‹ Microzymas et microbesChapitre 67 sur 86 · Bulletin de l'Académie, 3 mai 1892, p · texte numérisé non relu

Bulletin de l'Académie, 3 mai 1892, p

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crozymas, pendant le développement des êtres, évoluaient fonctionnellement, parallèlement au développement des tissus et des organes. C’est là un fait considérable qui empêche absolument- de rapprocher les microzymas des coccus ou micrococcus de Hallier d’iéna, qui né sont que de vulgaires conidies de champignons. On conçoit donc que les microzymas ne sont pas nécessairement identiques, comme je l’ai montré pour les microzymas salivaires, dans tous les êtres de la même classe, du même genre et de la même espèce. Cette théorie m’a servi depuis longtemps à comprendre pourquoi certains moutons d’Afrique, adultes, sont réfractaires à l’inoculation du charbon, tandis que dans le jeune âge, les agneaux de la même espèce ne le sont pas. Et M. Trasbot, dans sa magistrale étude ne nous a-t-il pas cité des animaux qui sont réfractaires à l’inoculation de la tuberculose? Qu'est-ce à dire? Le voici :

Selon moi, de même qu’il y a pour le microzyma une évolution fonctionnelle depuis l’état du microzyma vitellin jusqu’à l’âge adulte et dans l’être adulte, pour reproduire l’ovule qui deviendra l’œuf fécondé, une évolution en sens inverse qui ramène le microzyma adulte à l’état vitellin, il y a pour les microz'vmas à tous les âges une évolution morbide, provoquée, qui produit la maladie de nous en nous.

Ainsi l’inflammation n’est pas due seulement à un afflux plus considérable de sang dans les capillaires, c’est en même temps la nouvelle manière d’être, l’hyperactivité chimique et physiologique, non seulement des microzymas du sang dans les capillaires, mais dans les cellules et les éléments anatomiques divers du tissu enflammé. Cette hyperactivité, dans la théorie de Küss. est la cause delà prolifération exagérée de l’épithélium des alvéoles pulmonaires, de la destruction de l’épithélium accumulé qui en résulte et de la morbidité acquise du microzyma dans le tubercule résultant du processus inflammatoire.

Pour moi, je suis porté à penser que puisqu’il y a une différence physiologique dans les microzymas d’animaux d’espèces différentes, il y a aussi une différence dans les microzymas d’adultes selon l’âge,

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selon le tempérament, selon les diathèses. Peut-être un jour la science sera assez avancée pour spécifier ces différences comme j’ai spécifié les différences qui existent entre les microzymas du foie, du pancréas, des glandes gastriques, du sang, de la matière nerveuse, etc., et M. J. Béchamp les différences aux divers âges. . . .

On peut donc soutenir que les microzymas des animaux, dans certaines conditions anormales de leur vie, peuvent subir une évolution morbide déterminée qui' produit la tuberculose, le charbon, le choléra, la fièvre typhoïde, le tétanos et qu’ils peuvent transmettre aux microzymas correspondants par évolution ou par contagion.

En généralisant l’observation relative au mouton d’Afrique concernant le sang de rate et celle de M. Trasbot sur l’impossibilité de communiquer la tuberculose dans certaines conditions à certains animaux, ne peut-on pas dire que l’inoculation de la tuberculose, par exemple, n’est possible que chez les individus dont les microzymas peuvent naturellement subir cette évolution morbide ou qui se sont mis dans le cas de rendre leurs microzymas du tissu approprié susceptibles de la subir? comme lorsque, pour faire réussir certaines inoculations, on refroidit la poule en la plongeant dans l’eau froide et réchauffe la grenouille en l’obligeant de vivre dans l’eau chaude? . , . i

Quoi qu’il en soit de ces consiilcrations, dont plusieurs ont la valeur de faits acquis, elles s’expliquent, dans la théorie du microzyma, du moins à mes yeux, par la différence fonctionnelle acquise des microzvmas; différence qui résulte de ce que j’ai appelé le changement de fonction ; char.gement qui s’accomplit pendant le développement de l’être ab ovo et dans la matière issue de cet être ou dans le cadavre apres la mort pour produire certaines transformations qui ne s’accomplissaient pas pendant la vie. Dans tous les cas, elles font comprendre que M. Peter ait pu dire très scientifiquement, qu’en traitant une pleuresie il soigne surtout le pleurétique. Mais M. Trasbot n a-til pas indiqué quelque différence entre le cheval rus-

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tique et le cheval de luxe, même relativement à la pleurésie ?

