‹ Microzymas et microbesChapitre 3 sur 86 · Dictionnaipe de Littré : article Conspiration · texte numérisé non relu

Dictionnaipe de Littré : article Conspiration

PRÉFACE

sultée se rallia par son voteàla proposition de M. Larrey et c’est ainsi que ma lettre ne fut pas publiée au Bulletin. Cependant ce n’a pas été sans débat.

Un iournal politique qu’on m’a signalé— le «Mahn-» — a rendu compte du nouvel incident dans des termes qui me parurent avoir été destinés à fausser un peu la vérité et à compromettre toute l’Académie,

« L’Académie consultée, dit le journal, se rallia à l’unanimité à l’opinion de M. Larrey; » ce qui est absolument inexact. D'abord, avant le vote, M. Laborde. dans un langage plein de droiture, a réclamé, au nom de l’usage et du droit, la publication de ma let- Itre, laquelle ayant été lue en séance était devenue 'publique et appartenait à la Presse ; à quoi, M. le Président a répondu que rien n’empêchait la Presse de la publier et que M. Béchamp avait le droit de la publier comme il lui conviendrait de le faire.

La majorité, certes, ne fit pas droit à la réclamation si justifiée de l’éminent académicien, mais à la contre-épreuve plusieurs mains se levèrent pour la publication. Il n’est donc pas vrai que l’unanimité ait été

acquise à la proposition de M. Larrey.

Le récit du « Matin » montrait bien 1 intérêt qu’avait son client de faire une diversion et de faire croire que l’Académie, tout entière, était de son avis.

' Le journal, en effet, prête à M. Armand Gautier les paroles suivantes qu’il aurait prononcées en séance : «En dehors de l’opinion qu’il (lui, M. Gautier) peut avoir sur les doctrines de M. Béchamp, il n’entend pas s’exposer à des procédés de polémique du genre de ceux qu’employa jadis M. Béchamp à l’égard de M. Pasteur. » , , i ,

Telle est, en résumé, la seconde phase de 1 incident. M. Armand Gautier y a aggravé son cas, et, par là, rendu cette préface plus nécessaire.

Je suis obligé de faire la lumière sur deux points ;

La néfrozymase dans le livre de M. Armand Gautier.

Le caractère agressif de mes incessantes polémiques, ainsi que l’a dit ce même M. Armand Gautier dans sanote du^wl/efin; de mes procédés de polémique employés à l’égard de M. Pasteur^ comme il l’aurait dit d’après le journal cité.

PRÉFACE

La lumière étant faite sur ces deux po^ts, .1 espere que le lecteur sera convaincu que M Armand Gautier

en a imposé à l’Académie et au public.

Mais j’ai encore un autre devoir à mand Gautier, mon ancien préparateur, qui a parle du mévris que j’aurais mérité, n a vraiment respecte SbSémie. 'ni le public qui useie.e ni moi, son maître, ni lui-meme. Or, a dit un penseur éminent « sans le respect, l’homme touche à la gros sièreté de la barbarie. » Au fond, M. Armand Gautier ne me méprise pas, mais il me hait P^rce que je lui ai résisté Eh bien, tout peut arriver à I honnête homme, même la haine manifestée par la grossièreté. Mais il est une chose qu’il ne peut ni iie doit mériter.

le mépris. C’est pourquoi j’écris ce qui suit. ^

^ Magique à M. Armand Gautier sera severe, car saTouvy incartade est une récidive aussi peu jus- , tifiée que la première. Toutefois ce n est pas par représa^les, m^ais afin de mettre dans tou son jour l’odieux de la conspiration du silence et, s il se peut, pour empêcher le renouvellement de P^aedes aussi préjudiciables à la science quà la morale, pa att®n Lnt, l’offense est au Bullelin de l Academie et 1 of-

CommTnçoS p“ar\rnSrozymare?elon le livre de

Gautier a dit à l’Académie que si y avais lu son livre j’aurais vu qu’il n’a pas pratiqué la conspiration du silence à l’égard de la néfrozymase. J ai donc ete me renseigner, et voici textuellement ce que j ai trouve à

la nage 626 de son Cours rfe cteie.

