Philosophie de l'histoire de France
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hantée que par Tamour. Elle avait des amours de toutes sortes : Famour de la patrie au plus haut degré, l'amour de la justice, lamourde l'amour. Elle n'était pas étrangère à la haine. J*en trouve quatre dans son Histoire de la Révolution^ qui lui avaient été soufflées dans son enfance, et que V Histoire de France aysLil entretenues, développées, envenimées: la haine du prêtre, la haine du roi, la haine de l'Anglais et la haine de la bourgeoisie.
Comment, ayant dans son cœur cette haine du prêtre, a-t-il pu écrire tant de belles pages sur la croix de bois du Cotisée, sur la vieille nourrice du genre humain? C'est qu'il ne l'avait pas originairement, cette haine ; elle lui est venue, ou elle a étrangement grandi. Il y avait en lui la nature qu'il avait reçue, et celle qu'il s'était faite. Peut-être aussi, à force d'exercer le pouvoir de résurrection dont il était doué, s'incarnait-il dans un nouvel être à chaque époque qu'il traversait de la vie du monde. Il avait été un Allemand rêveur sur le parvis de la cathédrale,
à Cologne, et il était devenu philosophe, en suivant avec Rousseau les développements du Contrat social. Je me figure volontiers, et il se figurait lui-même, qu'il n'était pas un homme, mais Thumanité dans sa marche.
Même dans le cycle si court, quoique si compréhensif, de la Révolution, il a été d'abord rhom me de 89, et ensuite, je le crains bien, celui de 93, non pas avec Robespierre, non jamais, mais bien près de Danton. Quand a commencé, dès 1789, celte grande aventure de la constitution civile du clergé, il a vu sur-le-champ qu'elle portait en elle le sort de la Révolution. Il s'appelait aloi's Camus ou Lanjuinais. Il disait qu'il fallait de la religion, qu'elle était nécessaire et même sacrée ; mais qu'il importait, même pour elle, de réformer des abus vraiment monstrueux.
Peu à peu il s'irrita de la contradiction et ne vit plus que les abus. U avait d'abord reconnu qu'en toute matière de concordat, on doit admettre, ou supposer tout au moins, qu'une des parties contractantes a la foi ;
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mais quand oa en vint à refaire les circonscriptions diocésaines d'après les limites des déparlements sans recourir à une nouvelle institution pontificale, il refusa de comprendre les scrupules des évêques, et les déclara de mauvaise foi. Ce n'était, selon lui, qu'un prétexte de guerre civile. « Ces facéties sérieuses qui, à Paris, faisaient hausser les épaules, n'en avaient pas moins l'effet voulu, dans l'Ouest et le Midi *. » A la fin de ces débats où tant d'érudition et d'esprit politique furent dépensés en vain, où la passion finit par prendre le dessus, on décida de voter par appel nominal. Fausse mesure, dit-ih Livré à lui-même, le clergé abject duxviii* siècle aurait voté en silence la constitution, qui lui accordait de larges dédommagements. Donné en spectacle, il se divisa en deux bandes:
l'une, en qui se réveilla, à défaut de la foi du prêtre, l'honneur du gentilhomme; l'autre, qui ne put résister au désir de parader, de