Si l’on se pénétrait bien de cette notion d’èxpérience, que le microzyma est l’élément anatomique autonomiquement vivant, on se rendrait aisément compte de toutes ces différences et on comprendrait que c’est lui qui, par un nouveau changement de fonctions surajouté, peut devenir morbide, produire la maladie et, dans certains cas, la transmettre ; et cette morbidité spéciale acquise, le microzyma peut la perdre pour en acquérir une nouvelle, comme il arrive dans l’expérience célèbre de Davaine, où le sang de rate, après la putréfaction ou peu de temps après la mort du mouton charbonneux, au lieu du charbon ne détermine plus qu’une septicémie. De même la guérison n’est que le retour des microzymas à leurs fonctions psychologiques normales.

En attendant, il est certainement acquis que lorsqu’on examine à temps la sérosité de la pleurésie séro-fibrineuse on n’y découvre non seulement aucune bactérie, aucune forme vibrionienne, mais, d’après M. E. Lévy, cité par M. Germain Sée, aucun microorganisme ; de plus ce serait le cas le plus fréquent. Aucun microorganisme! Mais alors ces pleurésies-là ne sont point microbiques ! Et voilà triomphante l’opinion que je soutiens avec M. Peter, M. A. Guérin, etc. Mais n’y existait-il pas des microzymas?

J’ai été très frappé de cette assertion qu’il existerait des pleurésies séro-fibrineuses sans microorganismes. Je suis assuré qu’elles n’étaient pas sans microzymas: Pour le prouver et achever de démontrer que la pleurésie naît de nous, en nous, sans aucun microbe classique, je suis obligé de traiter une question très délicate de chimie physiologique, aussi importante que délicate; je veux parler de la question concernant la nature de la fibrine des épanchements séro-fibrineux et, comme suite à cette étude, de la nature des matières albuminoïdes de la sérosité pleurétique.

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SDK LA FIBRINE DE LA PLEURÉSIE SERO-FIBRINEUSE COMPARÉE A LA FIBRINE DU SANG ET LA VÉRITABLE ORIfilNB DES MIGROZYMAS PLEURÉTIQUES.

Il est difficile de savoir si les microzymas des épanchements pleurétiques sont fournis par le sang, par la plèv're elle-mênae ou par le poumon. Mais quelle qu’en soit l’origine, il importe grandement de savoir si la fibrine des épanchements est ou non identique à la fibrine du sang. De celte recherche^ découlera la preuve que, dans les pleurésies sans microorganismes, il y avait des microzymas.

Il faut d’abord exactement connaître la fibrine^ du sang. Cette substance était regardée, si elle ne l’est encore par quelques-uns, comme un principe immédiat par les chimistes et, d’après eux, par les physiologistes. C’était une erreur, et je demande pardon à l’Académie d’introduire ici, pour la redresser, une étude très particulière de chimie physiologique.

Non, la fibrine n’est pasun principe immédiat; elle est une fausse membrane à microzymas, les inicrozymas du sang. Bien que le fait ait été depuis longtemps démontré, il est encore peu connu et il mérite beaucoup de l’être, parce que, à lui seul, il peut faire changer bien des idées. ^

On démontre de deux manières que la fibrine n est pas un principe immédiat.

La première est celle que nous avons appliquée. Ester et moi.

