‹ Mil neuf cent quatorze-mil neuf cent seize - poésiesChapitre 5 sur 32 · LE SERMENT · texte numérisé non relu

LE SERMENT

Je jure de garder dans mon cœur cette haine Jusqu'à sou dernier battement ;

ue son venin sacré se mêle dans ma veine A chaque goutte de mon sang I

Que l'on voie à jamais sur mon sombre visage

Sa rude ride sans pardon g creuser dans ma chair pour y dire l'outrage

Dont elle marque le àillon !

« Par mes champs dévastés, par mes villes en flammes

Par mes otages fusillés, Par le cri des enfants massacrés et des femmes,

Par mes fils tombés par milliers,

(c Je jure de venger le Di-oit et la Justice, De vaincre ou de mourir pour eux.

Moi, la France, et je veux que ma voix retentisse, Au cœur de mes morts valeureux !

« Et ce double serment de colère et de haine.

En face du ciel, je le fais.

Devant les saintes eaux de la Marne et de l'Aisne

Rouges encor du sang français,

Tandis qu'éblouissante et sacrilège torche

Je regarde, avec un frisson, leims, ta sublime nef, du chevet jusqu'au porche, Qui brûle et croule à l'horizon ! »

ao septembre 191 4-

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