Histoire de France^ liv. lU
MICHKLKT. 193
gens, volant et violant, fort mal avec FÉglise. Il faut dire aussi qu'il n'a pas si bon temps que le roi de France. Il a bien plus d'affaires ; il gouverne à coups de lance trois ou quatre peuples dont il n'entend pas la langue. 11 faut qu'il contienne les Saxons par les Normands, les Normands par les Saxons, qu'il repousse vers leurs montagnes Gallois et Écossais. Pendant ce temps-là, le roi de France peut, de son fauteuil, lui jouer plus d'un tour. Il est son suzerain d'abord ; il est fils aîné de l'Église, fils légitime ; l'autre est le bâtard, le fils de la violence. C'est Ismaël et Isaac. Le roi de France a la loi pour lui, « celte vieille mère avec son frein rouillé, qu'on appelle la loi ». L'autre s'en moque, il est fort, il est chicaneur, en sa qualité de Normand. Dans ce grand mystère du xu^ siècle, le roi de France joue le rôle du bon Dieu, l'autre a le rôle du diable *. Celui qui écrit ainsi l'histoire oubhe, sans doute, que Henri VI, enfant, a