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LE PRINCE LEBRUN

Un mot fait placer un homme. Oui , pourvu que ce mot sorte de la bouche ou de la plume d'un des grands de la terre et tombe dans l'oreille ou sous les yeux d'un ambitieux ou d'un ministre.

Le prince Lebrun , duc de Plaisance , architrésorier, écrivit d'Amsterdam, le 23 janvier 1812 , à M. de Montalivet, ministre de l'intérieur :

« Monsieur le comte ,

» Je reçois une lettre de madame de Royères, née Beaumont, et petite-nièce de M. de Beaumont, archevêque de Paris, qui avait beau-

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coup d'amitié pour moi. Elle invoque sa mémoire et me demande de protéger son mari, qui voudrait se consacrer au service de Sa Majesté dans la carrière de l'administration.

» Je porte le plus grand intérêt à cette famille ; je suis bien sur qu'elle a les sentiments d'honneur et de loyauté que j'ai connus à M. l'archevêque de Paris et à M. le vicomte deBeaumont, homme de mer très distingué, connu par le combat de la Belle-Poule. Mais je ne connais le mérite de M. de Royères que par le témoignage de sa femme.

» Ne pourriez-vous pas, Monsieur le comte, prendre quelques renseignements, et, s'ils étaient tels que je crois qu'ils doivent être , présenter M. de Royères à Sa Majesté pour l'emploi dont vous le reconnaîtriez capable. C'est un devoir de ramener les bonnes races au service de l'état.

» Je renouvelle à Votre Excellence les assurances de mon inviolable atttachcment.

» Le duc de Plaisance. »

M. de Montalivet porta cette lettre à l'empereur, qui lui dit : « Faites ce que désire Lebrun, » placez Royères. »

Lebrun, en 1760, avait trouvé une petitenièce de Corneille, et ce fut lui qui la recommanda à Voltaire. Voltaire la prit, l'éleva, la dota, la maria à Dupuils d'Angely. Elle eut des enfants.

Un petit-fils de Corneille se montra ; il se nommait Claude Etienne. Il alla àFerney; Voltaire lui donna de l'argent. Ce Claude vint à Paris , eut une petite place, se maria, et eut une fille que Lebrun prit chez lui.

Lebrun prit de môme madame d'Angely, qui était devenue pauvre ; mais ces deux femmes, qu'il avait recueillies , se disputèrent constamment entre elles. Il ne put les garder. Il fallut renvoyer la d'Angely,

Tous les Corneille mendiaient J'en ai vu plusieurs, j'en ai fait secourir par les ministres. Champagny, Montalivet, Carnot, tous ne demandaient pas mieux que de favoriser ce nom. J'é-

çrivis à la Comédie-Française ; il y eut des représentations à bénéfice.

C'était de même pour les Racine , pour les La Fontaine.

M. de Cazes fit ériger des statues à ces illustres, mais les familles sont dans la misère.

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