«MA. Béchamp avait retiré de 1 urine normale un ferment apte à saccharifier l’amidon, qu il nomma néfrozymase! Il le précipitait des urines a l état impur par l’akool. Von Vindschpu et Corbelli admirent, d’après ses propriétés, quil est identique à la ptya line Holovotschiner a montré quil se conduit comme un mélange de ptyaline et de chymosine ou presure. LWe bouillie perd toute propriété saccharifiante, tandis qu’à l’état frais et très légèrement acidulée, puis portée à 40 degrés elle coagule le lait, celle de

PREFACE

8 heures du matin en 30 minutes, celle de 5 heures du soir en 40; l’urine du milieu de l’après-midi n’agirait qu’après plusieurs heures. L’urine normale contient de la pepsine. Pour la mettre en évidence, Sahli dépose dans l’urine quelque flocons de fibrine fraîche ; il les lave et les met en digestion à 40 degrés avec de l’eau acidulée de 2 millièmes d’acide chlorhydrique, au bout de peu de temps cette fibrine est peptonisée. » .

Voilà ce que M. Armand Gautier a appelé faire connaître la néphrozymase. Montrons que c’était là un maître moyen de la faire méconnaître. Je demande pardon de la sévérité avec laquelle je vais faire la critique de cette façon de faire connaître un fait; M. Armand Gautier ‘pourra encore soutenir que" c’est là un nouvel exemple du caractère agressif de mes incessantes polémiques et de ma malveillance ; mâis j’espère que le lecteur équitable n’y verra que la légitime défense de la vérité outragée.

On admirera d’abord la rare bienveillance avec laquelle M. Armand Gautier raconte la découverte de la néfrozymase : « M. A. Béchamp avait retiré de l’urine un ferment apte à saccharifler l’amidon... Il le précipitait des urines à l’état impur... » Ce n’est ni une négation ni une confirmation : f avais retiré de l’urine un produit impur que je n’avais su ni caractériser, ni. définir, mais que deux savants en Allemagne ont su spécifier ; car MM. Von Vindschgau et Corbelli « admirent, d’après ses propriétés que ce ferment est identique à la ptyaline ». Et remarquez que M. Armand Gautier ne dit pas que ces chimistes ont confirmé que la néfrozymase saccharifie l’amidon comme la diastase salivaire, mais qu’ils ont admis qu’elle est identique à la ptyaline. Or, la vérité, précisément, est que j’avais expressément indiqué comment on obtient la néfrozymase aussi pure que possible, la rapprochant de la diastase salivaire dont je la démontrais distincte par une moindre énergie saccharifiante.

Mais qu’est-ce que \?l ptyaline’! Quand on connaît son histoire on comprend encore mieux l’intention de M. Armand Gautier.

PRÊFACK

Voici comment Berzélius préparait la substance qu’il a appelée ptyaline. 11 évaporait la salive totale au bain-marie; le résidu desséché il l’épuisait par l’alcool; la partie restée insoluble dans ce dissolvant il l’additionnait d’acide acétique, évaporait de nouveau à siccité et épuisait encore à l’alcool. Le nouveau résidu, il le reprenait par l’eau pour en séparer les parties non dissoutes^ qu’il considérait comme étant du mucus. Quant à la partie dissoute par l’eau, c’était la ptyaline, qu’il obtenait à l’état solide par l’évaporation au bain-marie et qu’il considéra comme étant le principe immédiat caractéristique de la salive ; les caractères de cette substance étant de ne pas précipiter par l’infusion de noix de galles, ni par le sublimé, ni par l’extrait de Saturne, ni par les acides forts; et c’est tout, car Berzélius ne savait pas que la salive saccharifie l’amidon : or il est certain que la ptyaline n’est pas l’agent de cette saccharification dans la salive.

