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MEILLEURES HEURES

Santé

Bonne santé !

Ge souhait renferme l'une des meilleures miettes de bonheur que chacun puisse cueillir du berceau à la tombe.

Bébé n'est pas malade ? Que la maman réponde : « Non, merci, il se porte très bien », l'on devine le rejeton rempli d'une vie généreuse ; c'est déjà beaucoup de bonheur, et pour l'enfant et pour les parents.

Comme à trente ans ...

L'on complimente l'homme de soixante-dix ans en lui rappelant qu'il paraît bien portant, et, réalisant à peine son âge, il répond de tout son cœur : « Je suis tout comme à trente ans ».

C'est que, de l'enfance à la vieillesse, l'on a bien peu le droit de négliger sa santé.

A trente ans, comme à dix, soixante, même quatre-vingt, autant que possible, il faut être en santé.

Et même si la santé n'est pas parfaite, s'il faut traîner toute une vie quelque infirmité ou quelque maladie quasi incurable, pour son propre bonheur, il faut savoir ne faire que la part indispensable aux organes souffrants.

Les bonnes heures ne pourront être goûtées qu'à la condition de continuer sa vie, d'y achever tout le travail qui puisse nous perfectionner, d'y gagner un peu d'argent et de savoir l'utiliser ; d'ouvrir son cœur pour aimer, d'être charmants pour tous ; d'exprimer en musique, en vers, par le pinceau, un coin de la belle âme, qui, même souffrante, n'en est peut-être que plus captivante.

Les anciens avaient l'habitude d'écrire et d'enseigner que « la santé est le premier des bienfaits ».

Comment expliquer qu'un bienfait si universellement reconnu par l'homme de tous les temps, de tous les pays, de tous les âges, puisse manquer aussi souvent au bonheur de l'homme du vingtième siècle ?

Tous responsables ...

En dehors d'accidents tout-à-fait imprévus, •ne partageons-nous pas tous, dans une certaine mesure, ï? responsabilité de porter le

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désordre dans notre organisme, de le rendre malade ?

A quoi tient-il, que la santé étant si précieuse, l'homme libre aille méconnaître ainsi son bien-être, se préparer volontairement des heures douloureuses qu'il devra subir parfois très longtemps ?

Cela tient d'abord à notre irréflexion, ensuite à notre irréflexion, après, encore et toujours à notre irréflexion.

L'homme qui réfléchit assure la meilleure part de son bonheur. En examinant à nouveau la portée de ses actes, il juge leurs conséquences, il se pénètre de la nécessité et de la possibilité d'obtenir certains résultats heureux.

Notre voyage de la vie ...

Représentons-nous deux types, jeunes, remplis de vie, âgés, disons de vingt ans, qui entreprendraient un voyage de cinquante mille milles avec un auto neuf. Quoique du même âge, faisant un voyage de même durée, roulant tous deux dans une voiture neuve, de marque identique, à marque humaine, ils obtiennent des résultats assez différents.

Suivons d'abord le premier type.

Il a réfléchi que le mécanisme de son auto exige des ménagements, avant de pouvoir filer, sans trop d'usure, à une vitesse considérable.

Pour avoir ainsi réfléchi, il modère d'abord sa vitesse, alimente son auto des meilleures huiles, évite les accidents.

Il parcourt sans difficultés sa longue route et est enchanté de son voyage.

Et retenons que nous sommes tous à un moment ce type de vingt ans.

Nous avons à notre disposition, pour le voyage de la vie, un organisme encore beaucoup plus compliqué que l'automobile.

Si nous voulons réfléchir, nous modérer, nous bien soigner, le voyage peut être enchanteur.

Un trop grand nombre ne ressemblent-ils pas plutôt au second type ? Ne prenant pas le temps de réfléchir, nous le verrons se rendre malheureux.

Ce second type a vingt ans, tout comme le premier. Il entreprend un voyage de même durée avec un auto neuf.

