Dr J. Birot. Thèses de Montpellier, n
plus, au lieu de se gonller dans l’acide chlorhydrique à deux millièmes, elle se réunit au fond du vase en une masse gommeuse, et il faut fréquemment agiter cette masse pour la remettre en contact avec 1 acide. La solution obtenue est certainement moins trouble que ia dissolution correspondante de la fibrine du sang normal; il va moins de microzymas, mais ceux-ci, étant séparés de la solution et bien lavés a l eau, décomposent l’eau oxygénée comme ceux de ta fibrine du sang.
La fibrine d’ascite se comporte exactement, a ces égards, comme la fibrine pleurétique.
Enfin, tandis que le pouvoir rotatoire, relatif a la teinte sensible, de la solution chlorhydrique de la fibrine du sang d’animaux adultes est de :
[aj = - 72“,S,
le pouvoir rotatoire des dissolutions chlorhydriques de fibrine d’ascite et de pleurésie est en moyenne de :
J’insterai plus loin sur les conséquences de 1 identité de nature des fibrines pleurétiques et ascitiques, et je conclus tout de suite que la fibrine pleuretic|ue contient des microzymas au meme titre que la fibrme du sang, lesquels microzymas de la fibrine physioloq o-ioue ne sont autres que les microzymas sanguins.
° Or MM. les docteurs J. Béchamp et J. Birot, comme Estor et moi, ayant constaté que la sérosité pleurétique, observée au microscope aussitôt que recueillie, c’est-à-dire au moment même où la thoracenthese est pratiquée, renferme toujours des microzyinas, il faut inclure qu’il n’y a pas de sérosité pleuretique sans ' microzymas, ou, pour employer les termes memes de M. Germain Sée, sans microorganismes, puisque les microzymas anatomiques sont des microorganismes au même titre que les cellules, lesquelles sont considérées par tous comme étant des éléments anatomiques.
1 J. Béchamp. muvelles recherches sur les Mumines normales et pathologiques. J.-B. Baillière et fils, 1887.
PLEURÉSIE
Pour expliquer comment M. E. Lévy a pu assurer que « dans la plupart des pleurésies séro-fibrineuses, l’exsudât était indemme de tout microorganisme, » on peut faire trois suppositions : ou bien il n’a pas vu les microzymas; ou les ayant vus, il ne les a pas regardés comme étant des microorganismes; ou bien il a observé la sérosité après la séparation de la coqenne. J’incline à penser que la troisième supposition est la vraie. En effet, quelle que soit l’explication de la formation de la couenne pleurétique, laquelle est l’œuvre des microzymas selon moi, il est certain que lorsque Ja fibrine est totalement séparée, on ne découvre plus que difficilement quelques microzymas dans la sérosité, de même qu’on n’en voit plus dans le sang après la séparation de la fibrine.
Reste maintenant à résoudre cette grave question : Ces microzymas, qui ne sont pas venus du dehors, d’où viennent-ils? du tissu de la plèvre, du poumon ou du sang?
La réponse que je vais faire mérite la plus grande attention, car elle tranche la question au moins en ce qui concerne l’origine atmosphérique des microzymas pleurétiques.
11 faut d’abord retenir que la fibrine pleurétique, quand on considère la façon dont elle se dissout dans l’acide chlorhydrique et le pouvoir rotatoire de la dissolution de sa substance albuminoïde dans cet acide, n’est point absolument identique à la fibrine du sang d’adultes.
Mais il faut retenir aussi que la fibrine pleurétique et ses microzymas isolés décomposent l’eau oxygénée de la même manière que la fibrine normale et ses microzymas.
En considérant cette action si remarquable des deux fibrines et de leurs microzymas sur l’eau oxygénée, on serait tenté d’admettre que les microzymas de la fibrine pleurétique viennent du sang. 11 est possible qu’ils en viennent exclusivement, selon le mécanisme qui, d’après M. A. Guérin, introduit leshématies dans le liquide épanché. Mais il y a dans la plèvre d’autres tissus que les réseaux des lymphatiques. Or, il y a quelques années, j’ai communiqué à l’Académie
une série d’expériences touchant la décomposition de l’eau oxvffénée par des microzymas de diverses orisines, desquelles il résulte que les microzymas du poumon et du foie décomposent l’eau oxygéne^e avec une intensité au moins égale à ceux du sang et de la fibrine (1). Je n’ai malheureusement pas étudie les microzymas du tissu propre de la plèvre (2). Mais ce dont je me suis assuré avec le plus grand soin, c est que les poussières du laboratoire où j expérimentais n’ exerçaient aucune action décomposante sur la meme eau oxygénée. .