C’est Leuchs qui découvrit la propriété que possède la salive humaine de liquéfier l’empois d’amidon et d’en saccharifier la matière amylacée ; et c’est Mialhe qui découvrit, sous le nom de diastase salivaire, l’agent de cette saccharification, toujours dans la salive, humaine. Or la diastase salivaire n’a de commun avec la ptyaline que de provenir de cette salive. Et ce n’est pas tout : M. Armand Gautier aurait pu savoir que Ester, Saintpierre et moi avions démontré que la salive humaine contient les microzyihas des glandes salivaires, que Berzélius ne connaissait pas, qu’il comptait comme mucus, dans le produit insoluble des traitements qui lui donnaient ce qu’il a appelé ptyaline ; or ces microzymas possèdent la même activité saccharifiante de l’amidon que la diastase salivaire que, à cause de cela, j’ai nommé sialozymase. Enfin dans un Mémoire sur les matières albuminoïdes, j'ai démontré qu’outre la sialozymase, dont j’ai déterminé le pouvoir rotatoire pour la distinguer de la diastase de l’orge germée ou hordéozymase, la salive humaine contient une albumine spéciale très particulière. Quelle part revient à cette albumine dans la préparation de la ptyaline? On n’en sait rien. Enfin

PRÉFACE

dans les Archives de physiologie j’ai publié que les salives du chien, du cheval, etc., n’opèrent point la saccharification de l’amidon, ni leurs microzymas. Cependant ces salives, traitées comme Berzélius traita la salive humaine, fourniraient aussi une substance que l’on pourrait appeler ptyaline. Eh bien, tout cela a été passé' sous silence par M. Armand Gautier, soit qu’il l’ignorât, soit qu’il l’ait sciemment traité comme il a traité la néfrozymase ; et cependant tout cela est lié par une théorie générale dont il conviendrait que les médecins fussent informés par un professeur de chimie de Faculté de médecine, car cela constitue de la chimie physiologique au premier chef.

En résumé, la ptyaline de Berzélius — il n’y en a pas d’autre dans la science — en tant que principe immédiat obtenu par un traitement approprié de la salive, n’est pas la substance physiologique chimiquement active que Mialhe, avec grande raison, avait distinguée sous le nom de diatase salivaire et que j’ai montrée distincte de la diastase commune par son pouvoir rotatoire. En effet, la ptyaline de Berzélius, dans les conditions où le célèbre chimiste l’a préparée, est dépourvue de toute activité transformatrice delamatière amylacée : au fond, elle n’est qu’un produit d’altération des matériaux albuminoïdes de la salive. Appeler ptj/flZme le principe actif de la salive, c’est exactement comme si on appelait hordéine la substance inerte que l’on obtiendrait en évaporantàlOOdegrésune solution de la matière active de l’orge germée appelée diastase.

On voit par là comment M. Armand Gautier pour cacher la vérité, a confondu ptyaline et diastase salivaire, faisant ainsi à la fois tort à la science, à l’histoire et à Mialhe, sans parler de Saintpierre, d’Estor et de moi.

Tel est l’artiflce qui a permis de laisser croire que ce furent MM. Von Vindschgau et Corbelli qui rapprochèrent la néfrozymase de la ptyaline considérée, à tort, comme étant la diastase salivaire; moi je n’y ai été pour rien, bien qu’ayant fait ce rapprdchement, en ayant soin de prouver la non-identité des deux substances.

. Cependant, malgré l’erreur concernant la ptyaline.

PRÉFACE

l’opinion de MM. Von Vindschgau et Corbelli pouvait, aux yeux du lecteur instruit, passer pour la confirmation de l’existence d’une néfrozymase saccharifiante de l’amidon dans l’urine; mais cela ne faisait pas le compte de M. Armand Gautier qui ne voulait pas inscrire la néfrozymase dans son tableau. Comment vat-il s’en tirer ? coûtez :

M. Holovotschiner, selon lui, aurait montré que la néfrozymase est un mélange de ptyaline et de chymosine ou présure. Et comment le montrait-il ? C’est ici le cas d’admirer 1 L’urine bouillie, dit M. Armand Gautier, perd toute propriété saccharifiante, — comme si l’observation n’était pas de moi, mais de ce chimiste, — tandis qu’à l’état frais et très légèrement acidulée puis portée à 40 degrés, elle coagule le lait, etc. » Voilà. Et M. Armand Gautier ne se demande même pas si la chymosine ou présure, comme il écrit, peut physiologiquement exister dans l’urine. Une s’est pas demandé non plus quel rôle peut jouer l’acide ajouté à l’urine pour procurer la coagulation du lait, ni quel rôle la nature du lait et les quantités relatives de l’urine acidulée ? Et il ne fait pas remarquer non plus que le chimiste, sous l’autorité de qui il s’abrite, n’a pas expérimenté sur la néfrozymase isolée.

