‹ Midi a quatorze heures: comédie-vaudeville en un acteChapitre 5 sur 12 · CAMILLE, GERMAIN · texte numérisé non relu

CAMILLE, GERMAIN

GAHiiLB, à part.

Quel lissu de mensonges ! de faussetés 1

GERMAIN, regardant ses boites.

Ce n'était pas la peine de m'acheter des bottes jaunes {Il va la tihle et commence à desservir,)

CAMILLE, a elle-même.

Je ne veux pas être sa dupe plus lonpitemps... je veux savoir à quoi m'en tenir. (Appelant.) Germain?

GERMAIN, s'avançant, Madame.M

CAMILLE, à part. Ah I je suis folle I interroger un valet! fi donc I

GEBMAiN, planté devant Camille.

Madame...

CAMILLE, à elle-même.

Cette Angèle! une amie d'enfance!

GERMAIN

Madame...

CAHiLLi, avec impattenoê.

Sortez.

GERMAixN, à part.

Ah! c'était pour ça... c'est drôle. (// remonte; au moment Ji sortir,) Ah! voilà madame deFérieux. Unoèle parait.) ANGÈiB. gaiemenM* Ce n'est que moi..» (Elle entre,)

QBBMAiM, voulant annoncer.

Madame de...

CAMILLB.

Laissez-nous.

AN6BLB, embrassant Camille.

J oi mes grandes entrées, moi, n'est-ce pas?

GERMAIN, à part.

Ce n'est pas la peine d'avoir un domestique. (En s^en allant.) Quelle drôle de maison. {Il sort.)

SCEIVE TL.

CAMILLE, ANGËLE, Àngèle tient un gros bouquet de violettes à la

main.

AlfCBLB.

Il y a un siècle que je ne t'ai vue.

CAMILLE

Que veux-tu?... ce n'est plus aujourd'hui comme autrefois... nous ne nous appartenons plus... moi, j'ai un mari.

ANGÈLE

Et moi j'ai un procès... monsieur Marcelly n'est pas là?

CAMILLE

Tu le sais hien?

ANCèLB.

Comment?

CAMiLLR, avec un ton singulier.

Quel joli bouquet tu as là !

ANGÈLE

Ce sont des violettes de Parme... je viens de les acholor à ta porte.

CAMILLE, d'un ion dUncrédulité, Ah! tu viens de les acheter?

ANGÈLE

Qu'as-tu donc? lu parais triste, préoccupée... confie-moi tes petits cliagrins.

CAMILLE, vivement.

Mais je n'en ai pas.

8CÈNB DIXIÊVB 17

ÀHGftLB.

Tant mieux... je craignais que tu n*eusse8 à te plaindre do ton mari.

CAMILLE, vioemmt et appuyant.

Par exemple! mais mon mari est un homme charmant... rempli d'attentions, de prévenances ;aujourd'huiy il me donne un cachemire magnifique.

ÀRGàLB.

Ah!

CAHiLLB, à part.

On dirait que ça la contrarie... (Appuyant.) un cachemire de 3.000 fr. au momsi... ohl Marcelly m'aime hienl il me le prouve tous les jours...

ARGàLB, souriani.

Tu es bien heureuse.

GAMILLB.

Très-heureuse... il me trouve jolie..;

AR6ÈLB.

Je le crois bien.

CAMILLE

Plus jolie que toutes les femmes que nous connaissons.

AKcfeLB, riant.

Ah! ménage mon amour-propre, jet*en prie.

CAMILLE, se refrénant.

Toi exceptée... Du reste , tu dois être contente, si tu m'ai* mes.

ARckLE, l^embrassant.

Mais certainement...

CAMILLE, à part. Elle est furieuse...

ANGÈLE

Je regrette que ton mari ne soit pas là... je voulais lui parler de...

CAMILLE

De ton procès? Eh bien, mais je vais faire venir monsieur Fernand.

ANCàLB, vivement.

Non... ce n'est pas la peine... je reviendrai.

CAMILLE

Quand mon mari y sera.

ANCfeLB.

Comme tu me dis cela?

CAMILLE

Angèle, est-ce que tu ne songes pas à te remarier?

ARakLB.

Mol, non

CAHILU.

Veuve!... c'est une position fausse, tu ne peux pas rester éternellement dans cet état-là.

ANCàLB.

Cet état-là... mais c'est un état libre.

CAHILLB.

Tu uniras par aimer quelqu'un.

