Comptes rendus, t. LIX, p
2. Sur le blessissement des sorbes et sur la cause productrice, de l’alcool qu’on y découvre. Revue des sciences naturelles de DubrueU, t. III, p. 385.
Je consigne ici une observation. M. Pasteur, huit ans après moi, reconnut enfin, mais sans citer mon Mémoire, que le ferment qui fait le vin n’a pas pour origine un (germe de l’air, mais qu’il existe naturellement sur le raisin, comme chaque être vivant existe pour son compte dans l’habitat qui lui convient. M. Engel, de la Faculté de médecine de Nancy, a étudié, en naturaliste consommé, les diverses formes spéci6ques des levures qui existent à ia surface des grains de raisin et d’autres fruits. Aujourd’hui que mon observation a pris rang dans ia science, Je crois nécessaire de dire que dans des leçons inédites, sous ia forme de conférences sur la fabrication du vin, j’énonçais cette vérité ; que la qualité d’un vin et son bouquet dépendaient surtout de la qualité des levures que portent les raisins et les grappes à leur surface. Il m’importe que cette découverte ne soit pas attribuée à qui ne l’a point faite, car elle constitue un élément important de la théorie que je défends.
COAGULATION DO LAIT ^ ®
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Ce sont des végétaux de cette catégorie qui, incolores et s’étant développés dans l’eau sucrée, ont interverti le sucre de canne de celle-ci par la zymase qu’ils sécrétaieiit.
On sait que sans consommer l’oxygène de l’air, les parties vertes des végétaux décomposent l’acide carbonique^ tandis qu’ils dégagent ce gaz dans l’obscurité. Or, les parties non vertes des mêmes plantes, celles qu’on appelle colorées, bref, les fleurs dégagent l’acide carbonique le jour comme la nuit. J. -B. Dumas, frappé de ce fait, disait que, dans la fleur, le végétal se faisait animal. Eh bien, poursuivant la comparaison, j’ai découvert dans les fleurs du Robinia pseudoacacia et dans les bractées rouges d’un Bougainvillea un ferment solube, que j’ai appelé anthozymase, lequel fluidifie l’empois comme la diastase et intervertit le sucre de canne comme la zymase des moisissures.
Est-ce qu’on peut dire que ces parties colorées étaient des ferments comme ces moisissures.
M. Pasteur reconnaissant enfin que les feuilles de rhubarbe, les fruits, s’altèrent spontanément en produisant de l’acide carbonique et de l’alcool, conclut que leurs éléments anatomiques sont devenus ferments. Mais ces fruits, sans être placés dans l’acide carbonique, comme il le faisait, contiennent naturellement de l’alcool pendant la' maturation étant détachés de l’arbre. Est-ce qu’on dirait que leurs cellules étaient ferments? J’ai pourtant découvert une zymase dans les mûres blanches, très analogue à l’anthozymase. Les tissus propres de ces fruits étaient- • ils ferments?
Voilà donc que les animaux, les végétaux, la levure de bière produisent spontanément l’alcool et forment et secrétent des zymases ! Et cette production, dans des parties séparées de l’animal ou du végétal comme le lait, le foie, la viande, les œufs, les feuilles, les fruits, a lieu sans levures, sans le concours des germes de l’air. Il y a donc quelque chose de commun dans l’animal, dans la plante, dans la moisissure, dans la levure, qui leur fait produire cet alcool, ces zymases. Dans le lait, dans la viande, dans le
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ce ne sont pas les cellules, car elles y sont transitoires et s’y détruisent. Ce sont les microzymas qui sont les uniques agents de ces productions et qui sont capables, en outre, de devenir vibrions, bactéries. Eh bien, j’ai montré les microzymas de la levure devenant vibrioniens. En est-il de même pour les feuilles? Certainement, et j’en ai donné la preuve en mortifiant ces feuilles parla congélation. J’ai notamment cité, comme exemple triomphant, des tiges geléas à.' Ëchinocactus dont l’épiderme cornée et lisse s’opposait bien plus efficacement à la pénétration des germes de l’air que l’épiderme plus tendre des feuilles de rhubarbe dans l’expérience de M. Pasteur concernant l’altération de ces feuilles.
En résumé, la levure, ce que l’on appelle un ferment, « les êtres les plus petits », en général ce que dans l’Ecole on appelle microbe — je mets à part les microzymas pour les considérer en particulier — sont donc des êtres vivants qui digèrent et se nourrissent comme les animaux. Et, il faut bien le remarquer, chacun à sa manière, ils produisent avec le même aliment (^ce qu’à leur égard on nomme matière fermentescible) des produits de désassimilation semblables ou différents, chacun selon son espèce. La levure de bière et les autres levures, font surtout de l’alcool et peu d’acides en se nourrissant du sucre de canne digéré; au contraire, les vibrioniens appelés ferments lactique, butyrique, font surtout des acides avéc le même sucre. La fécule que la levure digère incomplètement et ne transforme pas en glucose, est facilement consommée, en présence du carbonate de chaux, et éliminée, transformée en acide butyrique et autres acides par les màmes vibrioniens qui ne produisent que peu d’alcool. 11 en est de même des animaux : le bœuf, le porc, l’oie, nourris des mêmes aliments, produisent dans leur bile des acides biliaires différents, tout en produisant de l’alcool. — • Voilà de nouvelles ressemblances et de nouvelles différences.
Ainsi donc, de même que la levure abandonnée à \ elle-même s’altère spontanément, de même s’altèrent \le lait, la viande, le sang, les œufs brouillés, les ma-
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tières animales et végétales. Et toutes ces ressemblances et différences sont dépendantes du même phénomène nécessaire : la nutrition.
Il n’y a donc ni nécessité ni utilité de faire une catégorie fonctionnelle à part, parmi les corps organisés, puisque tous se nourrissent suivant le même mode et la même loi générale.
Il est donc démontré que c’est parce que M. Pasteur a expérimenté avec l’opinion préconçue que la substance des corps vivants était constituée uniquement de principes immédiats, un pur mixte physicochimique de ces principes immédiats, dans lequel, comme dans un mélange de tels principes vrais, n’existe rien de vivant en tant que structuré, c’est-àdire organisé, selon l’étymologie du mot, qu’il a cru que les « êtres les plus petits » avaient été créés exprès pour procurer la destruction de cette substance et procurer ainsi la circulation de la matière.
La cause de l’opposition que soulève la théorie du micrczyma tient donc à l’erreur fondamentale, séculaire, concernant la matière vivante, sans structure nécessaire ; erreur qui a obligé d’imaginer la panspermie restreinte, des germes préexistants d’une catégorie spéciale d’êtres destinés, par finalité, à détruire les principes immédiats des autres êtres vivants après leur mort.
Certes, il ne faut pas uier que l’air, par ce qu’on appelle les germes et les microorganismes, n’intervienne jamais pour concourir à la totale destruction de la substance organique des êtres vivants après leur mort. Mais en fait, je l’ai fait entrevoir, ils sont nécessairement insuffisants et, dans le plan de la création, tel qu’il m’est apparu, à la lumière de la saine physiologie, inutiles. Je le montrerai en recherchant qu’elle est la véritable origine, à beaucoup d’égards certaine, de ce qu’on nomme les germes de l’air.
