‹ Milice et défense du Canada [microforme]Chapitre 2 sur 40 · RER ET SET ES · texte numérisé non relu

RER ET SET ES

sept du bill, relativemont à la refonte des cadres des difrérentes provinces ; mais aujourd’hui que tout est sous la seule surveil- Jance du gouvernement, la clause a été amendée de façon à assurer la continuation des cadres actuels, tandis que l'on a retranché la dispoaition relative au second engagement, qui n'est plus nécessaire.

Les‘clauses dix et onze, qui concernaient aussi la période de tranaition, ne sont plus nécessaires et on les a retranchées ; en conséquence, les clauses, à partir de la première jusqu'à la vingt-deuxième, ont reçu de nouveaux numéros.

Le paragraphe premier de la clause vingt et unième contient des dispositions pour l’organisation, outre le corps de milice active ordinaire, d’un escadron de cavalerie, de trois batteries d'artillerie (dont deux seront les batteries À et B, qui existent aujourd'hui), et do trois compagnies d'infanterie.

C’est la partie la plus importante du bill.

J'aimerais à lire à la Chambre et commenter aussi brièvement quo possible ces changements, qui sont réellement indispensables, puisqu’il est admis que le Canada désire garder un corps de milice,

La clause 21 contient des dispositions pour l’organisation de trois écoles d'infanterie, ainsi que pour l'organisation d'un escadron de cavalerie, à peu de frais pour le pays. On se propose de diviser cet escadron entre Québec et Kingston, et je dirai pourquoi l’on a l’intention d'organiser cet escadron comme le stipule ce bill. A Québec, comme on le sait parfaitement, nous avons la batterie A ; à Kingston, la batterie B, qui sert aussi à former les cadets du Collège Militaire Royal et de tout officier qui désire subir un examen "dans le but de devenir instructeur, soit de l'infanterie ou de l'artillerie, dans les différentes divisions du service enseigné dans cette école.

On a l'intention de diviser trente deux chevaux entre Québec et Kingston, une moitié pour la batterie B et l’autre moitié pour la batterie A. En stipulant qu'on augmentera ainsi la force des batteries, on a l'intention d'établir une école d'instruction à très peu do frais; ce qui, d’après moi, est de la plus hante importance en ce qui concerne notre milice.

Les derniers événements qui ont eu lieu en Egypte nous ont prouvé à quelles excellentes fins l’on faisait servir l'infanterie montée. Il est impossible de supposer qu'une armée qui exige qu’un officier monté la commande, ait quelque efficacité, à moins que cet officier monté puisse aussi commander son cheval.

Il est absolument nécessaire que nos officiers, avant d'être promus, apprennent à monter à cheval, afin que, :lans les cas do nécessité, ils puissent servir comme officiers montés.

La clause vingt et unième dit:

Vu que par suite du rappel des troupes régulières impériales, il est devenu nécessaire de pourvoir à la garde et à la protection des ports, des magasins, des armements, du matériel de guerre, et à d’autres services de ce genre, ainsi que d’acsurer l'établissement d'écoles d’instriction militaires afhliées à des corps enrôlés pour un service continu, il sera loisible à Sa Majesté de lever, poster et entretenir, en outre des troupes ordinaires de la milice active, une compagnie de cavalerie, (dont deux seront les batteries d'artillerie ‘‘ À ? et ‘*B’’ actuellement enrégimentées), et trois compagnies d'infanterie au plus—l’effectif entier de ces différents corps ne devant pas excéder sept cent cinquante hommes. Les officiers seront nommés durant bon plaisir, et les soldats serent enrôlés pour des périodes de trois années de service continu, sous l'autorité de règlements qui devront être faits pur le Gouverneur en conseil.

Conformément aux règlements du département de la Milice, aucun officier appartenant à un bataillon d'infanterie ne pourra avoir sa commission à moins qu'il n’ait subi un examen de suffisanco et qu'il

