Comptes rendus, t. LXX’VIII. p
PRÉFACE
C’était la première fois que je me trouvais en cou" Ait littéraire avec mon ancien préparateur; le lecteur voudra bien remarquer, sans doute, la rare convenance et douceur de sa réclamation de priorité et comment sa polémique n’était point agressive. Jusque-là je n’avais rien dit de ses autres inconvenances ; mais, provoqué, attaqué dans ma dignité comme je venais de l’être, j’ai dû répondre comme ceci ;
« Je ne répondrai pas, disais-je, au trait final de cette réclamation; je ne me sens pas atteint et je me souviens d’avoir eu son auteur pour élève et pour préparateur, mais je demande à l'Académie de répondre au reproche qui attaque ma dignité. Tous ceux qui me connaissent savent avec quel soin ja,loux je signale les travaux d’autrui lorsqu’ils sont sérieux, m’abstenant de critiquer ceux qui sont erronés. Si je n’ai pas cité M. Gautier, c’est qu’il n’y avait pas lieu de le faire. » Et j’en donne les raisons; on les trouvera dans les Comptes rendus. Je n’en retiens que ce qui suit, qui fera comprendre aux chimistes et aux physiciens la vanité de la réclamation de mon ancien préparateur ; .. j i
« D’après M. Armand Gautier, il y aurait dans le blanc d’œuf, pour une partie de la matière dont le pouvoir rotatoire est de — 43°, 2, cinq parties de celle dont le pouvoir rotatoire est de — 26 degres ; comment un pareil mélange donnerait-il un pouvoir rotatoire moyen de — 42 degrés qui (d’apres mes déterminations), est celui du blanc d’œuf(entotaiitey . Nouvelle preuve que l’auteur n’a pas démontré l’existence de deux matières albuminoïdes dans le blanc d’œuf. Pour tous ces motifs, si j’avais dû citer 1 œuvre de M. Gautier, je ne l’aurais pas fait, ayant à la critiquer (1). >> . , f .
Bref, M. Armand Gautier qui voulait faire croire qu’il avait découvert trois albumines dans le blanc d’œuf de poule, n’y en avait pas même démontré l’existence de deux. S’il avait aperçu son erreur, laquelle, dans l’ordre des pouvoirs rotatoires, est vraiment monstrueuse, il n’aurait sans doute pas