Le système de M. Pasteur n’a été, depuis longtemps, considéré par moi que comme une hypothèse non susceptible de vérification. Mâis, ainsi qu’il arrive trop souvent, les hypothèses non vérifiées des systèmes passent promptement à l’état de faits démontré» dont on se sert ensuite pour soutenir ou prouver /
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bien fondé d’autres hypothèses. C’est ainsi qne de la nécessité, non prouvée, des germes de l’air pour procurer l’altération du lait, etc., et la totale destruction des principes immédiats des corps morts, on a conclu à la nécessité, aussi peu prouvée, des mêmes germes pour produire la maladie. Enfin, tout en maintenant ces hypothèses, on a renoncé à celle concernant la fermeture du corps dans l’état de santé- parce que, vaincus par l’évidence touchant la présence constante des microzymas dans toutes les parties de l’organisme sain, ou a admis l’hypothèse que c’étaient des microcoques ; alors à l’hypothèse de la fermeture a succédé celle de l’ouvertuye générale. Le corps est donc envahi par les microcoques compatibles avec la santé ! C’est comme si l’on en était venu à admettre une sorte de parasitisme généralisé, physiologique en quelque sorte. De façon que l’organisme serait un réceptacle de microcoques provenant des germes de l’air, de microbes vivant en lui. Cet organisme serait ainsi conçu comme uniquement occupé à se défendre contre leurs atteintes; à moins qu’on n’en vienne à supposer que ce n’est pas nous qui sommes vivants, mais eux qui le sont en nous, nous faisant vivre de leur vie, jusqu’à ce qu’une circonstance favorable survenant, ils nous rendent malades, nous tuent, pour, après notre mort, détruire enfin nos principes immédiats. Tel me paraît être l’état présent des idées touchant le rôle des germes de l’air. C’est la théorie du microzyma à rebours, une fausse physiologie. Il faut donc montrer, de façon à ne laisser aucune échappatoire à la contradiction, que les microzymas ne sont pas ce que l’on croit. '
les ÉLÉMENrS ANATOMIQUES EN GÉNÉRAL, LES MICROZYMAS ET
l’origine des germes de l’air
Pour mettre en pleine lumière le fait que les microzymas ne sont pas des étrangers dans l’organisme
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vivant, il ne suffit pas d’avoir distingué la substance organisée de la matière simplement organique en privant qu’elle est spontanément altérable et que des vibrions peuvent naître à meme sa substance , ni ÿavoSTémo^ntré qu’au point de vue de la nutrition il n’v a pas lieu de distinguer, sous le nom de ferments, uneLtégorie particulière et singulière d etres vivants ni d’avoir montré les microzymas Présents dans tops les êtres vivants durant toutes les périodes de leur existence, ah ovo et ah semine;m meme d avoir démontré qu’ils sont non seulement la cause actuellement active de toutes les transformations qui s accomplissent dans l’organisme vivant, mais aussi des altéraf.S>nT p.rticâières. spédr.queB, P“
conque soustraite à cet organisme pendant la vie et de il substance de son corps après la mort il faut nrouver encore qu’ils sont vraiment des éléments anltomiques et, par conséquent, d’accord avec la docSdrBichal parties constituantes necessaires de la substance organisée de cet °rpmsme en gén^ et de ses éléments anatomiques vulgaires en particu
il PTi est ainsi parce que la doctrine de Bichat est à ce point méconnue qu’il ne suffit pas d avoir signalé pourquoi les microzymas ao^^ffivent tant d’oDDOsition; une opposition telle, que plutôt que de les regarder comme parties constituantes necessair^ de l’organisation, on prétend qu’ils sont, sous le no de micrococcus, des parasites dans toutes les parties
*^^1 ÏÏ/donc’ remonter à la source de l’obstacle, savoir • l’hypothèse actuellement triomphante que le to^de l’être vivant procède d’une matière amorphe le protoplasma, un amas de principes immédiats plus ou moins nombreux dénué d’organisation, c est-à-dme dénué de structure au sens anatomique; amas informe
rire^p^ridirurTfi) avec des détails suffisants la
1. Les microzymas dans 'cars rapports avec l n. 521. Lettres à Edouard Fournie. lal^eone dtz système microbien. J.-B. Baillière et fils.
l’hétérogénie, (
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théorie du protoplasma, tcdle qu’elle est professée couramment dans l’Ecole, pour en déduire les conséquences. Je ne peux ici que donner les définitions du protoplasma des auteurs pour les mettre en regard de la conception de M. Pasteur concernant la constitution du corps vivant.
« Le protoplasma est un mélange, avec de Veau, d'un ptMS ou moins grand nombre de principes immédiats differents, en voie de transformation continuelle. » (Van ïieghem.)
« Le protoplasma est un liquide azoté plus ou moins plant et muqueux, composé d'une substance unissante, translucide, et de granulations graisseuses et albuminoïdes... » (Cauvet.)
« Tout protoplasma est semblable à la protéine ; or, comme le blanc d'œuf, ou albumine, est un des composes tes plus communs de la protéine à peu près pure, nous pouvons dire que toute matière vivante est plus ou moins semblable à l'albumine. » (Huxley.)
Quant à l’idée qu’on se fait du prostoplasma au point de vue de l’orgrnisation, voici quelques affirmatione typiques ;
Selon Cl. Bernard, le protoplasma « est un corps défini, non plus^ morphologiquement, comme on avait cru que devait être tout corps vivant, mais chimiquement, ou du moins par sa constitution physico-chimique. . A son degré le plus simple, la vie, contrairement à la pensée d’Aristote, est indépendante de toute forme spécifique. Elle réside dans une substance définie par sa composition et non par sa figure : le protoplasma. »
C’est là la négation absolue de la doctrine de Bichat.
« Un protoplasina primordial, uniforme, instable, éminemment plastique, où sont tracées d’abord les grandes lignes de l’organisation, puis les lignes secondaires et descendant graduellement du général au particulier, telle est l’origine de toutes les formes actuellement existantes, qui sont nos espèces, nos races et nos variétés. » (Naudin.)
« Les auteurs qui regardent le protoplasma comme le point de départ, l’être actif dans toutes les manifes^
COAGULATION
tâtions de la vie, admettent que les sacordaires primordiaux ont été l’origine des êtres actuellement existants. » (Cauvet.)
Le protoplasma est donc vraiment conçu comme étant substance purement chimique et pourtant comme substance vivante; vivante, il faut le répéter, sans figure ou forme ni structure d’aucune sorte ; capable cependant de croître et, par conséquent de se nourrir, de se transformer, de respirer et de se mouvoir, ht c’est de cet amas informe de principes immédiats et d’eau que naîtraient tous les êtres doués de forme et de structure, munis d’organes divers, de fonctions dhmrses et dans ces organes d’éléments anatomiques variés et de cellules. Oui, ce protoplasma, formé uniquement de composés chimiques, est considéré comme la source unique de l’organisation, du développement et de tout le devenir du tout de l’être vivant quelconque : animaux, végétaux de tout ordre.