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en ait reçu un certificat. Depuis que les écoles militaires organisées pendant que sir George Etienne Carter était ministre de la Milice, ont disparu, nous n’avons eu, en réalité, aucune école d'instruction, à l'exception des batteries À et B, qui ont rendu des services précieux au pays, nous n'avons eu, dis-je, aucune école d'instruction où il fût permis aux officiers militaires de suivre un cours, de recevoir un certificat et d'obtenir des commissions, Comme militaire, M. l’Orateur, vous savez que le trait le plus saillant d'une organisation militaire est d’avoir des officiers et des sous-officiers parfaitement instruits, Ces officiers convenablement formés et parfaitement instruits peuvert, en très peu de temps, trouver des hommes et organiser un corps qui pourrait rendre de grands services quand les circonstances l’exigeraient, Le point le plus important du bill relativement à ces écoles d'infanterie est celui qui fait des dispositions pour donner le moyen d'instruire et de former des officiers d’infanterie qui ont l'intention de passer leur vie au service militaire. On se propose d'enseigner, dans ces écoles, toutos les branches d'instruction que des officiers d'artillerie, dans leur service particulier, acquièrent dans les écoles d'instruction à Québec et à Kingston, On fera des dépenses inutiles pour maintenir un corps de milice au Canada si l’on n’a pas des officiers et des sous-officiers convenablomont formés, oxercés et instruits. Si co bill devient loi, le département a l’intention de ne pas donner de commission ni de permettre aux sousofficiers d'être promus tant qu'ils n'auront pas un certificat pour prouver qu'ils ont passé par cetto école d'infanterie et.qu'ils sont aptes à remplir les devoirs de la position qu'ils acceptent dans la milice. Je crois que l'argent que Von dépense à mettre la milice sar un pied convenable est de l'argent dépensé à propos. Nous constatons aujourd’hui les beaux résultats qui ont suivi l'établissement des batteries A et B, nous voyons dans toute la Confédération des hommes qui, bien qu'ils n'aient passé que pou de temps dans ces écoles, possèdent des connaissances militaires très étendues en ce qui concerne l'artillerie; et je n’hésite pas à dire que quelques-uns de ces hommes qui ont passé trois ou quatre ans, ou, peut-être, six ou sept ans, dans ces batteries, sont tout aussi bion formés que les réguliers que vous trouvez dans l’armée anglaise. Le but que l’on se propose, c'est d’avoir, dans ces écoles, une instruction qui rendent les mêmes services à l'infanterie, que les batteries À et B rendent à ceux qui vont y étudier l’artillorio.

M. ROSS (Middlesex-Ouest) : L'honorable ministre aura-t-il l'obligeance de nous dire où il a l'intention d'ouvrir ces écoles ?

M. CARON : Je puis dire qu'il y aura une école d'infanterie aux provinces maritimes. Il peut arriver qu’il y en ait une dans la grande province d'Ontario, mais je ne suis pas bien sûr qu'elle soit placéo dans le comté de l'honorable député; et il peut arriver, aussi, qu’il y en ait une autre à Québec.

M. ROSS: C'est assez près.

M. CARON : On a ajouté un paragraphe à la clause vingt-neuf, stipulant qu'il y aura, aux quartiers généraux, un Quartier-maître général qui occupera le grade de colonel dans 18 milice. A ceux qui ont étudié la question, je n’ai pas besoin de faire remarquer l’importance d'un tel officier dans une milice organisée comme la nôtre. On peut le nommer ou non, mais nous faisons une disposition pour la nominatior,

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Comme je ne veux pas fatiguer très souvent la Chambre en lui demandant de faire des amendements au bill, on a aussi ajouté un paragraphe à la clause trente, Et et que deux ou plusieurs districts seront réunis pour des fins d'administration et qu'un seul Aideadjudant général sera nommé pour les districts ainsi réunis.

La clause trente-sept a été amendée de façon à faire disparaître la clause primitive exemptant de taxes les officiers de milice. La raison qui a donné lieu à ce changement est que je regardais cette clause comme tout à fait ultra vires. Ce Parlement n’a pas le pouvoir de se mêler de ce qui concerne les taxes des individus, question qui est laissée à la juridiction des provinces et aux municipalités où demeurent des membres de la milice. J'ai. cru qu'il était inutile de laisser cette clause dans le bill, et, en conséquence, je demande à ia Chambre de la biffer. Les clauses quarante-cinq et quarante-sept ont été amendées de façon à donner à chaque officier et à chaque sous-officier une soldo d'exercice, conformément à son grade, en remplacement de la solde qu'il reçoit aujourd’hui et telle que stipuléo par la loi actuelle. Elles stipulent aussi que, lorsque des corps de la milice recevront l'ordre de s’assombler dans des camps d'exercices pour les fins de l’exorcice militaire, ils seront pourvus de rations et dotentes, outre leur solde d'exercice. Je dois dire, M. l’'Orateur, et tous coux qui ont appartenu à la milice le savent, jo dois dire que les tentes et les provisions sont fournies conformément au système suivi pendant les quinze dernières années. C’est ce qui a toujours existé, comme je l'ai dit; mais en parcourant le statut, je n'ai trouvé aucune clause qui, en réalité, ait incorporé cette disposition de la loi actuelle qui régit l’organisation de la milice, et j'ai cru qu'en refondant et en amendant la loi, je pourrais insérer cette clause, afin de rendre légal ce qui a été fait pendant les quinze dernières années.

