LES ALBUMINE RIES
de Millon la coloration rouge également caractéristique de la plupart des albuminoïdes. Et la partie soluble du précipité, évaporée, laisse un résidu qui, a l’incinération, répand la même odeur si spéciale ; i’aioute que cette dissolution ne coagule pas par la 'chaleur et donne avec le réactif de Millon un précipité floconneux qui, à chaud, et même lentement a froid, se colore en rouge. Pour essayer d’y découvrir d’autres réactions de certains albumines ou albuminoïdes solubles, je fis agir divers réactifs : le chlore, le tannin, l’acide picrique et le phénique, le bichlorure de mercure et le cyanure jaune ; il ne se tonna de précipité avec aucun, et M. J. Béchamp a reconnu depuis, qu’elle n’est pas non plus précipitée par 1 induré de mercure et de potassium en solution acide. Enfin je discutai spécialement si on pouvait confondre cette substance organique albuminoïde soit avec l’albuminose de Mialhe, soit avec la mucine ; elle resta spéciale même à cet égard; d’ailleurs, l’iirme, dans tous les essais, avait été filtrée et, par suite, le mucus et les microzymas ou autres éléments anatomiques avaient été écartés. ,
Démonstration que la matière albuminoïde- ferment de l'urine est fonctionnellement analogue à la diastase et à la sialozymase. — Il y avait quelque intérêt, même au point de vue physiologique, de comparer le nouveau ferment soluble à ceux de même fonction que l’on connaissait déjà et particulièrement à la diastase, à la pancréazymase, à la sialozymase et a l’anthozymase, lesquelles exercent tous une action si énergique sur la matière amylacée. Le ferment soluble de l’urine diffère d’abord de la diastase, de la diastase salivaire et de la pancréazymase en ce que, à poids égal, il agit moins vivement sur 1 empois et en ce que, comme elles, il n’a pas d’action sur le sucre de canne ; il diffère, en outre, de la pancréazvmase en ce qu’il ne possède pas la propriété de se colorer par le chlore. Il est distinct de l’anthozymase en ce que celle-ci agit à la fois sur l’empois et sur le sucre de canne. Quant à la zythozymase, qui intervertit le sucre de canne et qui fluidifie 1 empois sans le saccharifier, il en diffère aussi par son pouvoir
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rotatoire ; la zythozymase dévie à droite le plan de polarisation, le ferment soluble de Turine, la sialozymase, la diastase et la pancréazymase, au contraire, devient à gauche avec des intensités inégales. Ges caractères et ces différences méritaient bien un nom parliculier pour la matière albuminoïde-ferment de l’urine, un nom qui rappelât à la fois son origine et sa fonction : c’est néphrozymasé ou néfrozymase en adoptant pour ph. l’orthographe espagnole ou italienne.
Du dosage de la néfrozymase. — On sait, d’après ce que j’ai dit plus haut, d’accord avec M. le D' Combescure, que l’alcool ne coagule pas l’albumine du sérum et ne la précipite pas, à moins d’employer pour un volume de sérum trois volumes d’alcool à 90 degrés centésimaux; mais en même temps que cette albumine est précipitée, elle est aussi coagulée, c’est-à-dire rendue insoluble dans l’eau. Eh bien, la néfrozymase, qni est précipitée par l’alcool de même concentration, n’en est point coagulée puisque le précipité reste soluble dans l’eau. Mais il importait de s’assurer si quelque autre albumine n’était point précipitée en même temps, laquelle serait coagulée et resterait, imprégnant la partie insoluble, essentiellement minérale du précipité, dans le résidu du traitement par l’eau. Voici la réponse de l’expérience à cette qnestion.
520 centimètres cubes d’une urine récemment recueillie la nuit sont partagés en deux quantités de 260 centimètres cubes chacune. On les a séparément précipitées par le même alcool à 88 degrés cent, dont il a fallu pour chaque opération 600 centimètres cubes.
I. — Le précipité de l’une des opérations a été recueilli sur un filtre taré par un autre filtre du même papier et de même poids. Après lavage à l’alcool plus laible, comme il a été dit plus haut, le précipité a été-séché à lOü degrés sur le filtre. Le filtre, avec son contenu ayant été pesé, il a suffi de retrancher le poids du filtre taré pour connaître exactement le poids du précipité. Le filtre a été ensuite incinéré, dans un creuset de platine à la température du rouge sombre.
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On a obtenu les résultats suivants :
Poids du précipité séché à 100 degrés. 0 gr. 400
Cendres restées après l’incinération, déduction faite de celles du litre. 0 gr. 247
Matière organique albuminoïde. ... 0 gr. 153
En rapportant la quantité de matière albuminoïde à 1.000 d’urine, on trouve 0 gr.S88, soit environ 6 décigrammes par litre.