Le merveilleux, c’est qu’on admette qu un 1 out vivant quelconque, formé de cette matière vivante primordiale qui est regardée comme 1 etre actif dans toutes les manifestations de la vie, puisse mourir; c est qu’on soutienne avec M. Pasteur qu’une partie quelconque soustraite à ce Tout se conserve indéfiniment sans altération, c’est-à-dire sans changer de nature, tandis que le mélange des principes immédiats du protoplasma qu'on suppose l’avoir formée est dit en voie de transformation continuelle, ainsi que s exprime M. Van Tieghem. . , , a
Ah! je comprends Cuvier, écrivant à Mertroud qu’ « une partie quelconque étant séparée de la masse d’un animal est, par le fait même, reportée dans l’ordre des substances mortes : que c’est en changer complètement la nature, »
Cuvier devait penser ainsi, car il regardait l etre vivant comme un tout indivisible; la partie n étant vivante que de la vie de l’ensemble. Mais je ne comprends pas les protoplasmistes, car le protoplasma, n’ayant pas de forme,, est divisible. Si le protoplasma était ce que l’on pense, on devrait pouvoir le séparer du tout qui le contient sans, en eifet, en changer la
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nature et, par conséquent, lui faire produire tout ce dont on le dit capable. Or, nous savons qu’il n’en est rien, comme de la conservation inaltérée du sans de la viande, des œufs ou du laiti Malgré la contradiction qui est entre la théorie du protaplasma et la manière de voir de M. Pasteur voilà l’obstacle. On ne peut pas admettre le microzyma comme partie intégrante d’un corps vivant parce que 1 on pose en principe qu’il n’existe que des principes immédiats dans ce corps comme dans le protoplasma qui l’a formé ; le microzyma est morphologiquement défini et le protoplasma ne l’est pas ! On n est pas meme arrêté par la considération que si le protoplasma était ce que l’on admet en principe U laudrait aussi admettre la génération spontanée avec toutes ses conséquences. Or, il n’y a pas de génération spontanée dans l’état actuel de' la sciencebroca ne reconnaissait-il pas que si la génération spontanée a ete dans le passé, elle n’est plus aujourd’hui Quoi qu il en soit des contradictions que i’ai dû signaler entre la théorie et les faits, il ressort clairement des citations rapportées que rien n’y révèle une préoccupation quelconque relative à une intervention étrangère à la substance des principes immédiats qui sont supposés constituer uniquement le protoplasma d abord, la substance même de l’être vivant ensude. Bref, on admettait que le tout de cet être procédait de ce protoplasma transformé grâce à la voie de continuelle transformation dont parlât M Van Tieghem.
J’ai éte^ longtemps hésitant avant de m’inscrire en faux contre une manière de voir, qui était celle d--
tout le monde, de CI. Bernard comme de M. Pasteur touchant la matière vivante non morphologiquement definie, et smtout contre l’opinion si hautement manifestée par Cuvier. N’allais-je pas affirmer non seulement qu une partie quelconque séparée de la masse dun animal n était pas, par le fait même, reportée dans 1 ordre des substances mortes, mais que dans le cadavre de 1 animal' qui vient de mourir tout n’est ' pas mort ? AhI certes, j’hésitais à signaler comme L erreur fondamentale une doctrine qui avait d’aussi
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considérables adeptes. Je sentais si bien que j’allais contre toutes les idées reçues, que ce fut seulement en 186S, vers la fin, que, dans la lettre a J. -B Dumas, dont j’ai rapporté quelques passages au début de cette communication, j’ai osé, au sujet du lait, manifester publiquement une manière de voir aussi subversive. Mais si mon illustre correspondant publia ma lettre, c’est que je l’avais convaincu auparavant L’ordre de mes études, depuis 1857, m paît porté à rechercher les microzymas partout où il était raisonnable de le faire : dans l’air, dans les eaux, dans la craie, dans d’autres roches calcaires de diverses localités et origines, dans certaines argiles, dans les marnes, dans les terres arables, dans les poussières des rues, dans le lait et dans les matières orgamsees de toute nature, et partout je les trouvais.^ J avais appris à isoler les mirozymas du jaune d œuf de poule et ceux du foie. J’avais constaté que la fibrine du sang, le foie, dans l’empois créosoté laissaient apparaître des bactéries à même leur substance tandis que l’empois était liquéfié. Après cela, Estor et moi avons mis hors de doute que les substances organisées les plus diverses, placées dans de bonnes conditions d’expérience, donnaient vraiment naissance, à même leur substance, à des vibrioniens, et que c’étaient les microzymas propres de ces substances qui les devenaient. Enfin, nous avons mis hors de doute également que, dans l’œuf, pendant 1 incubp tion les microzymas du vitellus interviennent activement dans la formation des cellules embryonnaires dont, par leurs groupements exactement observés, ils sont les facteurs figurés. .
J’étais, certes, très frappé, et Estor comme moi, de la présence constante des microzymas dans le milieu extérieur aussi bien que dans la substance même ab ovo, de toute partie animale que nous étudiions. Mais, à aucun de nous ne vint l’idée que les microzymas des corps vivants fussent ceux de l’air qui y auraient pénétré furtivement. C’était sans doute parce que Estor était un cellulariste de l’Ecole de M. Virchow et que moi j’avais été l’élève en physiologie de 1 illustre Küss, de la Faculté de Strasbourg ! Nous étions
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l’un et l’autre préparés à répudier « l’erreur fondamentale ».
Je dirai dans un instant quelle relation j’ai entrevue, et ensuite démontrée, entre lesmicrozymas du monde extérieur et ceux des êtres organisés actuellement ou autrefois vivants. En attendant, tenant pour autonomes ceux des êtres organisés au même titre que leurs . autres éléments anatomiques, j’en vins à formuler le postulatum que voici, que tant de démonstrations rendaient légitime :
Les microzymas sont au commencement et à la fin de toute organisation. Ils sont ce par quoi un organisme, une cellule, un tissu, sont vivants.
Ces idées ne passèrent point inaperçues. Ch. Robin, qui avait depuis longtemps admis comme démontré que le microzyma est ce qui, par évolution, devient vibrionien (1), ne souscrivit pas au postulatum, car^ s’il n’était pas protoplasmiste, il croyait à la matière vivante non morphologiquement définie. Voici ce qu’il en écrivit :
« Sans dire d’où il arrive dans l’œuf, d’après M. Bécbamp, le microzyma procéderait de l’œuf; l’origine des microzymas se confondrait avec celle de l’être et de l’organe qui les contient ; là il évoluerait parallèlement à l’élément anatomique. Il y aurait évolution fonctionnelle qui aboutirait à la spécificité des usages de chaque organe, à autant de sortes de microzymas ou ferments organisés qu’il y a de propriétés spécifiques des produits de ces organes... Les physiologistes considèrent les actes biologiques comme reconnaissant pour condition d’existence l’arrivée à un certain degré de développement des organes, de leurs cellules constitutives^ de la composition de la substance même des éléments : or, d’après M. Béchamp, il n’y aurait là qu’itlusion ; c’est au microzyma qu’il faudrait reporter ce qu’on attribuait aux unités anatomiques de nos tissus ; c'est à un végétal et non à l’animal qu’il faudrait attribuer ce qui se passe en celui-ci (2). »
1. Ch. Robin. Traité du microscope et Leçons sur les humeurs. ■
2. Ch. Robin. Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales, t. VIII, p. 599, article Germes.
COAGDLATION DU LAIT
Le célèbre savant s’est laissé arrêter par le même obstacle qui avait arrêté les autres. Pour lui aussi, le microzyma est un étranger dans l’organisme. Mais dans son exposé il y a deux points qu’il a très exactement énoncés ; les voici :
« L’origine des microzymas se confondrait avec celle de l’être et de l’organe qui les contient.
« Il y aurait évolution fonctionnelle qui aboutirait à la spécificité des usages de chaque organe et à autant de sortes de microzymas qu’il y a de propriétés spécifiques des produits de ces organes. »
Cela est très exact, et si cela était compris, la théorie du microzyma n’aurait plus de contradicteurs; en effet, si l’on voyait clairement que l’origine du microzyma se confond avec celle de l’être et de l’organe qui le contiennent, il n’y aurait pas lieu de se demander comment il y arrive. Est-ce qu’on deniande comment le vitellus arrive dans l’œuf, le foie dans le corps? Mais il est difficile, pour celui qui professe l’erreur fondamentale, de se figurer qu’il y ait dans l’œuf autre chose qu’un amas de principes immédiats, et plutôt que de croire le microzyma un élément anatomique nécessaire de cet œuf, ne pouvant nier sa présence, on en fait un ferment, un végétal à qui il « faudrait attribuer ce qui se passe en lui », bref, un parasite physiologique.
