‹ Midi a quatorze heures: comédie-vaudeville en un acteChapitre 4 sur 12 · SCÈNE SEPTIEME II · texte numérisé non relu

SCÈNE SEPTIEME II

SCEME Vf.

LB8 uâHES, GERMAIN.

OBRMAiN, à part.

Tiens, monsieur qui embrasse madame..; MARCBLLY, se retoumarU.

Qu'est-ce que tu demandes?

GERUAIN.

Je ne demande rien, monsieur, j'apporte le déjeuner.

MARCELLT.

A-t-il l'air bête ce garçon-là... (Il remonle^ Germain pose U déjeuner sur le guéridon.)

CAMILLB.

Est-ce que vous ne déjeunez pas avec moi, mon ami?

MARCELLT.

Ah !.,. ma chère enfant!... c'est que je suis bien en relard... et puis, franchement, je n'ai pas faim.

CAHILLB.

Ah!

GERMAIN

C'est drôle... il est pourtant midi.

MARCELLT.

Tu m'ennuies toi.

GERMAIN

Eh bien! monsieur, s'il est midi, ça n'est pas ma faute.... vous me srondez pour ça, c'est drôle. (lUcrt. — Camille semei seule d table. Elle est reaevenue sérieuse)

SCEIVE VII.

MARCHLLY, CAMILLE.

MARCELLY, à part.

Voilà Camille qui broie encore du noir... elle va croire que je déjeune en ville... avec des femmes... allons, il n*y a pas à dire, il faut manger. (Il se rapproche et se met à table.) CAMILLE, un peu sèchement.

Mais si vous n'avez pas faim, mon ami, il ne faut pas vous forcer.

MARGBLLT, avaîant avec peine.

Mais je ne me force pas, au contraire... l'appétit me vient,., {A part.) Ça ne, passera jamais...

Ne vous gênez pas, je vous en prie, ça pourrait vous ùire du mal de déjeuner deux fois...

MARCELLT, QUI buvait s'étrangle. — A part.

Qu'est-ce que je vous disais?... hein?... comme je conniii-^ ma femme? i^liaut.) Tu vois bien que tu es inconigiblc... MvM

lu n'as donc pas jelé les yeux (se levant) sur mon costume? Comment veux-tu que j'aille déjeuner en ville fichu comme ça... ça n'a pas le sens commun. Tu sais bien que je ne fais de toilette que pour toi.

CAMILLE, un peu honteuse.

Oui, c'est vrai... pardonne-moi... veux-tu?

HABCBLLT.

Si je veux? Tu sais bien que je veux toujours» aussi tu en abuses... diable de petit ange!

CAMILLE

Mon bon Marcelly...

HARceLLV, à part.

C'est toujours à recommencer... Tu me crois toujours vola« (je..., enfin (Haut.) Donne moi une aile (// se rassied.)

CAMILLE

Non», je ne veux pas...

UARGBLLT.

Mais..!

CAMILLE

Je n'ai plus de soupçons... tu peux t'en aller..;

UARGELLY, voulant SB servtr.

Mais permets...

CAMILLE, (empêchant.

Non, monsieur, non...

MARCELLY.

Mais je meurs de faim, maintenant... pour tout de bon..«

GRÉGORBT, à la cantonnade.

Il n'est pas parti, c'est bien.

HARCELLT.

Ahl c'est Grégoret!

SCEKTll VIO.

LES HâMBS, GRÉGORET.

GRÉGORET, entrant.

Ah! le voilà («aïuanO madame!... (A Marcelly.) Comment? tu déjeunes, mais je croyais que nous déjeunions ensemble chez...

CAMILLE, vivement»

Chez...

GRfoORBT.

Chez de Juzard.

CAMILLE, regardant son mari»

Ah!

MARCELLY.

Tiens, c'est vrai... ah! ce pauvre de Juzard! je l'ai oublié.... {A Camille qui le regarde.) Ma parole d'honneur! çt la preuv.T

SCÉNB HUITIÈME 13

c'est... tu saist (fi lui montre son eostame. A Grégoret.) Prends donc un verre de madère.

caïSgoaet.

Volontiers. {Use verse.)

MARCBLLT, à SG femme qui est sérieuse.

Tiens, regarde-le, lui... il n*est pas si simple que moi... habit noir, cravate blanche ! voilà un homme bien mis... Es-lu assez bien mis... Grégoret?

GRÉGORET.

Ah! à propos!... il faut que je te raconte...

