‹ Midi a quatorze heures: comédie-vaudeville en un acteChapitre 3 sur 12 · SCÈNE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE QUATRIÈME

MARCBLLT.

Mais du tout... ça n'esl pas ça... puisque je ne savais pas... Fernand vient de me le dire à l'instant,

CAMILLE

Âhl

MARCBLLT. . ^

Je lui ai même donné un galop... n'est-ce pas que je lai donné un galop?

FBRNANDy troublé.

Hein?... Âhl oui...

CAMiLLB, riant Soyez donc à votre réplique, monsieur Fernand.

MARCBLLT.

Tu crois que. nous jouons une comédie, n'est-ce pas? ÇAHu^LE, s'asseyant à droite sur le canapé et prenant son ouvrage d'aiguille.

Moi... je ne crois rien.

MARCBLLT.

C'est terrible çà... ça ne s'est jamais vu. {Il remonte.)

CAMILLB, calme.

A qui en avez-vous? je ne vous dis rien.... vous sortez?

MARCBLLT.

Oui, je sors... il faut bien que j'aille au palais... est-ce que VL ne veux pas que j'aille au palais?

CAMILLB.

Qui vous parle de cela? il me semble que vous êtes libre.

MARCBLLT.

Parbleu ! ça serait gentil que je ne fusse pas libre de faire mes 4ffaires?... je ne sors pas pour mon plaisir.

CAMILLE

Que signifie cette querelle que vous me cherchez ?..

MARCBLLT.

Je ne cherche pas de querelle... mais., .je... voyons... adieu, ma petite Camille!... je serai un peu longtemps parce que, en sortant du palais, il faudra que j'aille chez Bonnefoi... Bonnefpi! tu sais? le notaire?

CAMILLB, lui donnant son carnet.

Je croyais que vous deviez aller chez M. Janodet.

MARCELLY,

J'irai après.

CAMILLE

AIj ! très-bien... c'est que vous m'avez dit hier qu'on ne trouvait M. Janodet qu*à dix heures.

MARCELLY.

Dix ou onze... quand on dit : dix heures... ça veut dire...

Ah ! lions, tu me fais tourner la lôte...

Il est vrai que je 0^ sais à quoi vous pensez.

MARCELLT, à part, Ahl ma foi, j'aime encore mieux lui dire... (Haut.) Ecoule, ma pelite Camille, Fernand et moi nous avons un secret..

CAMILLE, se levant. .

le m*en doutais.

MÀRCELLT.

Nous avons... c'est-à-dire que c'est lui... c'est lui qui m'a confié un secret... et je vais te le confier à mon tour. Fernand est amoureux. (Fernand fait un signe de joie et d'encouragement à Marceliy,)

UARGELLY» voyant que Camille a remarqué le mouvement^ à Fer

nand.

Qu'as-tu besoin de me faire des signes télégraphiques? (Comille sourit,)

MÀRCELLT.

C'est vrai, ça... tu es content, n'est ce pas? que je dise à Camille que tû es amoureux de son amie ÂngèlC; et tu m'en« courages...

FERNAND

Sans doute...

MARCELLT.

Eh bien... encourage-moi tout haut... il n'y a pas de mys< tère à ça.

CAMILLE

Mon mari a raison, Monsieur, vous avez l'air tout embarrassé.

FERNAND

Mon Dieu! Madame... je... je ne croyais pas quf^ mon cousin consentirait à vous prier de... parler pour moi, et... la joie... le...

MARCELLT, qui souffre Tles hésitations de Fernand, Mais va donc... mais va donc... oh! ces amoureux... c'est gauche, timide... embarrassé...

CAMILLE, avec intention, Ohlpastousl...

MARCELLT, à part.

Pas tous? Bien... qu'est-ce que je disais? c'est cet animal-là qui estcause... (Bas à Fernand.) Tiens, va-t'en au diable. FERNAND^ à part.

Ma foi ! j'aime autant ça.

SCÊNB CINQUIÈME

CAMILLE, d'un ton singulier.

Soyez tranquille, monsieur Fernand, je parlerai pour vous à mon amie... je vous le promets...

FERNANO.

Que de bontés. Madame... {Troublé de plus m plus par le regard de Camille,) Ma cousine, je vous salue...

ENSEMBLE

Air de la Pery, CAMILLE^ à paru La crainte me domioey Bientôt, je le devine.

Mes soupçons jaloux Vont se confirmer tous.

^ MARCBLLT, d part»

Comme elle m'examine 1 Déjà, je le devine.

Ses soupçons jaloux Accusent son époux.

FERNANo, d part.

Encor riiumeur chagrioCy De ma chère cousine.

Ses regards jaloux Accusent son époux.

(Il sort par le fond, à droite,)

SCEWE V.

MARGELLY, CAMILLE.

MAIICBLLT.

Voyons, Camille, expliquons-nous?, sois franche ! tu crois ^iic c'est un complot, que je suis amoureux de madame de Férieux, et que Fernand n*est qu'un plastron, n'est-ce pas?

CAMILLE

Ah! par exemple! quelle Imaginative! je ne sais où vous allez chercher ce que vous dites...

MARCELLT.

Il n'en est rien?... tant mieux!... car tu comprends gue tes soupçons n'auraient pas le sens commun... Est-ce que je peux aimer une autre femme que toi? où donc en irouverais-je une aussi iolie que ma petite Camille... une qui posséJât ce doux Tegard, ce charmant sourire !

MMMiaGaââatti

rgjp^l^bàk

AiKd*HenriIV.

Par ton mari, Camille, chaqae jour.

Lorsque tu te vois entourée,

De tant de respect et d'amour, Gomment, sur ton pouvoir n'es-tu pas rassurée?

Quoi? ma chère, avec des attraits Dont ton miroir peut te dire le nombre^ Être jalouse? ah ! je le comprendrais,

Mais sî tu l'étais de ton ombre, Tu ne devrais Tétre que de ton ombre,

GAMiLLB, avee amour.

Marcellyî...

HARCELLT.

Hein?... qu'est-ce que tu dis du madrigal?... pour un avoué (à part,) en vieux.

CAMILLE, un peu radoucie.

Oh! si tu me trompais!

HARCELLT.

Mais je ne te trompe pas ..,. c'est toi qui te trompes je

t'aime...

CAMILLB.

Bien vrai?

MARGELLT.

Mais oui... je l'aime par-dessus tout... par-dessus les n)aisons...

CAMILLE

Pourquoi me donnez-vous des soupçons?...

MARGELLY.

Je n'ai pas besoin de t'en donner, tu en as assez comme ça... et comme tu as moins de cachemires, je vais t'en donner un, CAMILLE, avec joie.

Vraiment I

HARCELLY.

El comme c'est aujourd'hui l'ouverture des Italiens, je vois prendre des coupons et nous irons au théâtre, après avoir dîné tous les deux chez Vachette, en cabinet particuher.

CAMILLE

Ah ! lu es bien gentil !

BIARCELLT.

Tu n'auras plus de vilaines idées sur ton petit Joseph... car je m'appelle Joseph, ra devrait pourl;int le rassurer... {Marcelly embrasse Camille, Germain parait, portant le déjew\er,)

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