‹ Microzymas et microbesChapitre 54 sur 86 · Bulletin, 26 avril 1892, p · texte numérisé non relu

Bulletin, 26 avril 1892, p

LA PLEURÉSIE

cela, que l’épanchement soit purement séro-fibrineux ou qu’il soit purulent, je ne suis pas moins convaincu que la pleurésie est une maladie physiologique et que l'épanchement dépend surtout de la façon dont la séreuse est affectée. Sans donc nier aucun des faits qu’on lui oppose, j’affirme et je crois pouvoir démontrer que la théorie physiologique est l’expression la plus rigoureuse de la réalité expérimentale.

Je sais bien qu’il est dangereux pour moi d’être ainsi en désaccord avec un clinicien aussi éminent et savant que M. Germain Sée, lorsqu’il assure que « l’on sait aujourd’hui que le froid n’est qu’un stimulant imprimé dans certaines conditions à un microbe et qu’on est à peu près d’accord pour admettre le rhumatisme aigu comme d’ordre microbique. 11 en résulte que la pleurésie est une, c’est-à-dire une ma- . ladie bactérique (1).... »

Et il n’est pas moins dangereux de penser autrement qu’un autre clinicien non moins éminent et savant, M. Jaccoud, lorsque, à propos de deux cas de pneumonie aiguë survenue après refroidissement, il a assuré que « l’organisme humain porte constamment en lui des microbes en grand nombre, de bien des espèces différentes; tant que son fonctionnement est normal, il est pour eux un milieu hostile qui en prévient les effets nuisibles ; mais vienne une perturbation qui altère le fonctionnement physiologique, le milieu hostile devient un milieu favorable, et l’organisme troublé est livré sans résistance efficace à l’activité de ses propres microbes, dont il tolérait naguère la présence sans en être impressionné (2). »

Pour le moment, je fais remarquer seulement que si M. G. Sée conçoit l’influence du froid comme produisant la maladie par son action stimulante sur le microbe, M. Jaccoud, au contraire, conçoit cette influence comme s’exerçant sur le milieu organique pour procurer l’activité du même microbe et la maladie.

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