‹ Mignard et RigaudChapitre 14 sur 38 · MO · texte numérisé non relu

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foKes de roman. Il est probible qne e*élait un fils de notre marquis. M. de Brissac ayant servi de second à an gentilhomme §«e ee Mariaœë avait tué en duel , le regardait avec ravisaemeftt et disait ;

-" Ce jeune homme-là est ua aimable cavalier, bien mis, riche, de mine galante, et qui tue admirablement son monde.

C'étaient de bien beaux éloges et qui eussent fait plaisir au père de ce jeune seigneur.

Ce que fit la reine Christine par la suite des temps a donné trop d'occupation aux historiens pour que nous ayons à en parkf . On connaît ses paroles remarquables aux grands de son royaume, qui la pressaient de se marier :

-^ Peut-être, leur dit-elle, ce que vous désirez si fort serait'il un malheur pour la Suède, car il se pourrait aussi bien qu'il sortît de moi un Néron qu'un Auguste.

Mais comme les sujets ont souvent plus de souci de savoir à qui donner leur amour que les princes n'en prennent de le conserver, les représentations des Suédois se renouvelèrent en beaucoup d'occasions. Christine répondit une autre fois, en particulier, au général Torstensoo, de fiiçon à ne lui laisser aucun espoir :

— Si vous lenei à mon gouvernement , lui

disail<elk« gârdn-vaûs de souhailer que j* preime «d mari Je ne suis poûil de ees gens qui pevyent neiier de from leurs passions et les aSùres d'un royaume. Il me faudrait choisir entre les deux, et sitdt que rameur aura une place dans mon eœur, il étoufifera tous les autres sentiments. Je voudrais être aimée pour moi et non pour ma couronne. Celui qui recevrait ma main se devrait résoudre à Taccepter toute seule» car j'abdiquerais la veille de la célébration. Tenez cela pour certain.

U ne serait pas impossible que le souvenir des ajpaours de dona Marie et du marquis de Mariamé fût entré pour quelque chose dans les résolutions de la jeune reine. Du reste elle a bien prouvé qu'en parlant ainsi elle disait sincèrement, puisqu'elle abdiqua cinq ans après, non pour une passion , mais pour se livrer simplement à son goût des sciences et du bel esprit.

On a beaucoup écrit sur ces événements extraordinaires et sur les voyages de Christine. La grande Mademoiselle nous apprend , par ses gros mémoires, que cette reine fut regardée en France avec plus d'étonnement que d'admiration.

Si les passions ont un peu tardé à prendre racine dans le cœur de Christine , elles y ont rapi-

dément poussé. La fille de Gustave-Adolphe a montré qu^elle sentait avec assez de vivacité , le jour qu'elle fit massacrer impitoyablement Monaldeschi dans la galerie des Cerfs de Fontainebleau. Elle eût mieux fait, à mon sens, d*agir en cette occasion, comme le commun des femmes, qui pleurent d'une infidélité d'abord , et finalement la pardonnent ou s'en consolent par ud autre amour.

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