Il sait que cet auto peut rouler vite, quarante, cinquante, soixante-dix milles à l'heure, même davantage.

Ce garçon brûle de faire de la vitesse, l'espace lui pèse.

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Il ne gagnera rien à brûler la route, seulement ne lui parlez pas de « dormir » en chemin ; son auto est de trop bonne marque.

Il file à toute vitesse, oublie parfois l'huile, pourvu que l'essence continue à alimenter le moteur.

La voiture endommagée ...

Chacun devine le résultat.

Ce bonhomme a, comme le premier, cinquante mille milles à parcourir ; il n'a que cet auto pour tout son voyage. S'il peut la réparer, et encore, il ne peut la remplacer.

Nous assistons, sans tarder à sa première panne.

Pour avoir filé à pleine vitesse, au lieu de ménager sa voiture, au début, il se voit obligé de remplacer très tôt des pièces importantes. Son auto se ressent constamment de ces premiers dommages.

Il lui faut quand même continuer ainsi son voyage.

Mesurons l'angoisse de tous ses retards, des mille misères qu'il rencontre par sa faute.

En retour de la joie fébrile du départ, alors qu'il filait pendant quelques jours à soixante-dix

milles à l'heure, que d'années complètement gâtées, de rapiéçages pénibles, de bonnes heures perdues ?

Et le voyage doit se continuer quand même; la vie n'arrête pas. Elle traîne alors combien de souffrances au lieu de joies réconfortantes ?

Tout l'itinéraire de sa vie était pourtant tracé, avec une proportion de succès que ses amis s'apprêtaient à fêter.

Le malheureux demeure seul à ignorer ces bonnes heures qui lui étaient réservées le long de la route.

Combien péniblement, arrive-t-il à la fin de sa carrière, si même elle n'est pas interrompue brusquement et tragiquement.

Malade, infirme, boiteux, ses semblables lui cachent par pitié, tout ce grand bonheur perdu, perdu par son manque de réflexion.

Plus de trente millions de vibrations ...

Et cette comparaison n'est nullement exagérée. Chacun doit admettre que l'organisme humain est encore beaucoup plus compliqué que le mécanisme de l'automobile. Il ne peut qu'exiger des soins attentifs, une modération prudente, des précautions indispensables.

Santé

Avant de terminer notre voyage, pour en tirer les conclusions utiles, arrêtons-nous à penser, que nous avons plus de deux cents os dans le corps, des centaines de muscles, que quelques milliers de glandes de transpiration règlent notre température.

Pour mieux saisir l'importance de laisser notre moteur à son allure normale, rappelons-nous que le cœur humain doit battre plus de trente millions de fois en une année, sans pouvoir s'arrêter un instant, ni la nuit, ni le jour, ni même pendant les pires tempêtes, et ce, au risque d'occasionner la mort.

Aurions-nous tort, en présence de faits aussi incontestables, et qui nous touchent d'aussi près, de conclure qu'un trop grand nombre, par manque de réflexion, ne s'estiment pas à leur juste valeur ?

L'homme apporte une attention calculée à ses affaires, et il fait bien.

L'homme attache beaucoup d'importance à îa maison qu'il habite, à son ameublement, et il fait encore bien.

Freins ou indigestion ...

La plupart prennent un soin surprenant de

leur automobile, lui assurent les graisses, les huiles les meilleures, en surveillent de près les moindres détails d'alimentation.

Ils admettent qu'il serait ridicule de peser inconsciemment sur l'accélérateur, ils savent régler la vitesse. Ils veulent des freins en bon ordre pour servir à temps, avant qu'il ne soit trop tard.

Pourquoi l'homme croirait-il qu'il puisse se laisser aller sans dommages, à son appétit de manger ou de boire ? Ne gagnerait-il pas à mesurer sa vitesse, à appliquer les freins avant que l'indigestion ou l'ivresse ne viennent endommager son organisme ?

L'huile brute, les graisses lourdes ou légères importent très peu, aussi longtemps qu'elles demeurent dans leurs bidons.

