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couramment devant moi des granulations moléculaires du foie, comme étant des microcoques. C’est; qu’en effet, on appelle maintenant Micrococcus ce que j’ai appelé Microzyma. Un autre savant ayant dit que les microzymas étaient le Monascrepusculum d’Ehrenbei'g, M. Gohn appela celui-ci Micrococcus crepusculum. Ce que j’ai découvert et appelé microzyma du vaccin, microzyma de la flacherie des vers à soie, M. Cohn les appelle Micrococcus vaccinæ, Blicrococcus bomhjcis. On finira bien par donner des noms latins, sous le genre de Micrococcus, aux microzymas du sang, du lait, des glandes gastriques, du pancréas, du foie, etc., etc.
Puisque les granulations moléculaires des organismes vivants étaient connues, oui, pourquoi Ehrenberg ne les a-t-il pas rapprochées de s,on Monas crépus^ culuml pourquoi les mycologistes n’y ont-ils pas vu des spores, des conidies? Et M. Pasteur comment ne leur a-t il donné aucune attention? C’est très tard, à mesure que je développais la théorie du microzyma, que j’étudiais les microzymas dans les trois règnes, qu’on en vînt à les rapprocher des Micrococcus du botaniste Rallier d’iena, postérieurs aux microzymas. Je ne réclame donc pas la découverte des granulations moléculaires et je ne l’ai jamais réclamée. Mais dans l’intérêt de la physiologie et de l’anatomie rationnelles, je dois défendre les microzymas contre les fausses assimilations qu’on en fait. C’est ainsi qu’après avoir changé le nom si compréhensif et si général à la fois de Microzyma en celui de Micrococcus qui consacre des erreurs, on en a fait parmi les vibroniens un groupe appelé sphaerobacténes [Inigelbacterien des Allemands), qu’on range avec la levure de bière dans une classe appelée schizomycètes. De façon que les vibrioniens, après avoir été classés parmi les animaux sous la désignation générale à' animalcules . sont considérés maintenant comme étant des végétaux.
Non, je ne peux pas convenir qu’on a raison de sou-^ tenir que les microzymas du lait, du pancréas, des glandes stomacales, du sang, de la substance nerveuse, des reins, des uretères, de la vessie, de la proteste.
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de la parotide, de la salive buccale, des œufs dans la série animale, des amandes, de la levure, des spores et des graines dans la série végétale, sont des Micrococons^ des microbes dont les germes yiennent de
^ ^Ehrenberg a étudié la craie ; M. Pasteur l’a employée dans ses études sur les fermentations lactique et butyrique et dans celles sur le lait : Eh bien, ni l’un ni l’autre n’y ont vu le Monas crepusculum ; pourtant elle contient des microzymas. M. Pasteur a étudié les poussières de l’atmosphère près de la terre; il n’a pas distingué ce Monas, ni les granulations moléculaires que i’y ai reconnus sous le nom de microzymas. Pour- ^ quoi, si ce n’est parce que les granulations moléculaires n’étaient rien? , i, ^ j
J’ai promis de dire quelle est, selon la théorie au microzyma, l’origiue de ce que l’on appelle germes de l’air, sans les connaître. Je tiendrai ma promesse.
En attendant, je répète, ce que je dis depuis vingt ans : Les microzymas sont des éléments anatomiques. Ils appartiennent en propre aux tissus et humeurs dont l’ensemble constitue un être organisé quelconque : homme ou levure de bière. Ils sont donc partie intégrante de cet être au même titre que l’une quelconque de ses parties. Leur origine, pas plus que celle d’aucune de ces parties et de cet être lui-meme. ne saurait donc être les germes de l’air. Les microzymas ne peuvent donc pas être ce que les classificateurs botanistes ou autres, accordant une excessive importance aux apparences, s’imaginent. Les microzymas échappent à leurs classifications qui, sur de grossières analogies, leur font mettre dans une même classe la levure de bière et un vibrion. Ils ne sont pas des êtres vivants comme ceux qu’ils sont habitués à considérer. J’oserai dire, que, à cause de l’erreur fondamentale qu’ils professent, ils échappent à leur compétence.