Pour préparer la fibrine destinée aux expériences, nous prenions la précaution de recevoir soit le sang artériel, soit le mélange de sang veineux et artériel, dans un peu d’eau bouillie créosotée contenue dans un vase stérilisé, où il était battu avec un balai métallique également stérilisé. Aussitôt que par le battage la

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fibrine était séparée, elle était lavée à l’eau distillée créosotée; lorsqu’elle était parfaitement blanche et, par suite, privée absolument de sang, on 1 introduisait dans l’empois de fécule préparé à l’ébullition et creosoté; dans du même empois, additionné de carbonate • de chaux pur, préparé dans les liqueurs bouilLantes créosotées ; dans de l’eau sucrée bouillie et créosotée. Les fioles étaient alors hermétiquement closes et mises à l’étuve à la température de 23 à 35 degrés. L’empois est plus ou moins rapidement fluidifié; après 5 à 6 heures, 12 à 24 ou 36 heures au plus. La presence du carbonate de chaux n’a d’autre effet, en général, que de hâter la fluidification et l’apparition des phé;

nomènes'histologiques dont je vais parler. ,

Lorsqu’on examine à temps l’empois fluidifie, on n’y découvre généralement pas d’autre forme organisée que des microzymas; mais, invariablernent, après48 à 96 heures, la fluidification de l’empois étant complètement achevée, on découvre toutes, les formes évolutives du microzyma, depuis le microzyma associé en 8 de chiffre, des chapelets de 6 jusqu àl2 et

13 grains et surtout des bactéries achevées.

Dans l’eaii sucrée, l’évolution des microzymas de la fibrine est plus lente que dans l’empois. Et, pour ôter tout prétexte à des objections, supposant que peut-être les microzymas de la fibrine du sang pourraient supporter pendant quelques instants l’action d’une température de 100 degrés, la fibrine préparée avec les mêmes soins que ci-dessus est introduite dans l’eau bouillante et, après avoir subi l’impression de la chaleur pendant quelques minutes, elle en est retiree pour être mise dans l’empois créosoté additionné de carbonate de chaux pur, encore bouillant. L’appareil fermé est mis à l’étuve. La liquéfaction, ne commence que le surlendemain ; le 3” jour, l’empois est encore légèrement visqueux, mais le 3“ jour, on y découvre déjà des bactéries achevées et des chapelets de micro-

^^raToute que quelquefois la fibrine se désagrège et disparaît dans l’empois ; que d’autrefois les bactéries apparaissent sans qu’elle se désagrège. La fibrine qui a été. bouillie pendant peu de temps et laisse encore

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apparaître des bactéries, ne se désagrège plus; enfin, lorsqu’elle a subi l’ébullition dans l’eau plus de cinq minutes, non seulement elle n’opère plus la fluidification de l'empois, mais elle ne laisse plus apparaître de bactéries : les microzymas ont été tués.

La fibrine n’est donc point un principe immédiat, puisqu’elle fluidifie l’empois malgré son insolubilité absolue ; si elle le fluidifie, c’est précisément qu’elle contient les microzymas qui sécrètent la zymase nécessaire à cette fluidification; et ces microzymas sont vivants, puisqu’ils peuvent évoluer pour devenir

La seconde manière est celle que j ai appliquée en vue d’obtenir les microzymas de la fibrine isolés pour les étudier en eux-mêmes, tels qu’ils y existent avant toute évolution. . ... ,

La fibrine préparée avec les soins indiques est introduite, fraîche, dans vingt àtrente fois son volume d’acide chlorhydrique étendu à deux millièmes et phéniqué à une ou deux gouttes par 100 centimètres cubes de liquide. La masse de la fibrine se gonfle d’abord et devient diaphane, mais ne se dissout pas; il faut le séjour prolongé à l’étuve, à 40 degres de température, pour que la dissolution s’opère lentement, après quelques jours, suivant la masse en expérience. Mais la dissolution n’est jamais complète, comme léserait celle d’un principe immédiat ; le liqui de est tou] ours trouble, laissant peu à peu déposer une matière insoluble qui est recueillie sur un filtre, lavée à 1 acide chlorhydrique à 2 millièmes et enfin à l’eau distillée créosotée. Au microscope la matière insoluble se résout en une infinité de granulations moléculaires d’une ténuité extrême : ce sont les microzymas fibrineux ou plus exactement les microzymas qui existaient libres dans le sang, lesquels, avec les microzymas pancréatiques, sont parmi les plus petits. La fibrine fraîche en donne environ 1 gramme pour 1.000 grammes. . , . , , ni, • t- ■

Voilà les microzymas du sang isoles de la fibrine . J ai l’obligation de démontrer que la fibrine leur doit la propriété de fluidifier l’em.pois, de donner des bactéries et surtout de décomposer l’eau oxygénée.

