‹ Microzymas et microbesChapitre 43 sur 86 · I- « Les principes immédiats des corps vivants, disait · texte numérisé non relu

I- « Les principes immédiats des corps vivants, disait

î il, seraient en quelque sorte inofestrMctiéfe* si l’on supit. primait de l’ensemble des êtres que Dieu a créés, les plus

P petits, les plus inutiles en apparence. Et la vie devien-

î drait impossible parce que le retour à l’atmosphère

îst ■ et au règne minéral de ■ tout ce qui a cessé de vivre

'c. serait tout à coup suspendu (1). »

'• . Ce passage, rapproché de celui que j’ai donné plus ?' haut, en note, touchant l’impossibilité de la vie, si

i, des organismes microscopiques — « les êtres les plus

; petits que Dieu a créés » — existaient dans les corps,

i est l’expression de tout le système microbien. Du

reste, j’ai donné dans la première partie de ce travail l’exposé, par M. Chamberland, des idées de M. Pasï teur.

! De son côté, M Duclaux s’est exprimé comme ceci

; au sujet du lait : « L’imperfection de nos connais- * sances actuelles sur le lait tient en grande partie à ce

r,: que ce liquide, comme du reste la plupart des liquides

s organiques, est en voie de mutation continue dès qu’il

t arrive au contact de L’air, et cela par le fait de l’ oxygène ' et par celui des microbes qu’il recèle dès l’origine ' (fl). »

L Les principes immédiats des corps vivants sont matière

organique; le lait est un liquide organique contenant r ' ces mêmes principes. Et dans les corps vivants, .ces

i; principes immédiats seraient indestructibles sans

■i ' « les êtres les plus petits que Dieu a créés », les mi-

^ . çrobes que l’air recèle dès l’origine.

Eh bien, l’errenr fondamentale consiste précisément à ne voir dans les corps vivants que des principes immédiats, de la matière tout court.

I;' Mais, comment ne pas le faire remarquer ? En ne d' faisant aucune mention de l’organisation et des éléments anatomiques, M. Pasteur est en retard non

I' L Comptes^ rendus, t. LVI, p. 739 et p.’ H94 (1803).

p; 2. E. Duclaux. Le lait, éludes chimiques et microbioloqiques,

COAGULATION DU LAlT

seulement sur Bichat, qui ne concevait la vie q^ue liée aux éléments anatomiques, comme un attribut de leur organisation et de leur individualité, mais même sur Charles Bonnet, qui concevait au moins l’organisation comme « la plus excellente modification de la matière ». ,

On comprend maintenant comment, ne voyant que des principes immédiats dans les corps vivants, il ne vît que ces mêmes principes dans leurs éléments anatomiques et n’attachât pas plus d’importance à leur présence que de signification aux granulations moléculaires, que l’on considérait d’ailleurs comnae niatière amorphe. 11 pouvait ainsi voir se détruire les globules rouges du sang dans son esperience sans en être surpris: ils étaient formés de principes immédiats, leur structure ne signifiait rien ; ces principes en devenaient d’autres, et sans rechercher comment cela pouvait se faire, il n’en concluait pas moins que le sang ne s’altérait point. , * i „•

Cependant, la manière de voir de M. Pasteur ne lui est point particulière ; elle est généralement admise , elle l’était même par Cl. Bernard et parle très savant et très loyal Ch. Robin ; c’est ausm le fond de la théorie du protoplasma, celui-ci n étant qu un amas de principes immédiats où l’on suppose la prédoniinance de l’albumine. Tout cela explique la ténacité avec laquelle on résiste à la déinonstration que le lait s’altère spontanément parce qu’il contient nécessairement des éléments anatomiques qui sont les agents vivants de l’altération ; mais aussi tout cela excuse M. Pasteur. Cependant c’est merveille que sa maniéré de voir soit aussi celle des anÿomistes, des physiologistes, des histologistes de l’École, en contradiction avec la doctrine de Bichat, le grand homme dont la

statue figure si dignement à la Faculté. , ^ ^

L’opposition qui est entre le système de M. Pasteur et la théorie de microzyma, autant que mon respect de l’Académie, m’oblige, pour défendre mes expériences, d’insister davantage sur l’erreur fondamentale

A mes yeux, le plus grand tort du système n est pas d’être artificiel, mais de voiler la réalité au profit de trompeuses hypothèses.

COAGULATION DD LAIT 113

C’esL certain ; si les corps vivants n’étaient qu’un amas ordonné de principes immédiats, ils ne pourraient pas se détruire tout seuls: sans l’intervention d’une cause extérieure d’altération, ils seraient indestructibles comme le suppose M. Pasteur et comme je l’ai montré des véritables principes immédiats. Pourtant, il est d'observation constante que cette matière des corps vivants se détruit journellement, sous nos yeux, dans les organes de ces corps pendant qu’ils sont en vie. Et qu’on ne dise pas que c’est par l’oxygène, car il est d’observation non moins constante que l’oxygène, tout seul, serait inefficace ; car il n’y a pas, même dans l’animal, de principes immédiats que l’oxygène transforme, par combustion complète, à la température de ces corps, en produits qui retournent à l’atmosphère et au règne minéral. Il y a donc en eux quelque chose qui rend efficacèla présence de cet oxygène ; mais cette conséquence n’est pas admise et voilà pourquoi M. Pasteur assure que Dieu a créé « les êtres les plus petits » pour opérer ce retour de « tout ce qui a cessé de vivre » . Ces plus petits êtres, M.Duclaux, qui les appelle microbes sans aucune autre spécialisation, assure que l’air « les recèle dèsl’origine » ;et M. Chamberland, fidèle interprète de la pensée de M. Pasteur, nous apprend qu’ils dérivent tous de parents semblables à eux, qui existent dans le monde extérieur « sous une forme qui diffère souvent de celle que nous leur connaissons lorsqu’ils se développent dans les substances organiques, îoTra.e sons laquelle on les appelle germes..., de là, dit-il, le nom de panspermie atmosphérique donné à cette théorie » (1).

Il serait injuste de ne pas le faire remarquer ; en donnant à sonsystème la portée d’une loi de la nature, M. Pasteur a dit seulement que « la vie ne deviendrait impossible» que parce que sans « les plus petits êtres » tout ce qui « a cessé de vivre » cesserait tout à coup de faire retour « à l’atmosphère et au règneminéral ».Ce sontdoncseulementlesprincipes immédiats des cadavres qui s’accumuleraient indéfiniment, ren-

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