Malgré tout, pourtant, les essais de M. Holovotschiner pouvaient passer pour une confirmation de la découverte de la néfrozymase dans l’urine, puisque celle-ci, bouillie, perd toute activité saccharifiante. Cela ne faisait pas non plus le compte de M. Armand Gautier. Alors que fait-il ?

II écrit hardiment ceci ;

« L urine normale contient de la pepsine », et il apprend à son lecteur que M. Sahli l’a démontré à sa façon. Mais M. Armand Gautier se garde de faire remarquer que l’expérience de M. Sahli, telle qu’il, la rapporte, ne signifie rien, puisque, à la température de 40 degrés, l’eau pure acidulée à 2 millièmes d’acide chlorhydrique dissout certaines fibrines au bout de peu temps en fournissant des corps qui possèdent certaines propriétés des peptones.

Et voilà comment M. Armand Gautier a inscrit la pepsine parmi les composants non dosables de

PRÉFACE

l’urine. Mais c’est une linormité ! la pepsine n’y pouvant pas physiologiquement exister. Mais il le fallait pour écarter la néfrozymase. Cependant puisque M. Armand Gautier a donné comme expériences et faits acquis ceux des autres savants dont il a invoqué l’autorité pour nier la néfrozymase, que n’a-t-il inscrit dans son tableau la pré.sure ou chymosine et la ptyaline en même temps que la pepsine, car il a mis sur le même pied la compétence de ses auteurs.

Cette manière d’arranger la science se passe de commentaires! Cependant, comment ne pas faire remarquer que celui qui, pour s’instruire ou pour connaître l’état de la science au sujet de la composition de l’urine, consultera le tableau du livre de M. Armand Gautier, ne manquera pas de retenir que l’urine con- • tient de la pepsine, sans pouvoir se douter qu’elle contient nécessairement, dans l’état de santé, une zymase qui sacchariBe l’empois de fécule à la manière dç la diastase ou de la sialozymase. Quant à celui qui, ayant entendu parler de la néfrozymase, recourrait au livre de M. Armand Gautier pour savoir à quoi s’en tenir, il en chercherait vainement le nom dans sa table des matières; et si, par hasard, le malheureux tombait sur la page 626, il y trouverait les choses tellement arrangées pour le tromper, qu’il se dirait que ceux qui ont confirmé l’existence d’un ferment soluble saccharifiant l’amidon dans l’urine^ se sont fait illusion tout comme moi.

En résumé, en n’inscrivant pas la néfrozymase dans son tableau M. Armand Gautier a, selon ses propres paroles, volontairement mis la vérité sous le boisseau; et si, dans un autre endroit de son livre, il en a parlé, c’est pour étouffer cette même vérité et un fait. Et voilà comment dans ce livre la science est faussée.

En présence de si peu de critique et d’exactitude, de tant de légèreté et de parti-pris, je ne peux que répéter ce que j’ai dit à l’Académie, mais en l’accentuant : Comment les médecins et les étudiants qui se servent de son livre connaîtraient-ils l’état delà science sur la fonction du rein et la composition de l’urine ? Mais dans un sujet d’une si incontestable importance, autant chimique et physiologique que médicale, le

PRÉFACE

devoir de l’auteur, qui a l’honneur d’être professeur^ était de se renseigner exactement ; et cela lui était d’autant plus facile que mon Mémoire est très détaillé, que l’expérience n’offre aucune difficulté pratique, qu’il a un laboratoire et des aides !