HARCELLY.

Encore une histoire !... Tu sais donc toujours des histoires? Cest toi qui aurais fait tes affaires si tu avais été Tavoué de Schaabaam.

GRÉGORRT.

C'est un nouveau tour de ce diable de de Juzard.

MARGBLLT.

Bah 1 quoi donc?

GREGORET.

11 a imaginé quelque chose de très-ingénieux... Âh ! ah ! ah ! l'en ris encore.

MARCELLY.

Et moi, j'en ris déjà. (Frappant sur Vépaule de Grégoret.) Il est très-amus^^it.... (A Camt//^. ) Écoute bien l'histoire de de Juzard.

GRéGORBT.

Vous saurez d'abord que sa femme est jalouse.... oh! mais Jalouse!...

CAMILLE

Vraiment !

GREGORET.

Que c*en est insupportable...

HARCELLY, tOUSSant.

Hem! hem 1...

GREGORET.

Et comme... ah! mais... pardon, madame n'est pas jalouse?

CAMILLE, viiemcnU Pas du tout.

MARCELLY,

Oh ! mon Dieu non, pas du tout... Si nous partions?

CAMILLE

Un instant... [A Grégoret.) Continuez donc...

MARCELLY, à part.

Il va dire quelque bêtise.

GRÉGORET.

Ce gredin de de Juzard a des intrigues... et pour détourner Hs soupçons de sa femme, savez-vous ce qu'il fait?

^^^m^mm^^^mMi lafti Maw^^ii>^— ^^ — «A ii^piMr

CAMILLE

Non, et je brûle de lo savoir.

HARCBLLT.

Si nous parlions?

GRÉGORBV.

Il se donne des allures de vieux docteur, il s'habille comme un savant... Cravate négligée, habit sans nom, chapeau impossible... bottes à doubles semelles et gants en peau de lanin. Il entre râpé dans sa voiture et en sort éblouissant, frac,' boites vernies, gants frais, etc.. Il a un cabinet de loileUc dans son coupé... Ah l ah 1 ah 1 .

MAucELLY, Hant tout en regardant $a fmme avec tnqutélude.

Ahl ah! ah!

CAMILLE, à part en regardavU mm mari,

(Test bon à savoir.

MARCBLLY, à part.

Que le diable Remporte. (Haut.) Mon ami, je te demande pardon, mais il faut que je te quitte.

GREGOREfT*

Je sors avec toi. Avant de më rendre chez de Juzard il faut que je passe aux Italiens pour retirer le coupon de madame de Férieux.

CAMILLE, vivement.

Ah! Angèle va aux Italiens?

MARCBLLY.

Allons, vlan... autre chose à présent.

CAMILLE, avec une intention marquée.

Quel heureux hasard ! mon mari veut justement m'y conduire...

ORiCORET.

Ah! vraiment!

MARCELLY, à part.

Décidément si j'étais Schaabaam je lui ferais couper la lanpue ou au moins la tête.

GERMAIN, entrant en livrée. — Bottes à revers. Monsieur, Nabuco s'impatiente.

MARCBLLY.

Je descends. (Par ré flexion ^ en reaardant sa femme,) C'esl-àdire... (A part,) Cette sotte histoire de coupé... {Haut,) On peut dételer, j'irai à pied.

GERMAIN

Ah ! (A part.) Ce n'est pas la peine d'avoir une voiture...

ÇRÉGORBT, saluant.

Madame.

MARCBLLY.

A bientôt, Camille. {Camille ne répond rien. — A part.) Là !...

SC*NB NEUVIEME 1 5>

ENSEMBLE

Air de Couder.

CAMILLE, à pari,

Ten suis sûre, quand il me quitte.

Vers une autre il porte ses pas^ Je vois, au trouble qui l'agite, Que mon cceur oe me trompe pas«

MiRGELLY, à Camille*

Calme le trouble qui t'agite, Et de moD cœur ne doute pas, Vers toi je reviendrai bien vite, Car l'amour va preiser mes pas, GRicowT, à part^ en désignant Marcell}§.

Près d'elle, à l'émoi qui Tagile,

Je juge que le scélérat

S'en va donner, quand il la quitte,

Un coup de canif au contrat.

GERAtAiN, d part.

D'ici je sortirai bien vite.

S'il faut toujours s' croiser les bras, Ces maîtres-là, si je les quitte.

Je r sens, je n' les regrelt'rai pas.

(Marcelly et Grégoret sortent par le fond.)

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