‹ Mignardises amoureuses de l'admiréeChapitre 18 sur 33 · BAISER III · texte numérisé non relu

BAISER III

Quand j'engoule tout goulu , Ce blanc teton pommelu, Quand tout folastre j'arrose Cette cinabrine rose.

Et quand pressant sèchement

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Et quand suçant moitement

Ces deux chastes levrelettes

Fraichettement rougelettes,

En mille baisers mignards

Qui me lancent mille dards,

Mille dards dont se distille

Le musq, l'ambre et mille et mille

Et mille douceurs encor,

Qui d'un parfumé trésor

PouiToient déflairer honteuse

Toute l'Arabie heureuse ;

Et si ne voudroy cet heur

Changer au royal honneur.

Puis, quand, à demy rendue, ^

Dessus un lit estendue.

D'un œil tremblant endormy,

Tu soulevés à demy

D'une lasciA-e jambette

Le rond de ta cottelette,

Dout je descouvre le blanc

De ta cuisse et de ton flanc...

Et bien encor quelque chose

Que vrayment dire je n'ose,

Plus de ta cuisse goulu

Que du teton pommelu.

Puis m'esgarant (ha ! ma plume,

De peur que tu ne t'allume

Toy mesme d'un feu si chaud,

IV'entre point en cet assaut)

Pense si je voudrois estre

Alors gouverneur et maistre

De tous les peuples divers

De tout ce grand univers,

Ou mesme de la machine

De ceste voûte divine.

BAISER lY

Qui a leu comme Vénus Croisant ses beaux membres nus Sus son Adonis qu'ell' baise, Et lui pressant le doux flanc- Son col douillettement blanc, Mordille de trop grand aise;

Qui a leu comme Tibulle

Et le chatouillant Catulle Se baignent en leurs chaleurs ; Comme l'amoureux Ovide, Sucrant un baiser humide, En tire les douces fleurs:

Qui a veu le passereau Dessus le printemps nouveau Pipier, battre de l'esle.

Quand d'un infini retour Il mignarde sans séjour Sa lascive passerelle;

La colombe roucoulante, Enflant sa plume tremblante, Et liant, d'un bec mignard, Mille baisers, dont la grâce Celle du cygne surpasse Sus sa Lœde fretillard ;

Les chèvres qui vont broutant Et d'un pied léger sautant Sus la molle verte rive, Lorsque d'un trait amoureux

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Dedaus lenr flanc chaleureux EIP brûlent d'amour lascive ;

Celuy qui aura pris garde A cette façon gaillarde De tels folâtres ébas ; Que par eux il imagine L'heur de mon amour divine, Quand je meurs entre tes bras !

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