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1° Les microzymas isolés de 60 grammes de fibrine de chien, récente et humide, préparés comme ci-dessus (environ un décigramme humides, en pâte) ont été introduits dans 50 centimètres cubes d’empois. A l’étuve, 45 à 50 degrés, l’empois était complètement liquéfié après seize heures. Peu après la liquéfaction achevée, les microzymas étaient devenus microzymas en chapelets et bactéries.

Si on fait bouillir ces microzymas avec de l’eau pendant quelques minutes, ils ne fluidifient plus l’empois et n’évoluent plus : ils sont tués ;

2“ On sait, depuis Thénard, que la fibrine décompose l’eau oxygénée et en dégage l’oxygène, mais très lentement.

Eh bien, les microzymas isolés de la fibrine décomposent aussi l’eau oxygénée, mais avec une énergie incomparablement plus grande.

Et de même que la fibrine bouillie rie décompose plus l’eau oxygénée, les microzymas fibrineux bouillis ne la décomposent pas non plus.

11 convient d’ajouter que l’ébullition n’altère pas la forme de ces microzymas.

Et ces microzymas, indépendamment de leur forme, présentent la constitution d’un organisme : ils sont composés, à l’état humide et essorés, en centièmes :

Matière organique azotée . 13,583

Matières minérales (cendres) . 0,384

Eau . 89,063

Et ces microzymas desséchés et lavés à l’éther, décomposent encore l’eau oxygénée. Mais conservés longtemps au contact de l’air, il finissent par ne plus la décomposer.

Telles sont les preuves que la fibrine n’est point un principe immédiat, Il convient d’ajouter, pour que la démonstration ne laisse rien à désirer, que ces preuves sont corroborées par les nouveaux faits suivants. J’âi dit que la fibrine fraîche, essorée, fournissait environ

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le millième de son poids de microzymas frais, essorés; tout le reste de sa substance se trouve en dissolution dans l’acide chlorhydrique et en peut être reprécipjté par l’ammoniaque ; or, ce précipité, qui est une matière albuminoïde que j’ai appelée fibrinine, qui représente la plus grande partie de la fibrine, ni ne fluidifie • l’empois, ni ne décompose l’eau oxygénée.

Mais ce n’est pas tout. La fibrine, disais-je plus haut, se désagrège quelquefois dans l’empois, à mesure que s’accomplit l’évolution vibrionienne de , ses microzymas. Nous avons cherché la signification de ce fait qui nous paraissait surprenant ; puisque d’autres fois elle ne se désagrège point, pourquoi la désagrégation survient-elle dans certains cas? Eh bien, c’est la fibrine des animaux très jeunes qui se désagrège dans les conditions de nos expériences. L’apparence même de la fibrine des animaux très jeunes n’est pas celle des mêmes animaux adultes : la petite quantité de fibrine, fournie par un petit chat de trois à quatre jours, se présenta au microscope sous la forme de petits lambeaux minces et transparents dans lesquels sous un grossissement suffisant, on pouvait distinguer les iriicrozymas. Bref, non seulement^ la fibrine n’est pas un principe immédiat, mais elle n’est pas identiquement la même à tous les âges et dans toutes les situations physiologiques et pathologiques; et cela vient à l’appui de ce que je disais qu’il fallait avoir égard à l’âge, aux tempéraments, etc., des malades que r O n traite . , , .

Je ne peux pas tout dire ici ; je renvoie donc au livre sur les Microzymas où la question a été traitée en détail (1). Mais ce que je dirai encore, c’est qu’autrefois les plus grands médecins ou observateurs s’occupaient beaucoup de la fibrine : Magendie, Marchai (de Calvi), Corne, Ch. Robin, Cl. Bernard, pour nepar- 1er que de ceux-là. A mon avis, l’étude de ce que fon appelait la couenne inflammatoire a été trop négligée; elle mérite d’être reprise à la luinière de la théorie expérimentale que je viens d esquisser.