AN6ÈLB, éiourdimenU Oh ! j'ai commencé.

CAMILLB.

Ah I et cependant ta ne songes pas à te remarier t

AMGBLB.

Non, car je ne puis épouser celui que )*aime.

CAHILLB.

Pourquoi?

ANGÈLB, gravement.

Gela tient à de hautes considérations politiques.

CAMILLE, à part.

Elle se moque de moi. (Haut.) Gageons que je devine.

AKCÈLB.

Voyons.

GAHn.LB.

Cet amant mystérieux n^est pas loin, n est-ce pas?

AN6ELB.

C'est vrai.

GAHILIB.

Il est ici.

ANGÈLB.

Oui.

CAMILLE, d^wie voix trouhUei Je le nommerai si tu veux.

ANGÉLB.

Nomme-le.

GAMILLB.

Tu m'en défies?

angIlb.

Oh ! mon Dieu ! si tu y tiens, je puis te dire son nom, c'est monsieur Fernand.

CAMILLE

Eh bien! mais il t'aime aussi.

ANGÈLS.

Je le sais.

CAMILLB.

Et tu ne peux l'épouser, dis-tu P il est libre, cependant!

SCiNB DIXIÊMB 19

ANGbLB.

Il est libre... et il ne Test pas. Bientôt je t'en dimi davantage...

CAHiLiB, se contenatU.

Oh ! ce n*est pas nécessaire.

ANCàLB.

Comment?

CAHILLI.

Tu vas ce soir aux Italiens ?

ANGfcLB.

Non.

CAMILLB.

Monsieur Grégoret nous Ta dit.

AN6ÈLB.

Je devais y aller en effet... mais j'ai changé d'avis. [EUs va à la glace et rajuste son chàle,)

CAMILLE, d part.

Elle sait que Marcelly doit me conduire au théâtre, et elle na veut plus y aller.

ANGÂLB, devant la glace.

Ma bonne Camille je te laisse... puisque mon avoué n'y est pas, je vais chez mon avocat... Est-ce vrai que les aniilAlses n« me vont pas bien?

CAMILLB.

Est-ce mon mari qui fa dit cela t

ANGàlB.

Ton mari t

CAMILLB.

Ah ! c'est qu'il n'aime pas celte coiffure-làl

ANGÈLB, fiant.

Vraiment? oh ! alors j'en changerai.

CAMILLB, vivemenU Oli! c'est inutile!

AN6ËLB,

Ah t ah I ah 1 tu as bien dit cela... adieu ma bonne... recom* mande à ton mande pensera moi.

ENSEMBLE

Aia : Le voilà tout interdit (Rogei Cuntcuips).

ANOÂLB, d Camille.

Ma bonne amîe, au revoir^ Tâchez que votre devoir Vous permette quelquefois^

De m*aiiner comme autrefois^ A la veuve, par pitié, Donnez un peu d'amitié.

Ou bien, chargez votre époux,.

Du soin de l'aimer pour vous«'

CAMILLE, à part.

Hélas ! je crois entrevoir.

Quel est ici son espoir, Et mon époux, je le vois, Va se soumettre à ses lois,' Déjà sa froide pitié.

Vient -m'offrir de Tamitié, En échange de l'époux Qu'elle jette à ses genoux.

{Àngèh sort par le fond après avoir embrassé Camille.)

S€Ei¥E XI.

CAMILLE seuk, puis GERMAIN et ensuite FERNAND.

CAMILLE

Que je suis malheureuse... Je voudrais douter, le pourrais-j€ (liiand tout conspire pourme prouver leur trahison... Les maladroits mensonçes deMarcelly, les hésitations d'Angèle à l'égard de Fernand... tout... tout... (Germain parait au fond.) GERMAIN, à part.

Monsieur Fernand veut que je lui dise si Madame est seule c'est drôle... Ah ! cette dame est partie, il peut venir. (Il fait un signe au dehors, Fernand parait,)

FBRNANO, bas à Germain.

Merci !

CAMILLE, à part.

Ah I c'est Fernand... tant mieux... {A Germain.) Laisseznous.

GBRMAm, à part.

Tiens ! on ne peut pas parler devant moi... (Fausse sortie. — puis il redescend pour prendre la cravate de Marcdly qui est res^ tée sur un fauteuil.)

FERNAND

Ma cousine je venais...

CAMILLE, qui a aperçu Germain.

Sortirez-vousT

CERMAIN.

Mais, Madame je ne pouvais pas laisser traîner la cravate de

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