‹ Microzymas et microbesChapitre 82 sur 86 · LITRE · texte numérisé non relu

LITRE

gr.

gr.

gr.

gr-

Moyenne chez l’homme sain . . . .

Ü.dO

— chez la femme saine. . .

Grossesse en moyenne .

Erysipèle . Hommj.

Prurigo . . • —

Fièvre intermittente. ... —

Pneumonie . —

Rhumatisme articul. aigu. —

Hypertrophie du cœur. . . —

— du foie et de la rate. —

Coxalgie . —

Phtisie pulmonaire tub. . Femme.

■ — — . Homme,

Diathèse puruientc prim . . —

Albuminurie . —

Cystite aiguë . —

MyéUte . —

Chorée . —

Epilepsie . —

Hémiplégie . —

Paraplégie . —

Maladie indéterminée. . . —

La ma/fldieindéteminée du tableau, où la néfrozymase était augmentée, avait cela de particulier, que dans

LES ALBUMINURIES

Furine Furée était en quantité normale. L’augmetitation de la néfrozymase y était en relation avec les matières fixes, qui s’y élevaient à SI grammes par litre.

A ce tableau il faudrait joindre celui des variations de la néfrozymase chez les malades de l’asile d’aliénés de Montpellier atteints de paralysie générale. D’après la thèse du D' L. Leblond, la néfrozymase y est généralement très diminuée. Ce tableau est joint au Mémoire de 1865.

En résumé, il résulte de cet ensemble que l'étude sérieuse des albumines de l’urine pathologique est aussi intéressante que celle des variations de la néfrozymase qui les accompagne, soit qu’elle augmente ou diminue jusqu’au point de disparaître, comme cela arrive pour la maladie de Bright confirmée où l’on découvre dans le dépôt urinaire la preuve manifeste de quelque altération anatomique du rein.

Et n’est-il pas digue de remarque que dans la glucosurie diabétique, la néfrozymase augmente dans un certain rapport avec le sucre, diminuant quand celui-ci diminue, soit en valeur absolue ou en valeur relative ?

Il est donc démontré que, dans l’albuminurie physiologique, qu’on devrait appeler néfrozymasurie normale, même dans la grossesse où la néfrozymase est généralement augmentée, on ne découvre ni l’albumine du sérum, ni aucune des albumines des albuminuries pathologiques. Ces albumines, je les appelle pathologiques, et le fait que j’avais constaté en 1865 a d’abord été confirmé par le D'' J. Birot, qui, lui aussi, a reconnu dans les urines albumineuses, non pas une albumine unique, mais plusieurs (1), et ensuite par le D'’ J. Béchamp qui en a poussé l’étude beaucoup plus loin.

En terminant le Mémoire de 1865, je disais : « Tels sont, sans commentaires, les résultats que je livre aux méditations des médecins : si je ne me fais illusion, il y a là un chapitre intéressant à faire pour Fhistoire de plusieurs maladies. » Aujourd’hui, je

d. J. Birot. Essai sur les albumines pathologiques, in Thèses de Montpellier, 1874.

LES ALBUMINURIES

suis assuré de ne m’être pas illusionné, et j’ose dire que les faits de la présente communication méritaient d’être de nouveau signalés aux cliniciens. En suivant cette voie nouvelle, on arrivera enfin à la connaissance plus exacte des albuminuries, et, peut-être à mieux poser certains diagnostics difficiles.

Mais quelle est l’origine de la néfrozymase et quelle est l’origine des albumines de l’urine pathologique?' C’est la réponse à ces questions qui devait former la troisième partie du Mémoire de 1865. C’est cette réponse que Je tente de faire aujourd’hui.

DÉMONSTRATION QUE LA NÉFROZYMASE EST UN PRODUIT DE LA FONCTION DE NUTRITION DES REINS

Ch. Robin a appelé urination l’ensemble delà fonction de l’organisme par le moyen de laquelle cet organisme élimine les produits solubles de la désassimilation qui sont devenus impropres à l’entretien de la vie. Dans cette fonction, ce savant a distingué les qua tre groupes d’actes suivants : 1° l'acte rénal ou de séparation de l'urine, exécuté par le parenchyme de la glande, les artères et les veines Correspondantes, auquel concourent indirectement les capsules surrénales par l’intermédiaire des veines ; 2° l’acte d'excrétion de l'urine, accompli par les bassinets, les calices et lês uretères ; 3° l’acte vésical ou d’accumulation dans la vessie ; 4“ l’acte de miction ou d’expulsion |de l’urine, auquel prennent part, indirectement, les parois abdo minales et la vessie, et directement la prostate etl’urtèhre.

