Thèse citée, p. 50 et
COAGULATION DU
ces précautions, dit M. Ghamberland lui-même, il y a presque toujours quelques tubes qui s’altèrent. La cause doit être attribuée aux germes qui existent dans l’air, sur le pis, les poils de l’animal (1)... » Et M. Ghamberland nous apprend dans une note que le D' Lister était aussi parvenu à conserver du lait naturel en le recueillant dans des vases flambés.
Gependant, malgré ses succès, M. Ghamberland n’était pas satisfait. Prenant encore plus de précautions, il opéra comme M. Pasteur pour le sang, de manière « à avoir pour ainsi dire sûrement des tubes de lait se conservant indéfiniment. » Il alla donc « chercher le lait dans le pis lui-même.» Et qu’arrivat-il? La réponse mérite attention. « Je dois dire, conclut M. Ghamberland, que la proportion des tubes s’altérant n’a pas été plus faible que par l’autre méthode. »
En dernière analyse, M. Ghamberland doute si bien qu’il finit par proposer ceci : « Je pense, dit-il, que le meilleur procédé consisterait à recueillir le lait d’une vache venant d’être abattue ; pour cela, on couperait le pis avec un scalpel flambé, et l’on aspirerait le liquide dans des tubes analogues à ceux que j’ai décrits pour la conservation du sang (2). »
M. Ghamberland n’en conclut pas moins comme ceci : « Ainsi, M. Pasteur avait parfaitement raison. Le lait sortant du pis de la vache et recueilli dans un vase privé de germes se conserve, indéfiniment au contact d’un air pur (3). »
Quelques années après la soutenancede la thèse de M. Ghamberland. M. Duclaux entreprit des études sur la constitution physique et chimique du lait. Il en a publié les résultats dans un livre (4) qui a paru huit ans après la thèse dont je viens de parler. Au point de vue qui nous intéresse en ce moment, les études de M. Duclaux méritent la plus sérieuse attention, surtout quand on lês compare à celles de M. Ghamber-