que ces capsules imparfaites sont aussi bien habitées que celles qui sont intégrales, comme le prouve la figure 6 qui représente l'animal blotti dans sa coque et regardé d’en haut, perpendiculairement à son axe longitudinal. Ceci n’a rien d’exceptionnel, puisque les spécimens de cette jolie forme sont généralement habités dans nos produits.

Au demeurant, les caractères différentiels des deux genres Cyéfarocys et

Ptychocylis, qui ne sont que d'ordre conventionnel, n’ont qu'une base objective si fragile qu'elle dépend bien plutôt de la subjectivité de chacun.

BRANDT, en créant le genre Ptychocyls, n'a eu en vue que les formes très analogues qu’il ramène dans l'orbite de l'espèce P£. urnula.

Si nous tenons compte de la brièveté relative de la capsule reconnue jusqu'ici dans les espèces de ce genre, nous y voyons un motif de plus pour ne pas en distraire notre forme, qui partage aussi ce caractère.

Mais alors, dira-t-on, pourquoi ne pas faire aussi un P/ychocylis de l'espèce Amphorella norvegica WADAY, la même aussi que Cyéfarocylis norvegica Jür- GENSEN, la même encore que 7ntinnus sp. CLAPARÈDE et LACHMANN, figure 16, planche 8, reprise et mal figurée par KENT, figure 17, planche 31, qui est absente de notre microplankton de la Mer flamande, mais que nous avons trouvée assez répandue dans le nord de la mer de Barents et reproduite dans les figures 20 à 26 de la planche X de notre mémoire de 1910?

Observée cursivement, c'est une Awrphorella au sens de DaApaAY; étudiée plus attentivement et surtout traitée par l'iode, elle devient un Cyfarocylis au sens de JÜRGENSEN, si l'on considère comme structure maillée et profonde la fine ponctuation qui la couvre. Pourquoi ne pas la prendre aussi bien pour un Ptychocylis, si l'on envisage cette fine maillure comme superficielle, ce qui est très admissible? Tant il est vrai que nos tentatives de classification sont souvent déroutées par les faits et que la nature ne va pas par sauts, mais progresse par gradations continues!

Cela n'empêche pas que nos prédécesseurs ont rendu un précieux service à la connaissance des Tintinnides en projetant quelque lumière sur l’ensemble chaotique qui constituait encore le groupe 7Zzntinnus du temps de KENT, en 1881.

DISTRIBUTION. — Péychocylis Amphorella est assez commune au large de la Mer flamande, aussi bien que dans les eaux plus fermées du bassin à flot de Nieuport, où nous l'avons parfois trouvée en abondance. Elle fait manifestement partie, à titre d’élément constant, de notre microplankton. Elle en est une des formes les mieux caractérisées.

Amphorella subulata (EHRENBERG) DADaAY.

(PERTE MEeN Set.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.

1838. Z'intinnus subulatus EHRENBERG, p. 294, pl. 30, fig. 3.

1841. Vaginicola subulata DUJARDIN, p. 562.

1858-1859. Z'inlinnus subulatus CLAPARÈDE et LACHMANN, p. 205, pl 8, fig. 15 1880-1881. Z'intinnus subulatus KENT, p. 605, pl. 31, fig. 5.

1887. Zintinnus subulatus MÔôBIUS, p. 120, pl. 8, fig. 34.

1887. Ambphorella subulata D'ADAY, p. 336, pl. 18

1896. T'intlinnus subuiatus BRANDT, p. 52.

1899. Amphorella subulata JORGENSEN, p. 16.

1907. Amphorella subulata RAMSAY WRIGHT, pl. IV, fig. 10.

ua EN

CARACTÈRES. — Capsule tubuleuse, démesurément plus longue que large, de calibre assez constant, mais légèrement réduit dans sa partie principale et terminée inférieurement en une pointe longue, creuse, souvent un peu tortueuse.

Cette coque est formée d'une seule membrane dont l'épaisseur est suffisante pour en distinguer aisément le double contour. Elle est hyaline, mais présente vers l'avant une zone cylindrique, plus ou moins large, décorée d’un repli spiralé dont les tours de spire dessinent une légère émergence et sont plus ou moins manifestement dentés. Certains d’entre eux sont parfois plus accusés que leurs voisins et semblent marquer des périodes de repos dans l'édification de la partie antérieure de la capsule. D'autre part, celle-ci présente inférieurement, à la naissance de la partie caudale, des sortes de froncements longitudinaux qui déforment cette partie conique.

L'infusoire, étroitement logé dans sa coque fistuleuse, s'y développe surtout en longueur. Dans nos matériaux fixés, il nous a toujours paru être pourvu d'un péristome particulièrement court et grêle et se montrer très sensible à l'action des réactifs.

FiGurEs. — Figure 8. Vue stéréoscopique d'une capsule vide. Elle est ici . = S . " parfaitement fistuleuse, présentant un calibre uniforme sur tout son développement, mais il lui arrive plus souvent de présenter une légère dépression de la partie inférieure vis-à-vis de la zone spiralée qui avoisine l'ouverture antérieure. Figure 9. Vue pareille d'une capsule habitée. Le corps du Protozoaire y est long, grêle, mal délimité et surmonté d'un péristome exceptionnellement court. D) )

OBSERVATIONS. — La figure de DADAY, dessinée à un grossissement plus fort que la plupart de ses voisines de la même planche, ne traduit pas bien l'épaisseur

relative de la paroi de la coque que ce grossissement devrait lui donner. Il ne marque pas davantage le relief que prennent les uns sur les autres les tours de spire qui parcourent “la partie antérieure. Cette dernière est aussi généralement plus ample que ne la figure cet auteur, elle dépasse souvent la moitié de toute la capsule, la queue exceptée.