Il y a donc incertitude concernant la .véritable origine anatomique des microzymas de l’épanchement pleurétique ; mais il faut exclure l’origme atniospherique de ces microzymas. Quoi qu il en soit, si la fibrine de la sérosité fibrineuse n’est pas identique a celle du sang, l’explication, dans le cas où ses microzymas viendraient des vaisseaux, il faut la chercher dans le fait que ces microzymas ont subi quelque changement fonctionnel d’ordre pathologique.
Il peut donc arriver, non pas, comme 1 assure M E Lévy, qu’il n’y a pas de micro- organismes dans certains épanchements pleurétiques, mais qu’on n y découvre que les microzymas simples, que Ion retrouve, quand on sait les y rechercher, dans la fibrine ou la couenne.
Mais dans d’autres cas on y peut découvrir ce que l’on a appelé diplocoque, staphylocoque, voire d autres formes vibrioniennes et des leucocytes ou globules de pus. Je n’ai pas eu l’occasion d etudier la pleurésie hémorrhagique. , , ■
Quelques mots seulement sur 1 origine de ces formes. On en fait autant d’espèces, leur supposant meme certains rôles. La théorie du microzyma prouve que ces formes diverses ne sont que les représentants des phases évolutives du microzyma, du même microzyma non évolué que l’on découvre dans la pleuresie
1 Bulletin de l'Académie, 2' série, t. XI, p. 693. ,,
2 Les microzymas de divers autres centres organiques décom-
rp.au oxvsénée avec une intensité moindre, oumcompara- Eent Zind7e"'que ceux-là; et ü y en a dont raction décomposante est nulle.
aiguë et plus tard dans la couenne : le diplocoque^ c’est le microzyma associé en 8 de chiflre ; le staphylocoque^ c’est le microzyma un peu allongé, comme le streptocoque n’est que le microzyma en 8 devenu chapelet d’un plus ou moins grand nombre de grains.
On ne sait encore rien des propriétés de ces formes évolutives des microzymas de là pleurésie et des leucocytes du pus relativement à leur action sur l’eau oxygénée; mais je sais que M. J. Béchamp s’est réservé de reprendre cette étude.
Mais quelque relation lie-t-elle les leucocytes de la pleurésie purulente aux microzymas?
Je remarque d’abord que M. E. Lévy, 1“ a noté « l’absence de micro-organismes dans les exsudais purulents, » absence qui, selon lui, témoigne d’un processus tuberculeux; 2” a noté aussi, que « la présence du staphylocoque pyogène ne permet pas d’affirmer qu’il va survenir du pus ; 3" a noté enfin « qu’il y a des empyèmes uniquement produits par ce même staphylocoque. >
Ainsi, d’une part, la présence du staphylocoque (le microzyma allongé) ne permet pas d’affirmer, que du pus apparaîtra dans l’épanchement et, d’autre part, le pus est uniquement produit par lui. Le microzyma allongé n’est pour rien dans la production du pus; le pus est exclusivement l’œuvre des microzymas non encore évolués. L’expérience m’a appris, en effet, que si, dans un milieu devenu hétérogène pour leur fonctionnement normal, les microzymas subissent l’évolution vibrionienne, il y a des cas où ce milieu déterminant en quelque sorte leur retour à l’état embryonnaire, ils deviennent, en se groupant, facteurs de leucocytes ou de cellules. Mais cette démonstration m’entraînerait trop loin et je renvoie aux travaux où elle a été donnée (1). On pourra aussi consulter
d. A. Béo.hamp. Recherches sur la nature et l’origine des fermenis. Annales de chimie et de physique, 4« série, t. XXIII, p. 443, 1811.
A. Béchamp et A. Estor. Du rôle des microzymas pendant le développement embryonnaire. Comptes' rendus, t. LXXV, p. 962,
E. Grasset. Des phe'nomènes histologiques de l’inflammation. Gazette médicale de Paris, 1873.
5,44 LA PLKURÉSIE
avec fruit les recherches de M. Onimus sur la genèse des leucocytes (2).