11 faut donc insister et rappeler qu’avec une certaine malice on a dit que je ne savais pas moi-même ce que je comprenais sous le nom de microzyma. Sans doute, on ne dit plus qu’ils sont imaginaires, ainsi qu’on a osé le dire ici même ; on admet qu’ils existent peut être, mais qu’on ne peut pas les distinguer des parasites. En effet, un savant dont les opinions méritent attention et qui admet le parasitisme physiologique dont je parlais, qui use comme moi des antiseptiques dans ses études, répondant à une conversation que nous avions eue ensemble, m’écrivit ceci : « Si vous vous mettez à l’abri des causes d’erreur provenant de l’air, vous ne pouvez éviter celles qui proviendraient des parasites de l'organisme sur lequel vous expérimentez, car nous ne possédons aucun moyen de distinguer le parasite du microzyma, et il est impos-
sible, à mon avis, d’inventer une expérience qui tranche la question. »
Nous en sommes là; c’est une fin de non-recevoir d’un nouveau genre. , .
Le parasitisme physiologique, cette conséquence de « l’erreur fondamentale », du système protoplasmique si l’on veut, pour singulière qu’elle soit, n en est pas
moins logique. Ne voyant rien de morphologiquement
défini et de vivant dans le protoplasma, on ne devait rien voir d’au ton omiquement vivant dans 1 organisme , mais du moment que la découverte des micro^yma^ avait obligé de constater quon «était trompe, on devait les regarder comme des étrangers, des parasites.
Je comprends qu’on croie à l’existence d une “atiere vivante non morphologiquement définie maigre la doctrine de Bichat qui, tout en admettant la vie liee à l’élément anatomique, n avait pas directemen prouvé la vitalité indépendante de cet élément je comprends qu’on y croie même apres Kuss et Virchow, qui regardaient la cellule comme 1 unité vitale, car la cellule étant un élément anatomique transitoire, n’a pas les caractères de ce qui est ptouom ' quement vivant; mais la persistance aussi j,enerale de l’erreur après la découverte du microzyma me déconcerte et serait capable de me troubler, si je ne
connaissais la force des préjugés.
Non les microzymas ne sont pas des etrangers, des parasites, dans l’organisme, pas plus que mou foie ou tel autre organe. S’ils étaient des parasites, ils V seraient accidentels, comme tous les parasites, et pourraient n’y pas exister. Or, les mmrozymas exis- Lnt toujours dans toutes les parties de tous les organismes et dans toute les phases de leur of^tence , eh bien ce qui existe toujours, même dans les cas tératologiques, est ce qui est nécessaire, ce qui ne peut pas ne pas exister. ,, ,
Mais c’est là un raisonnement de bon sens et je prétends avoir donné des preuves de la réalité du tait nue les microzymas sont vraiment des éléments anato- Sies. Puisqu’on ne les accepte pas dans les termes Z]e les ai déjà fournies, il faut que je les reprenne sous une autre forme.
COAGULATION DU LAIT
« Il ne faut vouloir, a dit un philosophe^ il ne faut vouloir pour les principes — et j’aj oute, pour les théories et doctrinGs — base incontGstéG des faits. »
C’est ce que j’ai fait pour établir solidement la théorie du microzyma et ce que je veux refaire ici.
Tout le monde, sans doute, distingue un tout organisé et vivant d’un simple amas de principes immédiats organiques. Mais à cause de l’amphibologie du mot organique, on n’attache aucune signification fonctionnelle propre, particulière, déterminée, individuelle et distincte aux éléments anatomiques, en tant que vivants, quoiqu’on ne confonde pas ceux du foie avec ceux de la rate, etc., parce que, dans la théorie protoplasmique, ils sont considérés comme des amas purement matériels de principes immédiats. De là résulte que l’organisation dont on parle n’est qu’un mot vague. Mais cette organisation produit des effets sensibles : la digestion, la nutrition, l’accroissement, la génération surtout. On spécifie, sans doute, en disant l’organisation vivante, en parlant de celle des êtres réputés vivants, parce qu’elle produit des phénomènes qui sont les attributs de la vie. Mais en quoi réside la cause qui produit ces effets, ces hénomènes, et comment se produisent-ils? Par exemple, dans chaque organe en particulier, d’où part l’action chimique? En quoi réside l’activité qui porte les principes immédiats du protoplasma à concourir à la formation des cellules embryonnaires d’abord, puis^ des tissus et des organes, chacun en son
Montrons que l’action chimique et l’activité physiologique partent uniquement du microzyma, qui est le dernier terme figuré de l’organisation, c’est-àdire l’élément- anatomique ultime.
C’est une certitude acquise qu’un corps organisé, s’il est réductible par l’analyse chimique immédiate, d’abord en principes immédiats appelés matière or^-anique, il est réductible aussi par l’analyse ultime, en ce que Lavoisier a appelé les corps simples ; bref, en un petit nombre de corps minéraux. Si donc, pour connaître les corps organisés on prenait pour base l’analyse chimique, il faudrait logique-
COAGULATION DU LAIT
ment soutenir que toute l’activité très particulière que manifeste un corps vivant procède de 1 activité des atomes des corps simples, comme en procèdent vraiment les propriétés des composés chimiques variés qu’ils produisent en se combinant entre eux. C’est pourtant en invoquant purement l’analyse chimique qu’on nous présente le protoplasma comme « l’être actif dans toutes les manifestations de la
Ce n’est pas ainsique Bichat a procédé. L’analyse anatomique lui montrait l’être vivant d’abord décomposable en organes ayant chacun une fonction a remplir, un rôle à jouer. 11 démontra ensuite, mémorable découverte, que chacun de ces organes était décomposable en tissus plus ou moins nombreux qu’il considérait comme élémentaires, irréductibles, simples et qu’il comparait aux atomes ou corps simple de Lavoisier. Ces tissus, il les considérait comme seuls vivants dans l’organisme, la vie étant un attribut de leur organisation. La découverte de Bichat, en créant l’anatomie générale, changea la face de la physiologie. L’illustre savant poussa 1 analyse anatomique aussi loin que ses moyens le lui permirent. L’impuissancô des méthodes dont il disposait avait obligé Lavoisier de regarder comme simples des corps qu’on a décomposés depuis. De même les tissus élémentaires de Bichat n’étaientpas les derniers termes de l’analvse anatomique. Plus tard, c’est la cellule que l’on considéra comme l’unité vitale. Or, la cellule ne peut-être cette unité, car elle est transitoire et ne possède pas le caractère de simplicité que Bichat voulait pour l’élément anatomique. C’est le fait que la cellule est transitoire, qui a toujours porté Ch. Robin à refuser son adhésion à la théorie
*^^Eh^^bien, non seulement la cellule est transitoire, mais elle n’est point simple. Après la cellule, décomposée par l’analyse anatomique, il y a le microzyma. C’est lui que l’on découvre comme dernier terme de cette analyse dans tons les tissus, toutes les cellules ou vésicules, comme je l’ai dit des globules laiteux, dans toutes les humeurs Et c’est lui qui reste
15Q COAGULATION DU LAIT
comme je l’ai démontré et vais le redire, comme rLdu vivant de toute organisation. Je l’ai poursuivi et retrouvé, durant toutes les phases du développement de l’être, depuis l’ovule dans la vésicule Graaf jusque dans tous les organes, tissus et humeuis de l’adulte; dans toutes les parties des ^egetaux depuis
l’ovule, dans toutes les moisissures et dans la levuie de bière, un être vivant réduit à 1 état de cellule permanente Que dis-je? un vibrion meine est réductible au microzyma. Que me parle-t-on de germes de
ainsi le dernier ternre de l’analyse anatomique, on me permettra bien, imitant Tiirhat de le regarder comme l’élément anatomique SaSnt éléin^taire, simple, réellement irréductible à un élément plus simple et ^e le regarder comme étant l’atome organisé de 1 organisation, 1 el™ vivant ner se, comme il convient à 1 atome vivant, 1 etre véritablement et uniquement actif, — pmsqu il est atome — dans toutes les manifestations de la vie , ce par quoi une cellule, un tissu, une humeur, et ce que l’on appelle protoplasma, sont vivants
On demandait si je savais ce que c est qu un micro zyma? Le voilà ; et je le redis depuis longtemps, et je ne crains pas de me tromper.