II. — Le précipité de l’autre opération, soumis au même lavage à l'alcool plus faible, étant bien égoutté, a été traité par l’eau distillée sur le filtre, les liqueurs filtrées ayant plusieurs fois été repassées sur le filtre, le lavage a été terminé, de telle façon que les premières liqueurs et les eaux de lavage mesuraient 80 centimètres cubes. Tout ce liquide a été évaporé dans une capsule de platine tarée et la dessication achevée à 100 degrés. Après la pesée, l’incinération et la nouvelle pesée, trouvé :
Matière albuminoïde soluble dans 260
centimètres cubesd’urine employée. 0 gr. 134
Matière albuminoïde soluble rapporté au litre . . 0 gr. 616
Ainsi, tandis que la matière albuminoïde[totale était de 0 gr.' 588 dans le précipité, elle ne s’est trouvée que de 0 gr. 516 dans la partie soluble ; l’écart, qui est de 0 gr. 072, est notable ; ce nombre représente à la fois ce que le lavage n’enlève pas au papier du filtre et ce que retient la portion insoluble du précipité. Or, cette portion insoluble qui- ne fluidifie pas l’empois, répand l’odeur de corne brûlée et noircit pendant l’incinération, en laissant pour résidu des cendres qui sont essentiellement un mélange de phosphate de chaux et de phosphate de magnésie. Cette matière albuminoïde est-elle de la séralbumine entraînée ? ce n’est pas probable, c’est plutôt quelque autre modification semblable à celle que nous retrouverons en étudiant la néfrozymase dans les urines pathologiques ; ou bien encore, c’est tout simplement un peu de néfrozymase retenue en combinaison avec la ma-
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tière minérale des cendres et par là rendue inactive ; mais il est plus probable que c’est une albumine analogue à celles qui accompagnent la sialozymase dans la salive buccale et la parotidienne ou la pancréazymase dans le suc pancréatique, et que l’alcool coagule et rend insoluble. Le rein serait donc, lui aussi, à sa manière, une glande salivaire comme on l’a dit du pancréas. Quoi qu’il en soit, j’ai admis cette dernière supposition et j’ai considéré, au point de vue de l’albuminurie, que la totalité de la matière organique donnée par l’incinération du précipité était de la néfrozymase. En agissant autrement, j’aurais compliqué le problème sans apporter plus de lumières dans le sujet.
Cependant il y avait dans cette manière de procéder une autre cause d’erreur à prévoir : l’alcool ne précipiterait-il pas, en même temps que la matière albumineuse, l’acide urique et les urates acides de l’urine? Je me suis directement assuré que cette crainte était vaine et que le précipité ne contenait aucune trace d acide urique et, en outre, par un dosage direct de l’acide urique dans l’urine avant et après la précipitation par l’alcool, j’a.i trouvé que tout l’acide urique se trouvait dans la liqueur et que le précipité n’en entraînait point.
Cela posé, je me suis demandé si la néfrozymase existe en quantité toujours la même, non seulement dans l’urine de la même,personne, mais de personnes différentes, selon le temps de la miction, selon le régime, selon le repos ou la fatigue, et enfin suivant l’âge, et le sexe; données qui, toutes importent à la physiologie et par conséquent à la pathologie.
Le tableau suivant renferme un certain nombre de ces dosages. Dans tous les cas rapportés il a été employé au moins trois volumes d’alcool à 90 degrés pour un volume d’urine. Dans chaque cas on s’assurait au préalable de l’absence d’albumine coagulable par la chaleur dans l’urine, que celle-ci était à réaction acide, exempte de sucre et possédait bien la propriété de fluidifier et saccharifier rapidement l’empois de fécule. J’y ai ajouté une colonne indiquant la quantité de matières minérales précipitées avec la
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néfrozymase. C’est que je n’avais pas pu m’empêc^r de remarquer qu’il paraissait exister une certaine, relation entre le chiffre de la néfrozymase et celiii des matières minérales, l’un croissant avec l’autre. Mais le nombre des observations augmenta,nt, je nai pas tardé à voir que les premières relations observées étaient fortuites et que l’espèce de loi que j’avais cru entrevoir ne reposait sur rien. La quantité de matières minérales ainsi précipitées varie même plus que celte de la néfrozymase. Ces matières, comme on le verra, «ont formées de sulfates et de phosphates et parussent être bien plus en relation avec le régime, ainsi que cela ressortira de deux autres tableaux.
Il convient de noter, relativement à l’exemple 4 du tableau, que l’urine de ce jeune homme, sous 1 influence de ses habitudes de vie ordinaire, contenait en moyenne 0 gr. 55 de matière albuminoïde-ferment par litre. Or, s’étant livré à un exercice violent etprolongé, ayant fait des armes jusqu’à éprouver une lassitude excessive, il arriva que, grâce à ce travail musculaire exagéré, la quantité de néfrozymase a doublé dans les vingt-quatre heures et pour 1 litrm Le lendemain, le régime restant le meme, ma,is apreo un repos musculaire presque absolu, le poids de a néfrozymase était tombé bien au-dessous de Ja moyenne pour l’urine des vingt-quaireheures et pour le litre. Et que l’on ne se figure pas que cette ditlerence tienne à la concentration plus grande de 1 urine, dans le cas de violent exercice corporel, non, car l’augmentation n’est pas seulement relative, elle est absolue, car on a : .
Volume de l’urine des vingt-quatre heures à la suite de fatigue : 1.020 centimètres cubes ; nelrozymase
°Volume^de l’u’rine des vingt-quatre heures à la suite durepos: 1.250 centimètres cubes; néfrozymase totale :
0 gr. 41.
Et cet exemple est encore intéressant en ce que cette urine, qui contenait 1 gr. 126 de matière albuminoïde-ferment, n’était point albumineuse dans le sens classique, non plus que celle qui en a fourni 3 gr. 95.
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Voici maintenant les deux tableaux des expériences auxquelles s’est soumis l'homme du n” 1 du tableau 1.
tableau il
Influence du régime animalisé sur la quantité de néfrozymase.