Nous devons faire remarquer aussi que le nom de szbulata, donné à cette forme par ÉHRENBERG, n'est que vaguement évocateur de l” allure que prend son appendice caudal; celui-ci n’a rien de la rectitude d’une alène, puisqu'il se montre généralement onduleux.

Il faut noter encore que cette espèce paraît différer essentiellement de celle que nous avons figurée en 1910 et que nous avons rapportée sans plus d'attention à celle-ci.

Nous la ferons mieux connaître tout à l'heure sous le nom de Awphorella Jusiformis.

DISTRIBUTION. Asnphorella subulata D'ADAY, quoique assez souvent observée dans les A CIonE du large de la Mer flamande, n'arrive Jamais à constituer une partie notable de ces échantillons. On ne la rencontre habituellement qu’en spécimens épars.

Amphorella fusiformis MEUNIER.

(PI. XXII, fig. ro à 12.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.

1910. Amphorella subulata MEUNIER, p. 131, pl. X, fig. 14 et 13.

CARACTÈRES. — Capsule fusiforme dans sa région principale, atténuée, en pointe plus ou moins longuement développée à la partie inférieure, et tubuleuse dans la partie antérieure.

Cette partie antérieure, d'un calibre intérieur toujours plus grand que dans l'espèce précédente, est aussi ornée d’une spirale dentée.

La capsule toute entière est relativement plus courte, plus large, plus ventrue;

elle assure à l'animal un EE plus spacieux et lui permet de revêtir une forme moins étriquée.

L'appendice caudal n’est qu'exceptionnellement développé en longueur; il est le plus souvent court et parfois même inapparent.

FiGures. — Figure 10. Échantillon habité par un animal en voie de division, ce qui se voit au péristome nouveau déjà développé sur son flanc.

Figure 11. Spécimen surpris par le réactif fixateur au moment où l'un des deux Protozoaires jumeaux issus de la division qui a eu lieu est expulsé de la capsule maternelle. On le voit émerger de l'orifice.

Figure 12. Exemplaire enkysté. L'animal a ici passé à l’état de spore quiescente, en s notre d'une nouvelle membrane propre. Elle est surmontée d'un bouton tourné vers le fond de la capsule.

OBSERVATIONS. — (Juand nous disions, en 1910, que la capsule de la présente espèce nous avait paru, dans d'autres circonstances, sujette à d'assez grandes variations, nous avions en vue l'espèce que nous avons analysée tout à l'heure sous le nom de Awrphorella subulata, et qui nous semblait pouvoir réunir les deux formes.

Un examen plus attentif de la question nous a convaincu que nous avions affaire à deux espèces distinctes. Celle-ci, qui s'est trouvée aussi bien dans le plankton de la « Belgica s que dans celui de la Mer flamande, et celle-là, A7#p. subulata, que nous n'avons rencontrée qu'ici et non dans nos échantillons du Nord. Nous en avons sufhsamment souligné les différences spécifiques.

DISTRIBUTION. — Aynphorella fusiformis nous a surtout frappé par son abondance dans certains produits de pêche pratiquée dans les eaux du bassin à flot de Nieuport, où nous l'avons trouvée en plein épanouissement de toutes ses manifestations vitales. Elle ne s’est montrée qu'accidentellement dans nos échantillons provenant du large.

GENRE TINTINNOPSIS Sein.

Capsule formée d'une simple membrane chitineuse, fermée à la partie inférieure et chargée de granulations minérales : de petits fragments de quartz généralement.

C'est à ce genre, fondé sur ces simples caractères de la capsule surtout, que nous devons rapporter tous les Tintinnides qui nous restent encore à examiner.

On s'aperçoit ainsi que parmi la dizaine de découpures pratiquées dans le groupe des lintinnides marins, nous ne rencontrons dans nos eaux que des représentants de quatre de ces pseudo-genres basés bien plus sur la structure des capsules que sur la distinction organique des Protozoaires qui les édifient.

Nous ne rencontrons aucun représentant de 7?ntinnidium, ni de 7éntinnus, caractérisés par une ouverture aux deux bouts de la capsule, ni de Codonella, ni de Undella, ni de Petalotrichia, ni de Dictyocysta, qui habitent de préférence des eaux plus chaudes, ni d’autres qui restent sans doute encore à créer dans ce petit monde de Protozoaires pélagiques.

Mais les 7?ntinnopsis sont représentées par des espèces variées dont les modalités de forme sont parfois bien difhciles à identifier avec les types nombreux plus ou moins bien reconnus par nos prédécesseurs et déjà décrits par eux.

Dans l'examen qui suivra, nous aurons recours, pour introduire une sorte de classement, à l’expédient employé dans notre travail de 1910, où nous avions à recenser un grand nombre de ces formes, séparées par des modalités parfois subtiles qui constituent leurs seuls caractères appréciables.

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