Newton appelait les atomes les particules pmmigènes des cor^^s bruts; eh bien,
particule primigène de l’organisation. L ^f yse mathématique dirait que le microzyma est la diflferen-
tielle de l’organisation dont la cellule, les tissus, les
organes l’être tout entier sont les intégrales.
En d’autres termes et pour résumer : le microzyma est l’élément anatomique fondamental, essentiel, que la ph^iologique doit\onsidérer, en qui l’organisation et la vie sont indissolublement unies. Et cest parce qu’il en est ainsi qu’il n’y a pas de matmre vi- Unte non morphologiquement définie, c est-à-dire
^^Üatome^'dr l’organisation possède une propriété singulière, que ne saurait posséder l’atome des corps sim^ples, c’est qu’il peut se multiplier et en se multipliant, sans changer morphologiquement, il peut
COAfiüLiTION DD LAlï
aussi acquérir de nouvelles fonctions et changer fonctionnellement. II n’évolue pas fonctionnellement, narallèlement à l’élément anatomique ordinaire, comme le disait Charles Robin, mais après avoir formé successivement les cellules embryonnaires, les tissus.et les organes, il y acquiert la nouvelle fonction qui caractérise la fonction des tissus, de la cel- Iule de l’organe achevé arrivés à maturité.
Par exemple, les microzymas vitellins de poule, étant ce qu’ils sont, après avoir constitué les cellules embryonnaires et de proche en proche successivement les organes de l’être nouveau, sont d abord ce que l’on peut appeler les microzymas fœtaux de ces organes fœtaux ; et ces microzymas et ces organes, ainsi que l’a démontré M. J. Béchamp, n acquièrent que peu à peu leurs fonctions finales, les aptitudes qu ils posséderont à l’âge adulte et pendant le reste de la vie On peut donc dire qu’il y a à considérer les microzvmas d’un même être, et d’un même organe dans cet être, comme n’étant pas identiquement les memes fonctionnellement dans le fœtus, dans 1 enfant et dans l’adulte. Et ils ne sont pas nécessaisement les mêmes, fonctionnellement, dans les memes organes d’être d’espèces différentes ! La question a été tranchée par l’étude des microzymas vitellins des œuts d’espèces diverses d’oiseaux; par celle des naicrozymas du poumon, du foie, du sang dans la ^rine, du muscle du cœur, de la rate, du pancréas des glandes stomacales, de l’urine, de la parotide, de la salive buccale, du cerveau, des amandes douces, de la levure, etc., etc. Eh bien, les microzymas .de la salive buccale du bœuf, du chien, du cheval et des parotides de ces animaux, sont fonctionnellement differents de ceux de l’homme, autant qu’en diffèrent leurs salives; en effets la salive buccale, la salive parotidienne, les microzymas buccaux et parotidiens de l’homme saccharifient puissamment l’empois de fécule, ce que ne font pas les salives et les microzymas correspondants de chien, de bœuf et de cheval ; il y a là la meme relation que i’ai relevée entre la galactozymase du lait de femme et les galactozymases de vache, de chèvre et d’ânesse.
COAGULATION DU LAIT
Mais les microzymas des différentes espèces organisées ne diffèrent pas seulement par leur fonction et par la zymase qu’ils secrétent, ils diffèrent aussi par leur manière d’évoluer pour devenir vibrioniens.
En étudiant les circonstances où le lait de vache se caille, j’ai fait voir que, grâce a l’emploi méthodique des agents antiseptiques, on pouvait à volonté en constaterl’altération sans aucun changement morphologique de ses microzymas, ou assister à l’évolution vihrionienne de ceux-ci. Et j’ai fait voir que le vibrion n’apparaissait pas tout à coup, comme le deus ex machina, mais qu’on en pouvait suivre les phases évolutives ; d’abord apparaît le microzyma associé en forme de 8 de chiffre ; et si la dose de l’agent antiseptique est convenable, l’évolution peut s’arrêter à ce première état; ensuite apparaissent les chaînettes ou chapelets de microzymas à un plus ou moins grand nombre de grains, trois à dix, chacun un peu plus gros que le microzyma initial ; et on peut aussi arrêter plus ou moins longtemps l’évolution à ce point. Enfin apparaissent les vibrions ou bactéries plus ou moins allongés par la fusion des grains des microzymas associés ou des chaînettes de microzymas. Et il peut arriver qu’en modérant l’emploi de l’antiseptique ou la température on aperçoive à la fois toutes ces formes; mais, la température, variant de 23 à 40 degrés, si on n’observe pas à temps, l’évolution peut être Lsez rapide pour qu’on n’aperçoive que les vibrions achevés. Et les vibrions apparus ont toujours la même apparence et paraissent de la même espèce, si sur un tel sujet on peut parler d’espèces. Et il m’a paru, l’évolution suivant d’ailleurs le même ordre, que les vibrions diffèrent en quelque chose d’un lait à l’autre.
J’ai étudié de même l’évolution vibrionienne des microzymas dans une foule d’organes d’antmaux et de parties végétales, foie, sang, fibrine, muscle, cerveau ou matière nerveuse, testicules, reins, urine, feuilles, fruits, pommes de terre, amandes douces! levure de bière, etc., soit directement à même la substance, soit en présence de l’empois de fécule ou de l’eau sucrée, et j’ai constaté que les microzymas commencent le plus souvent par devenir microzymas
en 8 OU associés en chapelets de grains avant de devenir vibrions ou bactéries diverses, dont l’aspect, la grandeur pouvaient varier avec la nature du milieu ambiant ou de culture. Et suivant la nature de la substance organisée et aussi de l’animal ou du végétal qui les avaient fournies, les formes vibrioniennes pouvaient être de plusieurs sortes : par exemple, comnie pour la viande de bœuf ou de cheval, on peut voir apparaître deux ou trois formes à la fois parmi lesquelles ce que Estor et moi avons appelé le Baclerium capitatum et à point brillant à l’une des extrémités.
