‹ Mignet, Michelet, Henri MartinChapitre 32 sur 44 · Histoire de la Révo/wfton, liv. IV, cli. tî · texte numérisé non relu

Histoire de la Révo/wfton, liv. IV, cli. tî

Michelet a tant d'aversion pour le prêtre, que ce nom devient pour lui synonyme do fanatique, lâche et cruel. Le fanatisme, la lâcheté, la cruauté et Thabileté réunis, constituent le caractère du prêtre. Quand il veut expliquer son éloignement pour Robes • pierre, après l'avoir une fois appelé « ce grand homme », quoique rien dans son livre ne justifie ce surnom, « c'est un prêtre », dit-il*.

Sa haine pour le roi est moins violente, quoique plus ancienne. Il est né républicain. Aucun roi n'a jamais trouvé grâce devant lui, si ce n'est peut-être saint Louis. Il voit toujours le roi d'un côté, le peuple de l'autre; il

i. Histoire de la Révolutiorij dans un paragraphe intitulé : De la méthode et de l'esprit de ce livre.- <« Nous avons loué provisoirement, là où ils étaient louables, le prêtre Sieyès et le prêtre Robespierre, le scribe Brissot et d'autres. » Tome II, page 546. Et consulter page 574: « L'apôlre de la Terreur, sous Tamusante figure de Messie des vieilles femmes, ne fut plus terrible à personne. Le terrorisme sentimental, la grimace de Rousseau (dont Rousseau eût eu horreur), ne peut plus se soutenir. Le jour où le dictateur apparut comme roi futur des prêtres, la France réveillée le déposa à côté de Louis XVL »

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est le peuple, il traite le roi en ennemi. Les historiens hommes d'Klal disent que les rois ont fait l'unité de la France. Elle s'est faite malgré eux; ils n'ont su que diviser la France en apanages, ou perdre des provinces payées de notre sang. La famille des Bourbons est une pépinière de rois médiocres. Louis XVI, par sa mère, est étranger, comme tous nos rois. Plusieurs sont des bâtards. François I", Louis XII, Louis XIV n'ont d'autre pensée que de mettre Tinceste sur le trône. Il y a révolte, mais dans Tintérèt des grands, nullement dans l'intérêt des mœurs. Le roi, do temps en temps, luttait contre le pape, et le pape contre le roi ; toujours pour de l'argent. Cette lutte de nos dieux remplissait le monde de trouble, jusqu'au moment où, ayant mesuré leurs forces, ils disaient : « Partageons. »

Le meilleur des rois de France, selon lui, c'est Louis XVI. Il n'hésile pas à le dire.

L'impartialité ne lui coûte pas, il a toujours voulu être impartial. S'il voyait ce qu'il y a de bien dans ses ennemis, il le dirait. Il ne le

voit, pour ainsi dire, jamais; il est aveuglé par la violence de ses préjugés. Louis XVI était laborieux, instruit, économe. Il aimait le peuple à sa façon. 11 réforma les hôpitaux, les prisons, sépara les prisonniers pour dettes des malfaiteurs, essaya de mettre un peu d'ordre dans la justice et dans les finances*. Il a déployé, à plusieurs reprises, un grand courage : le 20 Juin, quand il supporte, à lui seul, l'assaut d'un peuple ; pendant son procès, . à sa mort. C'est un saint. De cela, Michelet ne lui fait pas fête. Avec sa figure paterne, il est bon à mettre dans une niche sous le portail d'une cathédrale '. Quand il a bien juré la constitution, il demande la permission du pape, pour la violer secrètement. C'est à peine s'il est Français, étant, comme chrétien, indifférent à la nationalité. Il sait bien, le 20 Juin, que sa vie tient à un fil; mais il est

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