Pourquoi se renseigner si bien sur leur valeur, leur efficacité, leurs résultats ?

Sinon parce que à la minute où elles sont entrées dans l'automobile, elles peuvent devenir bienfaisantes ou malfaisantes à une voiture dont l'on a intérêt à assurer le bon fonctionnement.

Ainsi il peut sembler ridicule de vouloir mettre de la raison à mesurer un gigot de veau, un rôti de porc, des œufs de poule, des cuisses de poulet.

Santé

Dès qu'ils entrent dans l'estomac, comprenons bien que leur importance change totalement, qu'ils peuvent contribuer à assurer une santé robuste, ou à occasionner des indigestions pénibles, des malaises désastreux.

Le bon traitement de l'organisme humain s'apprend tout comme l'entretien d'une automobile.

La crainte du rr<jimr ...

Pourquoi consulter ainsi force mécaniciens pour assurer le bon fonctionnement de son auto, et s'intéresser si peu à maintenir son organisme en bon ordre, en bonne santé ?

Le prétexte, plutôt que la raison, n'en est-il pas dans la crainte puérile du régime, de la modération, dans la peur de s'enterrer vivant, en évitant simplement, pendant de longues années, de se rendre malade ?

De sages notions d'hygiène raisonnée demeurent pourtant le moyen le plus sûr de vivre sn excellente santé, de mourir même, non avant le temps, mais longtemps après ceux qui préfèrent peser constamment sur l'accélérateur, et filer aveuglement à soixante-dix milles à l'heure, quitte à se blesser, voire même à se tuer à la première courbe.

Conserver le bon ordre dans l'organisme humain, c'est y établir une surveillance, une police, une modération, certaines abstentions.

Travail et délassement ...

Le travail est un élément nécessaire à la santé, l'organisme humain perd dans l'inactivité une vigueur indispensable. Il faut donc s'occuper utilement toute sa vie, fuir la paresse, l'oisiveté, elles nuisent même à la bonne digestion.

Il faut comprendre que le travail,- permettant à l'homme de se perfectionner sans cesse, devient l'un de ces éléments de bonheur les plus utiles, les plus enviables.

Ce travail indispensable à une bonne santé, devra laisser une part raisonnable au délassement, permettre quelques heures de repos, pour remplir ses poumons d'air pur.

L'organisme humain en vit. N'allons pas nous enfermer indéfiniment dans nos maisons closes et nous priver de l'aliment le plus riche, le plus utile à notre santé.

I^ports ...

Les sports nous apportent une manière

Santé

agréable de nous remplir les poumons d'air, faisons leur une place raisonnable.

Marche, golf, tennis, cricket, football, baseball, crosse, hockey, boulingrin, quantité d'autres, chacun contribue à détendre les muscles, à développer l'organisme, à le maintenir en bon ordre, en autant que nous nous livrons à ces sports dans des limites raisonnables.

Cartes ...

Les cartes sont devenues pour un grand nombre, le passe-temps favori.

Le jeu de cartes avec enjeu, provoque une tension nerveuse, une fatigue, nombre de malentendus, au point qu'il importe de raisonner cette passion du jeu qui joue parfois de très mauvais tours.

Miser de l'argent aux cartes avec des relations de hasard n'est pas un sport, mais une spéculation des plus risquée ; même les plus chanceux y font finalement faillite.

Jouer avec des amis peut être différent. Si l'enjeu est peu considérable, la partie de cartes demeure divertissante, entraîne peu de fatigue, offre parfois beaucoup d'agrément, suivant les goûts et l'intérêt que l'on y porte.

Si l'enjeu est considérable, fût-ce entre camarades, impossible d'y rencontrer la moindre Miette de Bonheur.

Si l'on a perdu, quel intérêt raisonnable trouvera-t-on à perdre pendant une soirée ou deux, autant d'argent que bon nombre en peuvent gagner pendant plusieurs mois et même une année de travail ?

