‹ Microzymas et microbesChapitre 74 sur 86 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

les albuminoïdes,

LES ALBUMINURIES

alcalin. Mnis le suc résultat de la digestion ne contient pas que les produits transformés des aliments ; il en contient d’autres, dont certainement il faut tenir compte. La digestion stomacale a été accomplie dans l’estomac par le suc gastrique. Or, dans ce suc il y a la gastérase , qu’il ne faut pas confondre avec la pepsine des auteurs et des fabricants de ce produit commercial ; et outre la gastérase une matière albuminoïde particulière combinée, comme la gastérase elle-même, avec l’acide chlorhydrique ; mais à cette première digestion concourent toutes les zymases sécrétées par les cellules et les microzymas gastriques, peut-être aussi les microzymas des aliments et si l’on veut ceux de l’air et de la salive. De même dans la digestion intestinale interviennent les zymases et les microzymas non seulementdu pancréas, mais des glandes de l’intestin et des matières albuminoïdes spéciales qui accompagnent ces zymases et microzymas. Or ces zymases et albuminoïdes spéciales et les produits glandulaires, organiques et minéraux qui concourent à la production du suc digestif viennent de nous ; et ce n’est pas tout : de nous viennent aussi la bile et ses matériaux divers, parmi lesquels les sels des acides biliaires, glycocbolates, taurocholat.es, lesquels subissent aussi une'transformation dans l’intestin, ce dont témoigne la présence delà taurine dans les fèces avec les pigments biliaires, Telle est la composition de ce qui constitue en gros le suc digestif destiné à être absorbé. Oui tel est à peu près le bilan des digestions gastrique et intestinale en y comprenant les corps gras émulsionnés ou dédoublés, ainsi que cela résulte des recherches de Cl. Bernard et de M. Berthelot.

Tels sont les matériaux qui, absorbés, doivent, par l’assimilation, devenir de nouvelles matières albuminoïdes et autres dans l’organisme, pour réparer ses pertes et devenir de nouveaux tissus et cellules, en devenant semblables à chacune de ses parties. L'assimilation est donc le second acte de la nutrition. D’où il suit que, il faut bien le remarquer, puisque la digestion est essentiellement une suite de réactiom, chimiques de dédoublement, en réalité un phénomène d’analyse, l'assimilation, qui doit, avec les matériaux 16',

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de cette analyse, refaire les albuminoïdes des parties, est nécessairement un phénomène inverse, c’est-à-dire un phénomène de synthèse : et voilà comment l’animal dans l’assimilation, est à son tour un appareil de synthèse.

La digestion phénomène d’analyse qui s’accomplit au niveau des surfaces du canal digestif, est donc superficielle par rapport à l’organisme, s’accomplissant par lui hors de lui.

L' assimilation, de synthèse, au contraire,

s’accomplissant dans l’intérieur de l’organisme, au niveau des tissus, des cellules et des microzymas des tissus et même des humeurs par leurs cellules et leurs microzymas. est donc interstitielle.

Quant à la désassimilation, le troisième acte de la nutrition, elle s’accomplit dans la cellule et dans le microzyma, comme la destruction du glucose dans la fermentation alcoolique s’accomplit dans la levure.

Les choses étant ainsi^ on peut prouver que les deux actes si différents de la digestion et de l’assimilation ont pour cause des agents semblables, et, au fond, sont du même ordre physiologique, quoique chimiquement ai dissemblables.

La digestion est l’œuvre des zymases, lesquelles sont sécrétées par des cellules et dans ces cellules par les microzymas. Au point de vue physiologique le plus élevé, elle est donc l’œuvre des microzymas des tissus au niveau desquels elle s’acconaplit. La digestion n’a pas besoin doxygène et celui-ci n’y intervient pas.