Mais ces bactéries ou ces vibrions que sont devenus les microzymas des diverses parties organisées que j’ai étudiées, sont aussi transitoires que les cellules que ces microzymas forment pendant le développement embryonnaire ou qu’ils fonnent régulièrement pendant la vie de l’être organisé. En effet, et c est chose singulièrement significative, si le lait altéré, caillé ou non, est abandonné à lui-même, non seulement le caillé, s’il s’est formé, disparaît peu à peu, ainsi que je l’ai montré à l’Académie, mais les^ vibrions qui avaient apparu disparaissent eux-mêmes pour ne laisser de leur présence que des microzymas pour témoins, microzymas à peine différents des microzymas initiaux. Et ce fait est général ; dans tous les milieux énumérés où les vibrions ont apparu par l’évolution des microzymas des substances étudiées, ces vibrions ou bactéries, à la suite de changements de forme souvent remarquables, reviennent invariablement au microzyma, en passant par une forme dernière qu’on appelle Bacterium termo.
Et rien ne prouve mieux, avec leur activité chimique constatée, que leur évolution vibrionienne démontrée, que les microzymas sont des êtres vivants à part, et non pas une espèce ou un genre d’espèces déterminé appelé microcoques. Il n’y a pas jusqu’à la régression des vibrioniens en microzymas qui ne témoigne de leur vitalité et de l’erreur que l’on commet en les appelant micrococcus.
On le voit donc bien, tout ne meurt pas dans une partie quelconque séparée de la masse d’uii animal ou d’un être vivant donné. Et puisqu’il en est ainsi,
se trouve vérifiée la doctrine de Bichat, selon laquelle l’élément anatomique est vivant.
Prouvons maintenant que si le microzyma est l’élément anatomique fondamental vivant per se, par leqnel sont vivants l’œuf et les éléments anatomiques secondaires ; l’élément anatomique nécessaire, aô ovo, à la naissance et au développement de l’être vivant, il est aussi l’élément anatomique, le .ferment si l’on veut, suffisant, pour, avec le concours de l’oxygène, opérer la totale destruction des principes immédiats de la matière organisée après la mort. Et la preuve étant faite, il sera et restera démontré que l’air, par ses germes, n’est pour rien ou peut être inutile, pour opérer le retour de la matière organique (principes immédiats) des corps vivants à l’état dè matière minérale, en même temps, comme nous le verrons, sera établie la relation dont je parlais, entre les microzymas de l’air, des eaux et de la terre, et ceux des êtres vivants dans le passé et dans. le présent.
De l'origine des microzymas atmosphériques et de ce que l'on appelle les germes de l’air. — Les expériences dont je vais rapporter les résultats n’ont pas été entreprises pour infirmer l'opinion de M. Pasteur concernant le rôle supposé « des êtres les plus petits » pour détruire les principes immédiats des corps morts. Elles sont la__ conséquence de la découverte des microzymas, pour m’expliquer la présence de ces microzymas dans la craie et dans les autres rocbes dont j’ai parlé. La première de ces expériences a été publiée en 1874 (1), les suivantes ont été faites plus tard, pour confirmer celle-là (2).
1. Conférence au Congres de l Association française pour l'avancement des sciences : Nantes, 1874.
2. Dans le' mémoire sur les microzymas delà craie, j’avais dit : Indépendamment des restes fossiles d’êtres qui ne sont plus, la craie blanche contient encore aujourd’hui toute une génération d'organismes beaucoup plus petits que tous ceux que nous connaissons... non. seulement ils existent, mais ils sont vivants et adultes, quoique sans doute très vieux. Comptes rendus, t. LXIII, p. 451 (1866).
Et dans un trava'd » sur les micro!,ymas géologiques de diverses origines », je disais ensuite : « (jùelle est la signification géo. logique de ces microzymas et quelle est leur origine ? Il est assez di'fioile de faire une réponse' qui soit sans réplique,,. Je crois
COAGULATION DU LAIT Isa
La première expérience a été faite de manière suivante ; un petit chat a été enterre entre deux couches de carbonate de chaux pur préparé exprès et créosoté, dans un vase de verre. Le tout, soigneusement mis à l’abri des poussières de 1 air, a été abandonné sur une étagère de mon laboratoiie, depuis e commencement de l’année 1868 jusqu à An de “ née 187-4. Après environ sept années, sous le cnmat de MontpellL, pensant q^e l’œuvre de destrucüon était opérée, l’appareil a été ouvert. Les coucnes supérieLes de carLnate de chaux se dissolvaient sans dans 1-acide chlorhydrique . 1= “'“rS n’y décélaitrien de ce que jevais dire. Dans la lésion où avait été placé le petit chat, il n’y avait plus, comme témoins, visibles à l’œil nu, de sa presence, que quelques fragments d’os blanchis. La ma-sse seche blanche comme la craie, du lieu ou était le petit cadavre, examinée au microcoscope, contenait une foule de molécules brillantes comme dans la cram de Sens mobiles comme elles. J’avais sous les yeux comme de là craie artificielle et sauf l’apparence cristalline des particules du carbonate de chaux obtenu par precfnitation oui n’existent pas dans la craie naturelle, on s’fsemit trompé. Les molécules brillantes de cette craie^artificielle étaient les microzytoas, restes vivants du peüt chat détruit. En effet, en la reprenant par l’acFde chlorhydrique étendu, ce qui f \carbonate de chaux se dissolvit et les microzymas f esterent en suspension dans le liquide trouble. Et cette craie artifi cielle mise dans l’empois créosoté le fluidifia rapidement, et bientôt un dégagement d acide carbonique et d’hydrogène indiqua que la fermentation avait commencé eïquand elle^ut terminée on trouva, comme dans les opérations avec la craie de Sens, que de 1 al cool, de racide acétique et de 1 acide butyrique
COAGULATION DU LAIT
s’étaient formés. Ces microzymas, qui sécrètent une zymase, qui fluidifient l’empois et font fermenter l’empois fluidifié, sont donc vivants ; ils sont donc des ferments. Ils sont vivants aussi parce que, comme ceux de la craie de Sens, mais plus aisément, ils peuvent évoluer pour devenir vibrioniens (I).
Telle est l’expérience. Le corps animal contient donc en lui-méme ce qui, avec le concours de l’oxygène de l’air, opère la totale destruction de sa matière organique : savoir les microzymas. Et le tableau serait le même si au lieu du corps entier on enterrait, dans les mêmes conditions ses viscères séparés, ainsi que je m’ensuis directement assuré par les expériences de contrôle dont j’ai parlé.
Mais les microzymas retrouvés sont-ils précisément ceux de ce corps et de ces viscères? Non, assurément; car ce sont les microzymas des vibrioniens qu’étaient devenus les microzymas du corps et des viscères. En effet, dans les expériences de contrôle, lorsque j’arrêtais l’expérience avant la disparition totale de la matière organique, je retrouvais encore des bactéries mêlées aux microzymas. Et, chose très digne d’attention, dans ces cas-là, on peut constater que ces microzymas, qu’on pourrait appeler secondaires, placés dans les conditions d’une nouvelle évolution, deviennent successivement, eux aussi, microzymas associés en 8, microzymas en chapelets, belles bactéries' parmi lesquelles on peut voir apparaître le Bacterium capitatum, que l’on voit se développer au centre de gros morceaux de viande.
Il est donc prouvé que les microzymas de la craie, des roches dont j’ai parlé, sont les microzymas des
1. Les expériences destinées à ve'rifler celle-là, les voici. A un petit chat venant d’être sacrifié, on a pris le -foie, le cœur, les poumons et les reins, aussitôt reçus dans l’eau phéniquée. Ces viscères et le cadavre entier d’un autre petit chat, ont été séparément placés entre deux couches de carbonate de chaux pur, phéniqué, dans les conditions de l’expérience de 1868. Elles ont commencé à Montpellier en juin 1875 et ont continué à Lille, du mois d’août 1876 au même mois 1882 ; c’est-à-dire un an sous le climat de Montpellier et six ans sous celui do Lille. Après sept années, dans ces conditions, la destruction était moins avancée, voilà tout.