Toutefois l’étude des épanchements pleuretiques permet de prendre sur le fait la relation qui lie les microzymas à l’apparition des leucocytes du pus, si bien que l’on peut dire que quand il ne se forme pas de couenne, il naît du pus. En effet, Ménu et apres lui M. J. Béchamp ont constaté que si dans la pieurésie aiguë la quantité de fibrine peut s élever jusqu’à plus de un gramme et demi par kilogramme d exsudât, la quantité diminue jusqu’à devenir nulle dans la pleurésie suppurée ; et l’absence de couenne dans ce cas est le plus fréquent (3). La cause en est que les microzymas qui servaient dans le premier cas à lormer la fibrine, servent à produire les leucocytes lorsque l’exsudât est purulent. Il serait intéressant de savoir si dans les pleurésies purulentes d emblee de l’enfance, citées par Sir West, il y a de la fibrine. Je suis porté à croire que non.
C’est ainsi que la formation de la couenne et du pus dans les épanchements pleurétiques, sont expliqués sans sortir de l’anatomie et de la physiologie (4).
E. Battus. Théorie du microzyma; Etude théorique et pratique de la pyogénèse. Theses f ’
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dance de la couenne pleurétique au nombre des microzymas évolués du liquide épanché. Je suis porté a croire que la Prf^enee des formes vibrioniennes de cette évolution marque une phase où la pleurésie va cesser d’être séro-fibrineuse oomine elle cesse de Têtre, généralement, quand le pus apparaît. Ce qui donne a cette manière de voir sa raison d’être, c est que dans le pus de bonne nature on voit rarement des microzymas Revenus vibrions, ce qui est d’accord avec certaines observations de M. A. Guerin. Dans ces cas-là les globules du pus, dans leur sérum, peuvent n etre entourés que de microzymas. C'est peu à peu que ceux-ci y subissent, l’évolution vibrionienne, ce qui n est pas le moins du monde, alors, Tlndice d’une morbidité particulière de ce pus.
11 Y aurait aussi un grand intérêt de rechercher pourquoi, selon ■ la remarque de Sir West, chez les enfants au-dessous de douze ans la purulence d’emblée se produit et, en outre, si alors ü se forme de la couenne. Mais si les choses se passent ainsi dans
LA PLEURÉSIE
Mais à la question de l’origine des microzymas de la fibrine et des leucocytes dans l’exsudatpleuretique, se rattache naturellement celle de la nature des albuminesde la sérosité épanchée. Ces albumines, ainsi que . cela est admis, sont-elles celles du sane? M. le D J. Birot, dans le travail cité, s’était déjà prononce pour la négative: M. le D' J. Béchamp a repris cette etude après Méhu et après M. Birot; il l’a complé ee en comparant non seulement ces albumines à celles du sang, mais à celles d’autres épanchements, notamment dans Pascite, la péricardite et 1 hydrocele.
LES MATIÈRES ALBUMINOÏDES DES ÉPANCHEMENTS COMPARÉES AUX ALBUMINOÏDES DE l’ ASCITE, DE I ET DE l’hydrocèle.
pleubétiques ,A PÉRICARDITE
Si la fibrine des épanchements pleurétiques qui en fournissent n’est pas identique à ^ ’
cela tient sans doute au changement de fonction des microzymas qui, de normaux sont devenus pathologiques. L’influence de ce changement de fonction ne Lvait-ilpas retentir aussi sur la matière albuminoïde
étude que je vais rapidement résumer mérite, au
l’enfance, n’est-ce pas parce que les microzymas y sont plus près
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fombre des cas. elle peut descendre jusqu à zéro.
LA PLECRÉS.1E
point de vue étiologique, la plus grande attention, car elle démontre que la séreuse où se produit l’épanchement intervient certainement par ses éléments anatomiques pour en modifier la substance albuminoïde.
M. J. Béchamp appliquant une nouvelle méthode d’analyse des liquides albumineux naturels ou pathologiques à l’analyse de la sérosité pleurétique après la séparation de la couenne, en a isolé six substances albuminoïdes à l’état de pureté, dont l’une est une zymase ou ferment soluble qu’il a nommé pleurozymase. Ges six substances, dont aucune n’est identique aux albumines et zymase du sang, ont été différenciées et caractérisées par leurs pouvoirs rotatoires et d’autres propriétés qui ne permettent pas de les confondre. Et chose très digne d’attention, les liquides pleurétiques, purulents ou non, renferment toujours les mêmes matières albuminoïdes et zymase. La seule différence notée, c’est que la pleurozymase existe en plus grande proportion relative dans les liquides pleurétiques purulents. •
Et l’auteur a tiré de son travail cette conclusion générale que, « la plèvre, dans l’état pathologique, a, au point de vue chimique, une fonction déterminée : elle transforme en albumines multiples, mais toujours identiques, les albumines du sang. »
Les liquides d’ascites les plus diverses : affection du foie, lésion cardiaque, péritonites localisées multiples avec fibrome de l’utérus, cirrhose atrophique, cirrhose hypertrophique, cancer du foie, cirrhose du foie, simple, ou de diverses ponctions, analysés suivant la, même méthode a fourni des résultats tout à fait comparables aux résultats des analyses pleurétiques.