L'on oublierait que s'il faut gagner de l'argent pour être heureux, l'on doit aussi savoir le conserver, l'économiser, s'en servir pour le bien-être de ses semblables.

L'on ne risquera donc jamais beaucoup d'argent sur une carte, même si des camarades, parfois quelconques peuvent en bénéficier.

La plupart jouent au-dessus de leurs moyens, se fatiguent, s'épuisent. Le bonheur ne comporte jamais de tels risques, une chance aussi aléatoire, sans aucun avantage sérieux.

Même si l'on a gagné, ce qui ne peut toujours arriver, pourra-t-on se réjouir sincèrement d'arracher ainsi l'argent de ses amis, de les voir peines, désappointés de leurs pertes, s'ils sont de véritables amis, mieux que des connaissances d'occasion que l'on cherche à exploiter, en y mettant des formes, sous le couvert de la camaraderie.

Santé

Le sport, quelqu'il soit est la deuxième vitesse de l'auto. Il peut concourir à refaire les forces, il ne doit pas les épuiser. Si l'auto marche trop longtemps en deuxième vitesse, elle risque d'user son mécanisme, la voiture sera en mauvais ordre, le voyage sera désagréable.

Pourquoi noyer le moteur ...

Il faut aussi manger, au moins quelques fois par jour, moins cependant que la plupart ne pensent ; non par plaisir de suivre un régime, mais plutôt pour éviter le régime de privations que chacun craint tant.

L'homme doit alimenter son organisme raisonnablement. Essayons de noyer le moteur de notre auto, ce moteur ne saurait écouter nos caprices et absorber longtemps un surplus d'essence, sans bloquer.

I! en est tout simplement ainsi de l'organisme humain. Nous ne pouvons le remplir à déborder, sans discernement, et escompter qu'il va digérer îe tout sans malaise.

L'équilibre s'établit suivant les occupations.

Si le travail est manuel, offre beaucoup d'exercice au grand air, le régime d'alimentation compte moins. L'organisme, en pleine activité.

pourra absorber facilement la nourriture.

Si le travail est sédentaire, pour l'homme d'affaires, le professionnel, l'homme de bureau, la modération s'impose.

Le médecin de famille ...

Tous devraient mettre beaucoup plus h.

contribution la science de leur médecin de famille.

Celui-ci se ferait un devoir de bien renseigner ses clients sur les conditions d'une saine alimentation.

Les mortels logiques et réfléchis que nous sommes, réclament généralement à grands cris le médecin pour guérir leurs maladies, réparer leurs sottises ; il serait assez souvent facile de prévenir les unes, d'éviter les autres en complétant nos informations sur une alimentation bien ordonnée.

Prof/ramme d'allmentaiiou ...

L'on pourra peut-être adopter l'un de ces deux programmes d'alimentation entre plusieurs autres :

Petit déjeuner, avant huit heures, fruits nature, œufs crus ou cuits au goût, fromage, café

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ou lait. Ce déjeuner suppose un peu d'exercice durant la matinée.

Le MIDI ; repas de poisson avec dessert, thé ou lait. Ou repas aux légumes. Ou encore, une soupe, un dessert, thé ou lait. Pas de viande.

Le SOIR, plat de viande au choix, dessert, thé ou café, fruits nature ou confits.

L'on peut intervertir les programmes du midi et du soir, si la soirée doit se prolonger et comporter plus d'exercice que l'après-midi.

Ne rien manger entre les repas, quelques bonbons légers sont tolérés, les chocolats, moins; ils peuvent tenir lieu d'un repas, s'ils sont pris en quantité.

Le coup fVappétit ...

Le coup d'appétit, cocktail ou bière, suivant îe goût, un ou deux verres de vin au repas, un cognac dans le café, ne font qu'accroître l'appétit et la bonne humeur. Elle apporte sa part de bonnes heures. Durant la soirée, environ deux heures après le repas, l'on peut se reprendre.