1 Les Microzymas dans Leurs rapports avec l tietér physiologie et la pathologie. J.-B. Baillière et fils, 1883.

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Maintenant nous avons les éléments nécessaires pour répondre à cette question :

La fibrine des épanchements pleurétiques est-elle la même que celle du sang ?

L’étude dont je vais rendre compte remonte à 1873, elle est contemporaine de nos expériences destinées à fonder la théorie du microzyma et elle a été faite, sous nos yeux, avec les plus grands soins parM, J. Birot d’abord et ensuite par M. J. Béchamp.

M. le D” J. Birot, de Lyon, a surtout étudié le liquide d’une ascite, observée aussitôt après la ponction. C’était le 3 avril 1873, la température étant chaude, â Montpellier.

Le liquide était citrin, limpide: au microscope quelques leucocytes et des microzymas. On en fait deux parts égales; l’une est soigneusement filtrée pour en éloigner les microzymas et les leucocytes.

Les deux parties sont placées l’une à côté de l’autre dans deux cristallisoirs recouverts' d’une simple feuille de papier.

Sérosité non filtrée. Deux jours après, elle s’est prise en masse, une fausse membrane ou couenne, occupe tout le cristallisoir. Aucune mauvaise odeur.

Sérosité filtrée. Deux jours après, et les jours suivants, pas trace de coagulation, aucune fausse membrane, aucune mauvaise odeur.

Examen de la couenne de l’ascite. Étant séparée du liquide elle est soumise à l’examen microscopique : elle est constituée par une trame fibreuse, granuleuse, englobant des leucocytes. Dans le liquide ambiant on ne trouve plus que quelques microzymas.

La conclusion de l’auteur, c’est que les microzymas du liquide non filtré sont la cause de la coagulation et de la formation de la couenne. Les germes de l’air n’y sont pour rien, puisque la partie filtrée n’a donné ni couenne, ni autre coagulum.

Évolution des microzymas de la couenne. Quelques fragments de couenne sont introduits dans l’empois d’amidon créosoté. En vingt-quatre heures l’empois était liquéfié. Au microscope on ne découvre plus que de rares microzymas non évolués mais beaucoup de microzymas associés deux à deux et en cha-

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pelet, des bactéries et des bactéridies. La fibrine a disparu. Pas trace de glucose formé. Quelques jours après les bactéridies avaient augmenté de nombre et de longueur; quelques-unes deviennent toruleuses (1).

Voici maintenant les recherches du D'' J. Béchamp sur la fibrine des pleurésies aiguës. Elles confirment et complètent celles du ü'' J. Birot.

M. J. Béchamp a fait la remarque suivante : quand il s’agit d’une pleurésie inflammatoire aigue, le liquide, limpide au sortir de la cavité pleurale , abandonné au repos se trouble bientôt et ne tarde pas à se prendre en masse ; c’est la fibrine qui se sépare. Mais tandis que pour le sang la séparation de la fibrine est rapide et complète, pour les liquides d’épanchements, au contraire, elle est lente et peut exiger quelquefois trente-six heures et davantage ; et si on sépare la couenne qui s’est formée d’abord , il s’enferme une nouvelle quantité au bout de quelques heures; observation importante quand il s’agit du dosage.

La fibrine de la sérosité pleurétique a d’ailleurs la même apparence que celle de la sérosité ascitique. Au microscope, l’aspect paraît le même que celui de la fibrine du sang : tractus fibreux au milieu d’une masse finement granuleuse. Dans l'empois, les phénomènes sont aussi les mêmes : liquéfaction et évolution des microzymas.

La fibrine pleurétique dégage l’oxygène de l’eau oxygénée, mais avec moins d’intensité que la fibrine du sang veineux et artériel.

Elle se dissout dans l’acide chlorhydrique à deux millièmes, mais autrement que celle du sang.

Il faut rappeler ici que la fibrine du sang d’animaux adultes, introduite dans l’acide chlorhydrique au titre indiqué s’y gonfle énormément, mais, à la température de 40°, la dissolution n’est opérée qu’au bout de quarante-huit heures et souvent davantage.

La fibrine pleurétique, les conditions étant d’ailleurs les mêmes, se dissout bien plus rapidement: la dissolution peut être opérée au bout de deux heures. De

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