Le péritoine, dit l’auteur, a donc, dans l’état pathologique, une fonction chimique déterminée : il transforme en matières albuminoïdes multiples et toujours identiques, celles qui se trouvent dans le sang. Et comme les albumines isolées des liquides épanchés dans le péritoine et dans la plèvre sont identiques, on peut dire que dans l’état pathologique, la fonction particulière des deux séreuses est du même ordre. C’est pourquoi M. J. Béchamp appelle orrodines les albumines communes aux deux ordres d’épanche-
PLEURÉSIE
ments et orrodozymase leur ferment soluble commun. Il y a pourtant une de ces albumines, celle qui a été nommée primorrodine, qui ne se trouve pas dans l’ascite.
L’analyse de la sérosité du péricarde, naturellement, n’a été faite que dans les liquides recueillis après la mort. Les causes de la mort étant les plus diverses, les albumines isolées ont toujours été les mêmes, caractérisées par leurs pouvoirs rotatoires et leurs autres propriétés, lesquelles n’étaient ni ceux des albumines du sang, ni de la pleurésie, ni de l’ascite. Le caractère particulier de ces albumines, qui paraissent être au nombre de trois, est de n’être pas coagulées par l’alcool, c’est-à-dire que le précipité par l'alcool, essoré, se retrouve soluble dans l’eau. Cependant dans trois cas la cause de la mort était la phtisie, dans les autres une apoplexie pulmonaire, ou' la mort après amputation, avec cancer du pylore, une insuffisance mitrale, une endocardite végétante, une péritonite suppurée, une insuffisance tricuspide et œdème généralisé.
Le péricarde se comporte donc, lui aussi comme une séreuse dont la fonction pathologique est toujours semblable à elle-même, quelle qu’en soit la cause déterminante.
Les analyses des liquides d’hydrocèles de la tunique vaginale, de causes diverses et à la suite de ponctions répétées, ont donné des résultats non moins intéressants. Dans un cas il s’agissait d’une dégénérescence sénile du testicule et de sept ponctions; dans un autre, d’une hydrocèle double survenue sans cause connue, chez un homme de 57 ans ; ou chez un homme de 33 ans à la suite d’une blennori'hagie; d’une hydrocèle survenuelentement sansétiologie appréciable; d'une hydrocèle simple et de deux ponctions ; d’une hydrocèlechez unhommedefiO ans survenue len einent après une tuméfaction croissante des parties génitales et enfin d’une hydrocèle d’un enfant de six mois. Lh bien, dans ces différents cas et dans les ponctions sucessives, on a toujours retrouvé les mêmes quatre albumines distinctes entre elles, différentes de celles de la pleurésie, de l’ascite et de la péricardite, et égale-
mPTit autres aue celles du sérum sanguin; si diffé-
Tl résulte donc de ces analyses que s il y l’A+nf
le même état, pour la séreuse ragiiiale et le pencarue,
rarement de la fibrine dans l’épanchement de ^un uL vaginale. M. J. Béchamp n’en a jamais obtenu e M. Méhu une seule fois 32 «ootigrammes par kilo-
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ments survenus dans les albumines du sang des exsuflats il n’est nécessaire d’invoquer aucune influence
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et le péritoine, les albumines modifiées par letac nalholomque sont les mêmes; sont-elles d espece différente —e le péricarde et la tunique vaginale les albumines modifiées sont dférentes aussi Et il arrive ainsi que les résultats analytiques de M- J Beehamn comme les plus anciens de Mehu et de M. J. Birot ^corroborent absolument la théorie generale de
■"l.Torut? détuontré léé propositions du pura-
1. J. Béchamp, JiouveUes rechevch^ sur les albumines normales, p. 100. J.-B. Bailliere et fils, 1887.