Il faut se garder de ne jamais chavirer. Ce serait triste et ridicule.

Triste, parce que, sauf de rares intimes, et encore, personne ne pardonnera jamais totalement

une ivresse même accidentelle.

Il faut savoir mesurer son verre tout comme son assiette, même davantage. Il faut arrêter AVANT, ne jamais se laisser entraîner par les copains qui nous bravent, doutent de nos capacités.

Ces mêmes copains font ensuite, trop souvent, à leurs prétendus amis, une réputation de noceurs, même d'ivrognes.

Ce serait ridicule. Autant vaut mettre le feu sciemment à ses habits, à son automobile, à sa maison, à toute sa personne, même à sa famille.

Entre le vin et Veau ...

Il est si facile d'éviter de s'enivrer. Si l'eau était aussi rare que le vin et le vin aussi commun que l'eau, chacun comprendrait toutes les ivresses. Il en coûterait si cher pour diminuer la force du vin que bien peu pourraient s'y résoudre.

Comme c'est un peu tout le contraire qui se présente, il suffit que chacun veuille diluer avec de l'eau.

Il faut simplement vouloir se contrôler, comme il faut bien constamment contrôler son auto, si l'on ne veut pas filer dans le fossé, et occasionner certains accidents, qui pour être

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imprévus peuvent demeurer irréparables.

Il faut savoir mesurer le vin comme l'essence, boire surtout beaucoup d'eau.

Lorsqu'on a vécu assez longtemps en contact fréquent avec des contemporains de races, de classes, de milieux variés, l'on doit forcément constater que la nature humaine est la même chez tous, que le vin a été apporté pour réjouir le cœur de l'homme, fût-il prohibitionniste.

Il est donc impossible d'écrire alors sincèrement : « Si vous voulez goûter aux humbles miettes de bonheur qu'une vie normale peut offrir, ne touchez jamais à un verre de vin, de bière, même d'alcool ».

Combien, et non complètement à tort, croient plutôt trouver au fond d'un de ces verres, quelques-unes de ces bonnes heures et non des moins appréciées. Pourraient-ils méconnaître qu'avec plus de joie au cœur, les troubles ont paru moins lourds, les tracas plus légers, la tâche plus facile, la vie plus agréable ?

Ceux-là voudront plutôt ménager ces bons moments, pour en jouir plus longtemps et sans danger.

Ils n'auront qu'à boire avec contrôle, comme ils savent déjà manger, jouer, courir et s'arrêter.

La fumée s'élève ...

Les bonnes heures que nous cherchons à cueillir ne proviennent pas que des strictes nécessités de la vie.

Le parfum n'est pas essentiel à l'existence humaine, pas plus que l'arôme des fleurs. Qui niera que les deux soient agréables, puissent suppléer avec avantage à tant de laideurs qui nous entourent ?

L'arôme du tabac n'est nullement à craindre, encore qu'il ne soit pas indispensable, que sa fumée s'élève de la pipe bourgeoise, du cigare aristocratique ou de la populaire cigarette.

Est-il à peine besoin de souligner que la cigarette, si gentille à griller, acceptée aussi facilement que le verre de vin, demeure dangereuse chez les jeunes ? Ils s'évitent une foule d'ennuis de toutes sortes, en opposant, jusqu'à au moins vingt ans, une barrière absolue à l'alcool et aux cigarettes. Leur organisme n'est pas jusqu'alors suffisamment formé. Parents et amis doivent savoir juger le tort considérable que tout excès peut causer au système nerveux des jeunes.

S'ils ont le grand bonheur d'être nés et d'avoir grandi en bonne santé, qu'ils n'aillent pas gâter leur organisme, risquer de traîner toute une

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vie, une voiture endommagée, sous le prétexte ridicule de faire plaisir à un copain ou d'afficher une fausse crânerie.