Dans ma comunication sur l’albuminurie ‘(p. 299 du présent recueil), j’ai dit comment, dans le dictionnaire de 'Wurtz, en 1874, M. Armand Gautier avait confondu les zymases avec les microzymas, c’est-à-dire le produit avec les producteurs. Eh bien, s’il avait eu le souci de la vérité et le respect du public, il aurait saisi l’occasion de la publication de son livre pour corriger son erreur ou sa légèreté. Il le devait d’autant plus qu’à cette date l’histoire des microzymas était complète et la théorie générale des zymases achevée. Le plus élémentaire esprit de droiture lui commandait * de rectifier là son article zymase et de réparer ainsi le tort fait à la science, au dictionnaire de Wurtz et à lui-même. Et non seulement il ne l’a pas fait, mais il a volontairement aggravé ses torts.

Maintenant que l’on sait avec quelle probité scientifique et avec quelle sincérité de critique M. Armand Gautier a écrit sur la néfrozymase, un point important de l’histoire de la science contemporaine, voyons s’il a été plus sincère pour le reste.

Je rappelle donc que, selon M. Armand Gautier, c’était de ma part iniquité ou malveillance d’avoir signalé, comme je l’ai fait, sa manière de faire le silence autour d’un fait pour l’étouffer. Je rappelle ensuite qu’il a assuré ne vouloir pas s’exposer aux procédés de polémique agressive du genre de ceux dont j’aurais usé à l’égard de M. Pasteur ; enfin, qu’il a dit que « connaissant mes travaux sur les microzymas, il évite de les discuter, n’étant point de mon avis et trouvant que ce serait là du temps perdu. »

Oui, voyons quelle a été, là, la loyauté scientifique de M. Armand Gautier.

Il y avait déjà longtemps, à la suite d’une nouvelle et très violente incartade, j’avais dû renoncer à conserver M . Armand Gautier pour mon préparateur ; il peut même se souvenir qu’alors il a été question, entre nous, d’une petite vipère que j’avaisréchauffée dans mon sein.

Or, après le départ de M. Armand Gautier, j’avais continué mes recherches, commencées en 1856^ sur les matières albuminoïdes. En 1871, je précisai les conditions dans lesquelles ces substances, oxydées par l’hypermanganate de potasse, produisent de Turée. Enfin, en 1873, mes recherches étaient assez avancées pour que j’écrivisse à J.- B. Dumas la lettre l'isomérie dans les matières albuminoïdes [i] où je pouvais lui dire, à lui-même, qui s’était tant occupé de ces matières que, jusque-là, on n’avait vraiment analysé que des mélanges. C’est là que je démontrais, grande nouveauté alors, que le blanc d’œuf de poule, considéré jusqu’alors comme étant l’albumine, regardé comme étant le prototype des matières albuminoïdes, est constitué par un mélange de trois substances albuminoïdes solubles, irréductibles l’une à l’autre, dont l’une est une zymase, la leucozymase. C’est là aussi que je démontrais que le lait de vache contient, outre la caséine, la lactalbumine, différenciée des albumines du blanc d’œuf et la galactozymase. J. -B. Dumas inséra ma lettre aux Comptes rendus en en approuvant les conclusions.

Cette publication contraria si fort M. Armand Gautier, que dans une Note sur une prétendue transformation de la fibrine en albumine, il osa écrire ce que voici, qui constituait une incartade de plus :

« M. A. Béchamp, disait il, a annoncé [Comptes rendus, t. LXXVll, p. 152S) qu’il existait plusieurs albumines dans le blanc d’œuf de poule, et je dois profiter ici de l’occasion pour réclamer mon droit de priorité à cet égard. J’ai publié ces faits plusieurs années avant M. Béchamp et, dans la Note précédente, l’auteur n’en fait aucune mention, soit qu'il les ait ignorés, soit qu’il ait cru devoir se dispenser, en cette occasion, de suivre Les règles dont il a réclamé si souvent l’observance. »

Evidemment, cela signifiait que M. Armand Gautier avait découvert dans le blanc d’œuf de poule les deux albumines et la leucozymase que j’en avais isolées; découverte dont je me serais emparé à son détriment.’

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