Les microzymas étant des éléments anatomiques dans l’homme comme dans l’animal quelconque, dans un chêne comme dans un champignon microscopique et dans la levure de bière, ne peuvent être ni spores ni conidies ; ils sont encore moins Monas ou Micro-
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coccus, dont on fait arbitrairement des genres et des espèces.
Retenons pourtant de cette digression que, les granulations moléculaires étant sorties de leur obscurité grâce à la découd erte des microzymas, si on n’a pas cru pouvoir considérer ceux-ci comme des éléments anatomiques, on n’a pas moins vérifié et consacré la découverte, les uns en les appelant des micrococcus, les autres les disant des spores ou des conidies, ou des sphœrobactéries, etc,, etc.
Mais alors, ces micrococcus, ces spores, ces conidies, ces sphærobactéries, à cause de leur présence constante, sont nécessaires, quoique étrangers dans l’organisme; mais, c’est la nécessité de la pénétration des germes de l’air dans l’organisme en santé ; c’est la négation radicale de l’affirmation de M. Pasteur, qu’avec de pareils hôtes la vie deviendrait promptement impossible : c’est le parasitisme en permanence ; c’est la nécessitéabsolue des germes de l’air pour procurer la destruction de la matière organique sur la terre !
Ma,is si cela était vrai, ce serait le renversement de la physiologie rationnelle. Montrons donc comment tout cela est lié à un système préconçu et à ce que j’appelle l’erreur fondamentale.'
POURQUOI LA THÉORIE DU MICHOZTUA SOULÈVE TANT d’oPPOSITION ET COMMENT IL EST INUTILE d’aDMETTRE UNE CATÉGORIE PARTI¬ CULIÈRE d’organismes dits « LES ÊTRES LES PLUS PETITS. »
^ « Ramener les phénomènes compliqués à ceux que 1 on croit simples, ou mieux, dont les lois principales nous sont connues, en formulant les ressemblances et interprétant les différences entre les phénomènes
d’ordre différent, voilà le vrai problème des sciences naturelles dont la solution constitue une théorie féconde. » . .
Je m’empare de cet apophtegme de H. Sainte-Claire Deville.
Assurément, c’est parce que les altéra,tions comparées des matières simplement organiques et des matières organiques au sens physiologique, dont celles des différentes espèces de lait ne sont qu’un cas particulier, sont des phénomènes compliqués qu’elles ont donné lieu à tant de disputes et de controverses. L’étude de ces phénomènes se compliquait encore de laquestiontant débattue concernant àla foislaconstitution histologique et la composition chimique de ces laits, ainsi que de la question tant controversée de l’origine des micro-organismes qui divise les spontéparistes et les panspermistes, grave question qui nous divise également M. Pasteur et moi qui, pourtant, ne sommes hétérogénistes ni l'un ni l’autre. L’opposition qui est entre nos manières différentes de voir s’est accentuée un jour, ici même, si énergiquement, que M. Trélat, notre très éminent et très regretté président, en a été frappé au point de s’écrier : « C’est un grand et solennel débat qui s’agite en ce moment devant l’Académie (1). » Trélat avait raison; cest pourquoi il est indispensable de dire avec clarté sur
quoi portait le débat. i j: •.
Je crois avoir suffisamment mis en lumière le lait que l’on ne peut pas séparer les expériences de M. Pasteur sur le lait, le sang et la viande de celles de Donné sur les œufs brouillés. M. Pasteur, dans sa lettre à Donné, matières organiques les matériaux dont
les œufs se composent et ies disait doués de « vertus de transformation, que l'ébullition détruit ». Mais quel était au vrai, le sens que M. Pasteur attribuait à l’exnression de matières organiques ? 11 est nécessaire de préciser, en effet, pour éviter toute confusion. Or, en publiant ses expériences sur l’urine et sur le sang, M Pasteur a explicitement énoncé sa manière de yoir concernant la nature de la matière constitutive des
l. Bulletin de l'Académie, 4 mai 1886.
COAGULATION UÜ LAtT t 1 i
i' êtres vivants. Pour donner à ses recherches toute : l’ampleur désirable, il les a fait précéder de la décla-
ration suivante, qui en est comme l’exposé des motifs; i je cite textuellement :