COAGULATION DU LAIT
vibrions qu’étaient devenus les microzymas des êtres disparus aux temps géologiques reculés où ces roches se sont formées. Quant aux microzymas des poussières des rues, des terres arables et des eaux, ils sont à la fois ceux des êtres qui se détruisent sous nos yeux et ceux des détritus des roches qui ont formé les couches superficielles de la Terre. Quant aux microzymas des poussières de l’air, ils sont les mêmes que le vent soulève et emporte près de la Terre.
Voilà établie la relation entre les microzymas des êtres organisés et les microzymas de la terre, des eaux et de l’air.
Mais il peut exister d’autres microorganismes dans l’air : des spores de moisissures diverses, des conidies de champignons divers aussi. Leur origine n’est autre que celle des êtres qui les produisent sous nos yeux; il n’y en a pas d’autre. L’air les contient dans ses poussières parce qu’un coup de vent les emporte, comme il dissémine le pollen des fleurs, les graines diverses et même les feuilles des arbres des forêts.
En résumé, les germes de Vair et tout ce qu’on appelle micro-organismes « êtres les plus petits »,etc, loin d’être préexistants, ne sont que les restes issus, soit à l’état de microzymas normaux des organismes supérieurs, animaux et végétaux, dans le passé et dans le présent; soit à l’état de microzymas provenant par régressions de vibrioniens que ces microzymas étaient devenus, aussi dans le passé et dans le présent; soit à l’état de microzymas normaux, de spores, de conidies de certains organismes inférieurs et des organismes microscopiques appelés microorganismes, animacules, ferments végétaux, catégories diverses englobées dans le mot à expression vague de microbes. L’hypothèse de la préexistence originelle des germes de l’air est donc inutile; et la panspermie restreinte de M. Pasteur n’existe pas plus que la panspermie générale de Gh. Bonnet.
Lorsque dans un milieu donné exposé à l’air, des moisissures apparaissent, comme dans mes expériences sur l’eau sucrée, ce sont les conidies ou les spores qui y ont trouvé un terrain favorable à leur développement. Lorsque dans un autre milieu donné
15S COAGDLATIOK DU LAIT
aDnaraissent des vibroniens, ce sont les micro/ymas q^ufont évolué. Et, î « le répète la preu^ qu^^^^^^ nf conidies n’existent dans les tissus e-mmaux ou ^ eg ^ taux c’est que, par leur altération spontpée, ils ne
laissent jamais apparaître que des ^^^^^^rpas une l’ai fini i’ai tenu ma promesse. Ce n était pas une erJeur de crdre que le lait, comme toute matière opn-anisée s’altère spontanément et que des vibrio niens peuvent apparaître \“ême sa subgnce lors-
1 B Dumas que la craie et le lait contiennent des êtres vivants^ déjà développés qui faisaient agir la première comme un ferment et qui procuraien
'“EnteVanTa™! 1* dè™
'”EdSo?d“,?i'l“ue sans difflcuM, ce n'est pas
SSÏuerci a rendre rationnelles et la découverte et
EaSikcê.»îS“^^
omin PP raDDort iln’existe vraiment quune seule cale
£id?r'e‘r's?J5i™r“pêctï eTevpSf Ké ns.
'’TlI.'ntrWeftaliord que M. Pasteur a vainement cherché ÏSTn le germe’d'nn vibrionien co^dér. comme animalcule. On ne connaissait donc vraiment
COAGULATION DD LAIT
pas l’origine des vibrioniens, car assurer qu’ils viennent des germes de l’air, c’était ne rien dire.
Le microzyma qui devient vibrion est-il cet œuf ou ce germe ?
Le microzyma, considéré dans son origne naturelle, ne peut être ni œuf ni germe, — en donnant à ces mots leur signification embryologique; — d’autre part, avec les naturalistes, qui placent les vibrioniens dans une même classe avec les levures, on se ferait une idée fausse du microzyma, qu’ils placent, sous le nom de micrococeus, dans la même classe.
Selonmoi, les microzymas, considérés, non plus en tant que partie intégrante des éléments anatomiques communs pendannt la vie, mais, dans leur état isolé, forment réellement une catégorie à part parmi les êtres vivants, catégorie qui n’a sa place dans aucune des classifications admises.'
Envisagé in abstracto, on peut définir, d’après ce que j’ai dit plus haut, le microzyma comme étant l’être vivant qui, par évolution, peut devenir vibrionien.
Pour moi, il y a même différence entre un microzyma et un vibrion, une bactérie, qu’entre le têtard et la grenouille : de même que le têtard, pour devenir grenouille, passe par diverses phases évolutives, de même, je l’ai montré, le microzyma pour devenir bactérie. Par là, on voit l’erreur de ceux qui décrivent les microzymas associés en 8 et en chapelets comme des espèces dont chacune aurait son germe correspondant. Mais dans son milieu naturel normal, comme élément anatomique vivant per se, il est ce qui tisse les cellules et les tissus, en en préparant, par son activité chimique, les matériaux, en restant morphologiquement semblable à lui-même pendant qu’il se , multiplie ; et il en est ainsi parce que, avant tout, il est l’élément anatomique fondamental, l’atome de l’organisation.
Cependant, ceux qui regardent les microzymas comme étant des microcoques, et Ch. Robin qui l’a regardé comme un ferment vulgaire, en font des végétaux.
Je remarque d’abord que le mot microzyma ne préjuge rien, a priori, sur la nature animale ou végétale
COAGULATION DU
de l'être qu’il désigne. A l’e'poque où l’on classait les vibrioniens parmi les animaux, le vibrion de la fermentation butyrique était appelé ferment tout comme la levure de bière, qui est bien un végétal; d’ailleurs, on appelait la diastase elle-même un ferment 1 Le mot microzyma signifie seulement qu’en tant qu’agents doués de fonctions chimiques, les microzymas sont les plus petits des ferments figurés. Si au lieu de les considérer sous ce dernier point de vue, on les considérait sous le rapport anatomique et histologique, on pourrait les appeler microcytes, puisqu’ils sont, en effet, les plus petits éléments anatomiques cellulaires. Mais le nom ne fait rien à la chose, puisque certainement les microzymas sont doués de deux qualités également importantes — chimique et histologique — et qu’avant tout ils sont des éléments anatomiques vivants per se.
Mais enfin, d’une façon plus générale, que sont les microzymas? sont-ils végétaux ou animaux?
Cherchons donc, sous le masque des mots, la substance des choses.
Considéré dans son origine, qui se confond avec celle de l’être vivant dont il est l’élément anatomique fondamental, l’atome de son organisation, le microzyma est, au même titre, dans l’homme, dans l’éléphant, dans un ciron, dans un mollusque, dans un rotifère, dans une amibe, dans un chêne, dans la plus humble plante, dans un penici//tim, dans telle ou telle levure, être réduit à vivre à l’état cellulaire. Et je le dis non par intuition, mais pour l’avoir vu, observé, étudié. 11 résulte de là que le microzyma, élément anatomique dans l’animal et dans le végétal, est animal dans l’un, végétal dans l’autre.