L’assimilation, il faut comprendre qu’elle est l’œuvre d’autres zymases sécrétées par d’autres cellules et d’autres microzymas. Or, l'absorption a conduit les matériaux de la digestion, au contact de l’oxygène, dans le système circulatoire et lymphatique ainsi que dans toute la masse interstitielle au niveau des élémeiUs anatomiques. Mais, partout, ces matériaux, déjà plus ou moins modifiés, se trouvent au contact des cellnlos, des microzymas et des zymases que ces inicrozymas socrèLenl. l.es éléments anatomiques se trmivci'iL là, par rapport aux liquides qui les baignent, dauh la Iiièim; situation (jue la levure de bière dans sou milieu nutritif sucré, qui est ce qu’on appelle le

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milieu fermentescible. Or, au contact du sucre de canne, la cellule de levure de bière irritée sécrète la zymase qui opère la transformation du sucre de canne dans les glucoses dont j’ai parlé; ce glucose, elle l’absorbe, l’assimile, en fait une partie semblable à sa propre substance et désassimile le reste. Eh bien la zythozymase, lorsqu’elle opère la fixation de l’eau sur le sucre de canne et en opère le dédoublement, est à la fois zymase de synthèse et zymase d’analyse. De même, ce qu’on peut appeler la fermentation intérieure des produits de l’absorption, s’accomplit par les cellules et les microzymas. Ces produits ayant subi une élaboration nouvelle par la zymase sécrétée, la quelle est à la fois douée d’activité' synthétique, sont absorbés ; une partie devient semblable à la substance propre de la cellule, du microzyma, du tissu, et ces éléments anatomiques ayant accompli leur fonction, désassimilent le reste. Voilà comment l’assimilation est une synthèse accompagnée ou plutôt précédée de réactions nouvelles d’où résultent des corps nouveaux qui seront utilisés par d’autres cellules et d’autres microzymas, jusqu’à ce que les matériaux devenus inutiles soient rejetés au dehors.

Maintenant nous avons les éléments pour démontrer que l’albuminurie physiologique est à la fois rationnelle et nécessaire.

SUR LA MATIÈRE ALBOMINOÏDE-FERMENT, OU NÉFROZY5IASE, DE

l’urine humaine dans l’État normal

Dans les paragraphes précédents j'ai dit comment, contrairement à l’opinion deLiebig et des savants qui l’avaient adoptée, j’avais démontré que les ferments solubles, loin d’être des produits d’altération des matières albuminoïdes, étai ent eux-mêmes des matières

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albuminoïdes autonomes, formées dans l’organisme vivant comme résultat du phénomène complexe de la nutrition, au même titre que les autres principes immédiats des tissus et des humeurs, grâce à l’activité fonctionnelle chimique et physiologique des éléments anatomiques et surtout de l’élément anatomique fondamental qui est le microzyma.

J’ai dit aussi comment j’ai formé le mot zymase pour désigner génériquement les ferments solubles et pour les distinguer des ferments insolubles et figurés, organisés, que l’on confondait dans la même catégorie de substances, comme on distingue le fruit de l’arbre qui le produit et le porte. La nomenclature des zymases : zythozymase, anthozymase, pancréazymase, parotidozymase ou sialozymase, est donc aussi rationnelle que celle qui appelle pomme le fruit du pommier, fraise celui du fraisier, etc.

Cela posé, dans l’introduction du Mémoire sur /a matière albuminoïde- ferment de l’urine je disais déjà : « Il y a plusieurs zymases animales, comme il en existe plusieurs d’origine végétale. Le but fonctionnel des unes et des autres est de transformer isomériquement ou chimiquement les matières qui doivent servir à la nutrition. Le rein ne produit-il pas, lui aussi, une zymase que l’on peut espérer découvrir dans l’urine? Cette recherche m’a été suggérée par celles que j’ai exécutées sur les ferments solubles des végétaux et de certains produits pathologiques de l’homme (1). L’urine contient, effectivement, une matière albuminoïde-ferment, une zymase. C est à sa recherche, à l’étude de ses propriétés, de sa fonction et de son origine que ce travail est consacré. »

Des trois parties dont le Mémoire devait être composé les deux premières ; la recherche de la zymase rénale dans l’urine normale et dans l’urine pathologique, ont d’abord été seules publiées (2), La troi-

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