LA VÉRITABLE THÉORIE CHIMIQUE DE LA NUTRITION
La constitution des matières albuminoïdes, telle qu’elle découle de la thèse de 1856, expliqué la production des acides de la bile et du sucre dans le foie, celle de la taurine dans les fèces, de l’urée dans le sang et des autres composés azotés : l’acide urique, la créatine, la neurine, la xanthine, etc., et autres alcaloïdes divers avec l’acide hippurique, l’acide benzoïque, etc., que Ton peut retrouver dans l’urine. Elle explique l’apparition de la caséine, de la lactalbumme, de la galactozymase, du lactose et des matières extractives dans les laits à caséine et des autres albuminoïdes dans les laits sans caséine. Et la fonction des microzymas dans la glande mammaire de la femme explique la fonction toute particulière de la galactozymase du lait de femme. C’est par ces conséquences théoriques que la connaissance exacte des matières albuminoïdes physiologiques et de leur constitution chimique est intéressante et qu’elle mérite l’attention des expérimentateurs, des biologistes et des cliniciens.
Mais comment les aliments introduisent-ils tant de
LES albuminuries
substances albuminoïdes ^/verses dans un organisme animal, diverses pour certaines d entre elles dans üii
Apris favoisTer, J.-B. Dumas ayant considéré que les^^égétaux étaient le lieu où s’opère natarellement la svnthèse de la matière organique en général et des .,bJmi.o.de, jn P»tiç.Ue^
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le la’ctose de son lait, etc. . vous ne les y trouverez point.
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Quel est donc le véritable mécanisme chimique delà digestion et quels en sont les agents?
Il y a d’abord la digestion gastrique^ dans laquelle interviennent les matières solubles et organisées de la salive; les matières organiques et organisées de l’oesophage, et des glandes stomacales qui imprègnent l’aliment. Mais l’aliment n’apporte-t-il que la substance nutritive destinée à être digérée? En réalité il y apporte ses propres microzymas, lesquels peuvent n’avoir pas tous été tués par la cuisson. Voilà la digestion accomplie et accomplie dans un milieu acide. J’ajoute ceci : Estor et moi avons constaté sur le chien, ce que l’on ne savait pas, que des bactéries se développent dans l’estomac pendant le processus digestif; et j’ai trouvé des bactéries dans l’estomac de l’agneau qui tette, au milieu du lait caillé. Mais ce n’est pas fini.
L. Corvisart assurait que la digestion stomacale des albuminoïdes était le résultat d’une transformation achevée ét que les matériaux digérés ne subissaient plus aucun changement ultérieur dans l’intestin, disant que le suc pancréatique, par exemple, n’agissait que surles parties qui avaient échappé à Faction du suc gastrique. Il n’avait pas assez approfondi son sujet. En réalité, la digestion intestinale opère de nouvelles transformations de ce que l’on appelle peptone. Qu’est-ce que la peptone (l)?Ce mot ne répond à rien de défini. En réalité, le suc gastrique opère un certain dédoublement des matières albuminoïdes assez peu profond, un phénomène d’hydratation à peu près semblable à celui que la zythozymase fait subir au sucre de canne pour produire les deux glucoses dont j’ai parlé. Dans le dédoublement des albuminoïdes, les termes de la transformation sont encore albuminoïdes, mais différents selon l’espèce de matière albuminoïde digérée, sur quoi une explication est nécessaire.
Mialbe avait appelé albuminose le produit de la digestion gastrique de l'albumine et des albuminoïdes ; mais le nom n’a pas fait fortune ; il était clair, il était
1. Peptone, peptonisation, peptoniser : mots barbares que Littré n’a pas laissé passer dans son Dintionnaire de la langue française.
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français, on lui a préféré le mot étranger de peptone. Le mot de Mialhe était bon, appliqué à la digestion de l’albumine. Lorsque j’eus appris àdistinguer les espèces dans les mélanges albuminoïdes naturels, je m’assurai que la spécificité était reconnaissable jusque dans les produits de leur digestion (1). C’est pour cela que j’ai proposé de remplacer le mot de peptone par celui de Mialhe, qui lui est d’ailleurs antérieur, en conservant dans le mot nouveau le nom de La matière albuminoïde comme radical avec le suffixe ose employé par Mialhe ; en fait il y a des albuminoses qu’il faut nommer primovalbuniinoses secondovalbuminoses , comme il y aies caséinoses, les fibrinoses, les musculinoses, les osséinoses, etc. (2), puisque chacune des matières albuminoïdes spécifiquement définies donne des produits de dédoublement digestifs qui lui sont particuliers. ^
Cela posé, nous avons démontré, M. le D” J. Bechamp et moi, que la pancréazymase et les microzymas pancréatiques produisent avec les mêmes substances albuminoïdes des dédoublements tout autres; ce sont encore des phénomènes d’hydratation mais si des produits encore albuminoïdes prennent naissance, il se forme en même temps des termes de transformation plus profonde, la leucine, par exemple, et d autres corps cristallisables. Et je me suis convaincu ensuite que les albuminoses, caséinoses, fibrinoses, etc , de la digestion stomacale subissaient les memes transformations ou d’analogues par les microzymas pancréatiques et la pancréazymase.
Il y a donc une digestion pancréatique et intestinale qui succède à la digestion gastrique et stomacale ; et il faut noter que si la digestion stomacale s’accomplit dans un milieu acide, l’intestinale a lieu dans un milieu sensiblement alcalin, au niveau des surfaces du canal digestif, dans toute sa longueur.^
La digestion, ce premier acte de la nutrition, s accomplit ainsi par un organisme supposé sam, successivement dans un milieu acide et dans un milieu