L'irréflexion est regrettable, lorsqu'elle occasionne la mort du jeune homme, renversé dans le fossé, parce qu'il roulait à pleine vitesse. Elle n'est pas plus excusable, lorsqu'il compromet sa santé, son avenir, celui de sa famille, son bonheur, celui de tous ceux qui l'entourent, en voulant traverser trop jeune, une rue dont il ne connaît pas assez les dangers.

Qu'il sache attendre. Il n'en sera que plus heureux. Pour avoir modéré ses désirs deux ou trois ans peut-être, il rencontrera de meilleures heures pendant quarante et cinquante ans.

Carosserie propre, attrayante ...

Et notre organisme étant en bon ordre, il ne faut jamais perdre de vue que le constable ne peut laisser tout faire, sans conduire tout le monde à la tuerie.

Il faut à chacun, dans la police de sa vie, tout comme chez la police qui nous arrête au coin des rues, du tact, de la mesure, de la modération.

Nos efforts ne devront pas être moindres pour soigner notre extérieur.

La brillante automobile dont le moteur serait en mauvais ordre, risquerait d'être bien peu appréciée.

Mais si le moteur est en bon ordre, chacun tiendra à ce que la carosserie soit propre et attrayante.

Le record dr la distinction ...

La propreté, la distinction ne coûtent pas d'argent, elles demeurent à la portée des pauvres comme des riches.

Nous sommes de famille obscure, notre père n'a aucun titre, nous devons gagner notre vie comme mille autres. Nous voudrions nous distinguer ?

Tous les records paraissent obtenus, il ne nous en reste aucun à conquérir. Nous demeurerons donc obscurs, ignorés, avec un petit salaire, une petite vie, de petites ambitions ...

Nous aurions tort, il nous reste un moyen, il éclipsera nombre de records. Soyons toujours propres, toujours distingués.

Nous serons surpris d'en rencontrer relativement peu qui voudront nous imiter. C'est que pour y arriver, il faut faire un effort, se vaincre ; et la masse ne fera pas l'effort, elle demeure pares-

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seuse. Nous ferons cet effort.

La propreté relève l'homme ; la distinction donne une auréole de respect qui est simplement la récompense de l'effort, apporté pour la conquérir.

Nous sommes distingués, nous sortons de l'obscurité, du rang des inconnus, car nous sommes déjà remarqués, nous devenons quelqu'un, marqué au sceau d'un caractère, nous en avons laissé dans l'ombre des milliers qui ne veulent pas s'astreindre à l'être.

Ils préfèrent suivre la foule, ne se priver pour personne. Ils fuient à peu près toute retenue, ne connaissent aucune gêne. Ils ne soignent même pas leur langage.

Tout devient bon pour eux. Ils oublient que ne se gênant à peu près jamais, ils gênent assez souvent les autres.

Il nous en coûtera davantage pour obtenir la distinction, devenir de l'élite.

Nous serons largement compensés de cet effort. Nos bonnes manières, notre distinction nous serviront d'introduction là où notre rang, notre profession, notre fortune ne nous auraient pas permis d'atteindre.

L'éducation, qui nous amène à nous priver raisonnablement pour les autres nous ouvrira

bien des cœurs, nous permettra d'en conserver la chaude sympathie.

Modération et effort ...

Nous ferons donc en sorte de souffrir !e moins possible par notre corps, ce sera déjà beaucoup. Nous verrons à ce que notre organisme bien entretenu, nous procure longtemps les plaisirs légitimes de la table, des sports, ce sera encore mieux.

Nous retenant aux limites où nous commencerions à gêner les autres, nous pousserons notre éducation jusqu'à la délicatesse des manières, à une distinction achevée.

Notre bonne santé remplira ainsi son rôle d'élément véritable de bonheur.

Et nous retiendrons, à chaque étape de notre voyage, que cette bonne santé, si justement souhaitée par tous, ne dépend la plupart du temps que de notre bonne volonté, mise au service d'une modération et d'efforts qui dépendent encore de nous.

Vivre heureux, physiquement, goûter ces première Miettes de Bonheur, ce sera d'abord

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