J’ai dit plus haut que le rein laisse filtrer l’urine parce qu’il se nourrit. Mais tous les organes, qui concourent directement à la séparation de l’urine, à son excrétion, à son accumulation et à la miction sont

albuminuries

vivants comme le rein lui-même et se nourrissent. Dans la théorie du microzyma, la néfrozymase, si elle ne vient pas du sang, comme l'urée, pourrait avoir pour origine l’une quelconque des diverses régions des reins, ou bien la vessie, la prostate, les glandes uréthrales. Je ne peux pas déterminer quelle est la partie du rein où se forme la néfrozymase ; son parenchyme, les capillaires, les bassinets, les calices ou les uretères, mais je me propose de prouver quelle est produite dans les reins, et que si la vessie, les glandes prostatiques et uréthrales y sont pour quelque chose, leur intervention est insignifiante, si elle n’est pas une cause de diminution. ^

Je me suis d’abord proposé de démontrer quelle ne préexiste pas dans le sang qui arrive au rein, en expérimentant sur le chien dont l’iirine contient une néfrozymase. Ces recherches sont publiées ici pour la première fois, bien que datant de 1865.

I. Un chien est sacrifié après lui avoir pris du sang de l’artère rénale et de la veine rénale, environ 40 grammes de chacun. On prend, ensuite, l'urine que contenait la vessie, environ 60 centimètres cubes, et

L'urine. — 10 centimètres cubes de l’urine filtrée fluidifient 40 grammes d’empois en quelques minutes et, après un quart d’heure, réduction abondante du réactif de Fehling.

La néfrozymase a été déterminée à la maniéré ordinaire. . ^ ,

D’abord on constate, sur 20 centimètres cubes d’urine, que le précipité par l’alcool fournit une solution qui liquéfie rapidement et saccharifie 1 empois dans les mêmes conditions que l’urine ellemême.

Ensuite, sur un autre volume d urine, la quantité de néfrozymase totale, par litre, est dosée :

Néfrozymase de chien, 2 gr. 4 p. 1000 centimètres cubes. Cendres . . 7 gr. 8 — —

D’après cette expériencel'urine de ce chien, dans les conditions où elle a été recueillie, contiendrait près

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de quatre fois plus de ferment soluble que Furine d’homme.

Le rein. — La glande divisée, pilée, réduite en pulpe, avec un peu d’eau, fournit un liquide qui, filtré, est précipité, par l’alcool. Le précipité essoré, délayé dans l’eau est ajouté à 40 grammes d’empois. Après une heure, dans les conditions ordinaires, fluidification légère et réduction insignifiante du réactif cupro-potassique.

Le sang de l’artère rénale. — Le sang recueilli est aussitôt précipité par l'alcool. Le précipité essoré est mis à infuser dans l’eau pendant un peu de temps et jeté sur un filtre. Je recueille ainsi un volume de liquide un peu rouge, sensiblement égal au volume du sang employé, dont 10 centimètres cube.s suffisent pour fluidifier lentement, mais certainement, 40 grammes d’empois. Après une heure d’action, dans les conditions ordinaires de ces expériences, il ne s’était pas formé une trace de glucose.

Le sang de la veine rénale n’avait pas formé de caillot, même une heure après : il resta fluide quoique un peu épaissi. 11 a été traité exactement comme le sang artériel. Le précipité par l’alcool, essoré, délayé dans l’eau, a fourni 30 centimètres cubes de liquide filtré. 10 centimètres cubes de ce liquide sont ajoutés à 40 grammes d’empois. Après six heures, à la température de 60 à 70 degrés, le mélange est devenu un peu fluide et, bien entendu, il n’y a pas de glucose formé.

De ces essais il était permis de conclure que le sang à son arrivée dans la glande ne contenait pas de néfrozymase et que le sang de la veine rénale n’en emportait pas dans la circulation générale. Et en outre, que l’expulsion de la néfrozymase par le rein est si complète, que la parenchyme et les parties de la glande en retiennent à peine.

Mais, les expériences suivantes montreront qu’il n’était pas permis de conclure que le sang de chien ne contient jamais une zymase qui rappelle l’activité de la néfrozymase, et, de plus, qu’il ne faut conclure de l’animal à l’homme qu’avec une extrême prudence.