Et ce n’est pas tout : dans les animaux, le microzyma du vitellus n’est pas le même que celui du foie et celui-ci que celui du pancréas, des glandes gastriques, des parotides, du sang, de la matière cérébrale, etc. Dans les végétaux, le microzyma des graines est autre que celui des parties vertes et celui-ci que celui des fleurs ; celui de la levure de bière n est par le même que celui de telle et telle moisissure, etc. Et ce n’est pas tout encore :1e microzyma d’une glande
COAGULATION DU LAIT
donnée dans un animal peut être différent de celui de la même glande d’un autre animal. Et il en est ainsi vraiment, car je l’ai démontré. Enfin, dans le même être, aux différents âges, depuis l’état fœtal, M. J. Béchamp, l'a prouvé, les microzymas peuvent différer dans une même glande, un même organe.
11 est bien entendu que les différences sont fonctionnelles et non morphologiques. Disons donc que les microzymas, morphologiquement identiques, peuvent être fonctionnellement différents.
Et la conséquence de ces faits, car ce sont des faits démontrés, c’est qu’il faut faire des microzymas, considérés id abstracto, un ordre à part parmi les êtres vivants, sous l’appellationv éléments anatomiques fondamentaux ou atomes vivants de V organisation.
Cependant, tous ces microzymas si divers, quand on sait réaliser les conditions de leur évolution, peuvent devenir vibrions, bactéries, bacilles de formes diverses, en passant par les phases évolutives dont j'ai parlé, ou d’autres que j’ai signalées ailleurs parmi les microzymas de la levure.
Mais alors dans quel ordre d’êtres vivants faut-il classer les vibrioniens qui, après avoir été classés parmi les animaux infusoires, ont été faits végétaux comme schizomycètes ?
Un vibrion, une bactérie et les formes évolutives que revêt souvent un microzyma avant de devenir vibrion ou bactérie achevé, 'formes évolutives que l’on décrit également comme espèces distinctes, ne sont en réalité que ce qu’était le microzyma dont ils procèdent. C’est donc dans l’ordre des microzymas qu’il faut les classer; car ils sont vibrion ou bactérie non seulement de microzyma d’animal ou de végétal; mais de microzyma de tel ou tel centre organique d’animal ou de végétal.
Et ce n’est pas tout encore. Les vibrioniens redeviennent microzymas par régression, et il y a les microzymas géologiques, qui, eux aussi, proviennent de vibrioniens : or, ces microzymas, dans d'es milieux de culture appropriés, évoluent de nouveau pour redevenir vibrioniens. Ces nouveaux vibrions sontils identiques à ceux de la première évolution? Voici
162 COAGULATION DU LAIT
ce que i’en sais certainement ; les microzymas du pancréas de bœuf ont été injectés dans les vaisseaux d’un chien et, à dose minime (un milligramine par kilogramme d’animal) ils ont produit des desordres redoutSs et la mort! or, après l’évolution ^ibrio^ienne ils ont pu être injectés à dose bien plus grande sans provoquer d’accident. Les microzymas du meme pancréas qm opèrent si rapidement la dig^üon des matières albuminoïdes et la saccharification de 1 empois même conservés dans 1 ether, perdent ces pro priété plus ou moins rapidement; les sang qui dans la fibrine ou isoles décomposent 1 eau oxygénée perdent, également avec le temps cette aptitude. Et l’on sait que4)avaine avait constaté que le sang des animaux morts du charbon, ne communique plus cette maladie redoutable, mais une
le di»is, ..s
zymas vitellins, pendant l’incubation, sont les facteurs des cellules embryonnaires et, de proche en proche, de tout ce que devient l’embryon pendant le développement du poulet, et il en est évidemment ainsi de tout Crganisme. (Dr, pendant ce développement les microzvmas acquièrent, par une sorte de maturation, les propriétés fonctionnelles qu’ils doivent iposseder dans les divers centres d’organisation de 1 etre achève. Il arrive, d’autre part, comme je viens de le mon trer, que les microzymas, qui sont devenus vibrions pour.Vr régression, se réduire en microzymas, perdent leuis propriétés premières pour en acquérir de nouvelles. II suit de ces observations que 1 on ne peut rien conclure de l’étude des
riques pour la physiologie et l^a pathologie normhes. C’est pourquoi les études bactériologiques ne seront vraiment fructueuses et rigonreusement scienti
Piques, que lorsqu’on prendra pour point de départ ies microzymas dans les diverses especes en particuliei et dans^ces espèces, les microzymas des divers centres d’organisation, en notant avec soin le mode d évolution qui aboutit à la forme vibrionienne achevée Il résulte, aussi, du fait que les microzymas atmosphériques sont les restes anatomiques vivants desetres
COAGDLATION DD LAIT
disparus, qu’il n’est pas exact de dire que ce qu’on appelle les germes de l’air de la panspermie restreinte proviennent de parents semblables à eux-mêmes, puis qu’ils proviennent d’organismes divers dont ils n’étaient que les éléments anatomiques fondamentaux. . 1 • J
On s’est étonné que les microzymas géologiques des roches aient conservé la vie avec les aptitudes chimiques et la faculté d’évoluer pour devenir vibrioniens, et en outre, qu’il puisse exister une telle diversité de microzymas. Mais tout s’explique quand on conpdère que le microzyma est l’atome vivant per se de l’organisation et de la physiologie. C’est parce qu’il est cela qu’il est ce qui, avec le concours de l’oxygène, opéré le retour des principes immédiats du cadavre à 1 état minéral et qu’il est lui-même physiologiquement indestructible, quoique sa substance soit composée de principes immédiats analogues à ceux de l’être, ou de l’organe, dont il est issu. Et cela est rationnel ; le microzyma étant ce qui opère la destruction des principes immédiats qu’il mettait en œuvre pour opérer l’organisation, ne saurait se détruire lui-même. Quant à la multiplicité des changements qu'il peut, subir et des fonctions qu’il peut acquérir, c’est encore une conséquence de ce qu'il est atome, pouvant changer sans cesser d’ètre le même. L’atome de tél ou tel corps simple — l’oxygène, le phosphore, le soufre, le carbone surtout — se manifeste dans la inatiere avec des propriétés si différentes qu’on dirait autant de corps différents, si l’on ne savait qu’ils sont substantiellement identiques.
Et maintenant que? tout cela est démontre, verdie, je veux présenter un dernier argument : on
admet sans cela oh ne pourrait rien comprendre
à l’organisation et à la vie — que, sous le nom de protoplasma, un amas non morphologiquement défini de principes immédiats est primitivement vivant, répudiant ainsi le principe même de la doctrine de Bichat. Est-il donc plus difficile de croire au microzyma, être réellement concret et agissant individuellement — ce que Ton n’a jamais prouvé du protoplasma, si bien qu’il suffît de brouiller un œuf
164 COAGDLATION DU LAIT
dans sa coquille pour l’empêcher de donner le poulet — qu’à ce protoplasma?
Mais si l’on sait retrouver les microzymas sous le nom de micrococcus, les disant venir des germes de l’air dans les humeurs, dans certaines glandes, dans le vaccin, à quoi le doit-on, si ce n’est à la découverte de ces mêmes microzymas?
J’aurais maintenant à considérer l’influence des antiseptiques sur les microzymas dans les éléments anatomiques communs ; sur les microzymas isolés des tissus pendant que ces tissus sont vivants, sur les microzymas des poussières atmosphériques, voire leur influence sur la conservation des éléments anatomiques dans l’être vivant; mais le temps et l’espace me manquent J’ai l’assurance que je pourrai faire de ces questions une nouvelle communication.
Je termine en résumant, dans les conclusions suivantes,' l’ensemhle de cette longue exposition :