Bulletin de V Académie, 5 avril
PLEURÉSIE
fond avec celle de cet organisme même. Je répète que les microzymas sont dans l’œuf dès l’ovule ou lueine de ce qui sera l’ovule. Et nous avons expérimentalement établi que dans l’œuf fécondé de la poule, pendant le développement embryonnaire, tout, au sens physiologique et histologique, est l’œuvre des microzymas, sans lesquels l’être en puissance qui est dans l’œuf ne se développerait pas et serait dans toutes ses parties, pendant le développement embryonnaire, le fruit de la génération spontanée, puisque le yitellus ne contient primitivement, en réalité ne contient au moment où commence l’incubation, aucune des cellules, aucun des tissus, qui apparaissent d abord a l’état de cellules embryonnaires, pour s’achever peu a peu et devenir les tissus et les cellules que nous connaissons dans l’être achevé. Oui, sans les microzymas cet être serait le produit de la génération spontanée, puisque, en fait, l’on admet que le tout de 1 organisation vivante dérive du protoplasma, lequel a été conçu comme formé uniquement de principes immédiats, c’est-à-dire comme une masse non morphologiquement définie, ainsi que s’exprimait Cl, Bernard luimême, mais seulement chimiquernent ou du moins physico-chimiquement. Et si j’insiste sur ce sujet, c’est précisément parce que cette conception incomplète du protoplasma est ce qui empêche de voir dans le microzyma l’élément anatomique fondamental, sans lequel les autres ne seraient pas. Eh bien il ny a pas de protoplasma dans l’ovule sans les microzymas. Comment ce qui existe toujours, sans quoi il faudrait réputer l’être vivant spontanément ne, ne serait-il pas nécessaire, mais un pur accident?
Le microzyma existe donc dans l’organisme avant la cellule, avant les tissus et les organes et ils s y retrouvent ensuite pendant toutes les périodes de son existence. Mais il ne faudrait pas croire que, morphologiquement identiques, ils soient aussi identiques fonctionnellement.
En fait, il y a à considérer les microzymas viteliins, les microzymas de l’embryon, ceux du fœtus et ceux de l’être achevé. On peut même dire que si 1 on a du distinguer les cellules embryonnaires des cellules
PLEUBÉSIE
adultes, il faut distinguer de même les microzymas vitellins des microzymas embryonnaires et ceux-ci des microzymas adultes. Dans un travail considérable, accompli sous nos yeux, Estor et moi, M. le D"' J. Béchamp a démontré (1) que les microzymas, aux divers âges, dans divers centres d’organisation chez le même être, ne sont pas fonctionnellement identiques dans l’état fœtal à ses diverses périodes, au moment de la naissance et après. Par. exemple, les microzymas du pancréas fœtal ne possèdent pas les fonctions chimiques qu’ils posséderont dans le pancréas au moment de la naissance et surtout plus tard. 11 a trouvé aussi que l’aptitude des microzymas à évoluer, pour devenir bactéries n’est pas non plus la même dans le fœtus et dans l’adulte. Bref, il y a pour le microzyma une évolution fonctionnelle parallèle au développement de l’organisation anatomique.
Tous ces faits m’ont porté à considérer que les microzymas d’un animal donné, dans cet animal les microzymas d’un organe et d’un tissu donnés — en considérant le sang lui-même comme un tissu — non seulement ne sont pas identiques entre eux, mais à plus forte raison ne sont pas identiques à ceux des organes et tissus d’un autre animal d’espèce différente. J’ai même été plus loin et, m’en tenant à l’homme, j’ai considéré qu’il n’y a pas identité, non pas seulement à tous les âges, mais que chez deux personnes du même âge, il pouvait exister quelque différence de propriétés dans les microzymas d’un même tissu dans un organe.
Ces considérations, ces faits, ces notions, à mes' yeux importants, me paraissent pouvoir éclairer d’une singulière clarté les obscurités de cette discussion.
Il faut d’abord retenir que M. Jaccoud admet que « l’organisme humain porte constamment en lui des microbes en grand nombre, de bien des espèces différentes. » Si les microbes dont parle M. Jaccoud sont les microzymas, l’éminent clinicien a raison, mais ce n’est pas assez dire; si, au contraire, ces microbes sont des étrangers, des parasites dans l’or-