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II Sang d'une saignée d'une chienne de forte taille à jeun. — Le sang défibriné par le battage ne s’est pas moins pris en masse; un caillot se forme et du sérum se sépare. Or, 10 centimètres cubes de ce sérum, mêlé de quelques hématies, ajoutés à 40 grammes d’empois le liquéfièrent complètement au bout de quelques minutes : une heure après, le liquide est porté à l’ébullition et filtré ; on constate alors que du "glucose en abondance avait été prodnit.

Sang de la saignée d’un chien de taille moyenne en digestion.— sang défibriné resta fluide. Tel quel ici centimètres cubes de ce sang fluidifient en denx ou trois minutes 40 grammes d’empois ; après une heure, le liquide porté à l’ébullition et filtre, réduit abondamment le réactif de Fehling.

III Sang de l'artère rénale d'un chien a jeun. — Un laisse le caillot se former et le sérum se séparer.

10 centimètres cubes de ce sérum fluidifient en quelques minutes 40 grammes d’empois ; après une heure, porté à l’ébullition, filtré et constaté la production de beaucoup de glucose.

Pour isoler la zymase de ce sérum environ 40 centimètres cubes sont précipités par l’alcool, etc. Le précipité essoré est délayé dans 30 centimètres cubes d’eau et filtré. A 40 grammes d’empois ajoutez 12 centimètres cubes de la liqueur filtrée ; ^u bout de quelques heures, la fluidification étant achevée, on constate une réduction abondante dn réactif cupro-potassique.

lY J’ai fait sur le sang de la veine splénique d un chieii à jeun, des expériences semblables aux précédentes. En général, la liquéfaction et la saccharification de l’empois se produisent, soit qu’on opéré sur le sang lui-mênic ou sur la partie soluble dans l eau de sa précipitation par l’alcool.

V. — Enfin j’ai isolé, en la précipitant par 1 alcool, la zymase des solutions des précipités par l’alcool soit du 4ng de l’artère rénale, soit de la veine splénique. Le précipité, recueilli, essoré, redissous dans l’eau fluidifie plus difficilement l’empois et le sacchanfie moins aisément que la néfrozymase isolée de l’unne de chien. .

Ces expériences, contradictoires de la première, me

LES ALBUMINURIES

rendirent perplexe et m’empêchèrent de les publier alors. Certainement il y a une zymase dans le sang du chien, qui, jusqu’à un certain point, rappelle la néfrozymase. Pour éclaircir ce point, j’ai expérimenté sur de l'urine et sur du sang d’herbivores. Voici ces expériences :

VL — Urine de mouton ; 20 centimètres cubes ajoutés à 40 grammes d’empois, n’en opèrent pas la* fluidification, même après douze heures.

Sang de mouton ; 10 centimètres cubes ajoutés à 40 grammes d’empois, après douze heures, fluidification à peine sensible ; aucune réduction du réactif cupro-potassique.

Urine de vache : 20 centimètres cubes ajoutés à 40 grammes d’empois. Action nulle après douze heures.

^ Sang dé vache : 10 centimètres cubes et 40 grammes d’empois: liquéfaction manifeste après douze heures; le mélange porté à l’ébullition et filtré, réduction abondante du réactif cupro-potassique.

Vil. — L’urine de vache et celle de mouton ont été précipitées par l’alcool. Le précipité floconneux est très peu abondant. Le précipité fourni par 300 centimètres cubes d’urine, recueilli, essoré, délayé dans l’eau ne fluidifie en aucune manière l’empois.

J’ajoute que l’urine de vache et celle de mouton, aussi bien que le précipité que l’alcool y produit, sont sans action sur le sucre de canne.

^ L’urine de porc, au contraire, liquéfie et saccharifie l’empois presque aussi vivement que l’urine de chien.

VlII. — f’ai traité du sang de vache et du sang de mouton par l’alcool, comme pour le sang de chien, en vue d’isoler la zymase qu’ils peuvent contenir’. Dans aucun cas, la partie soluble du précipité n’a déterminé la formation du glucose, l’empois s’est seulement incomplètement fluidifié. Le sang de lapin se comporte de la même manière. Du reste, dans un travail spécial, je me suis assuré que l’hémazymase de bœuf ne fait que fluidifier l’empois sans le saccharifier (1).

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