Les autres changements ont trait à la discipline. La ciauso soixante et quatre a été amendée en en retranchant les mots ‘et aussi lorsqu'il portera l'uniforme de son corps.”

Un paragraphe emprunté à l'acte impérial concernant l’armée, a été ajouté aux clauses soixante et treize et quatro-vingt-trois, relativement à la punition des personnes appelées comme témoins et refusant de rendre témoignage devant les cours martiales, et relativement à la punition des personnes qui incitent les hommes enrôlés dans la milice à déserter. Quant à cette clause, on verra qu'elle renvoie à un tribunal civil dans la localité où une cour martiale a pu: siéger, une cause portée devant la cour martiale; et si le tribunal eivil considère que l'acte dont on se plaint est un mépris de cour, et qu’il doit être puni, cette clause permet au tribunal ordinaire de s’en occuper et non à la cour martiale convoquée dans le but de juger les offenses militaires.

La clause soixante et quinze a été amendée de manière à rendre passible de punition les personnes qui réclameruient une solde sous prétexte qu'ils’ont fait l'exercice annuel dans plus d’un corps.

Nous voyons qu'il y a des circonstances où les hommes d’un corps ont retiré d’un autre corps une solde sous prétexte d'exercice, et nous avons cru qu'il était nécessaire de modifier la loi de façon à pouvoir mettre ordre à cette irrégularité du servico.

J'ai maintenant fini d'exposer à la Chambre tous les changements que propose le bill, Je crois que c’est un bill que le pays, ainsi que ceux qui s'intéressent à la milice, trouveront acceptable, J'ai eu le plaisir de rencontrer plusieurs de ces messieurs et je me suis toujours efforcé de connaître leurs opinions sur les po'nts les plus importants

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qui concernent l’organisation de notre milice, en tant qu'elle s'applique au peuple du Canada, et d'après tout ce que j'ai pu apprendre des honorablos messieurs qui ont lu le bill, on k regarde comme acceptable,

Je regrette d'avoir retenu la Chambre pendant si longtemps. Je puis dire, néanmoins, que je ne la retions pas souvent; ainsi, j'espère que l'on me pardonnera, surtout quand on se rappellern que je porte à cette question non-seulement l'intérêt que je suis obligé d'y porter comme ministre, mais encore un intérêt personnel, vu que pendant quelque temps, à une époque où tout portait à croire que la milice serait appelée à faire le servico actif, je m'y suis beaucoup intérossé. Je mo suis efforcé, au meilleur de ma connaissance et après avoir obtenu tous les renseignements que j'ai pu obtenir, à rédiger un bill qui, je lo crois, sera avantageux au Canada et à la milice.

M. VAIL : M. l'Orateur, mon intention n’est pasde prendre beaucoup du temps de la Chambre. Je suis certain que tous ceux qui m'écoutent sont, comme moi, reconnaissant envers l'honorable ministre de la Milice pour l’intéressante histoire qu’il nous a tracée de la milice depuis vingt-cinq ou trente ans, ou peut-être plus longtemps. J’abonde absolument dans ce qu'il a dit au sujet de nos corps militaires ; ils sont composés de miliciens qui valent pour le moins ceux de n'importe quel autre pays. Je suis certain que «i notre milice était appelée à défendre le pays, elle se conduirait aussi bien que les armées des autres nations, Et elle ne serait pas la seule à s'acquitter de cette tâche sacréo ; chaque citoyen, non-seulement en cette Chambre, mais dans le pays, courrait à la défense générale, en sorte que, sous ce rapport, nous sommes sur le même pied; mais la milice, comme corps composée d'hommes à solde, prendrait les devants,

Si la Chambre est prête à adopter ce projet de loi, je serai le dernier à m'y opposer, car j'ai occupé pendant trois ans le poste de ministre üs ia Milice et de la Défense, et je serais heuroux de voir notre système militaire aussi parfait que possible. Mais il me semble que c'est avant la fondation du collège militaire que l'honorable ministre aurait dû présenter ce projet de loi, qui pourvoit à l'établissement d'écoles ; mais le temps en est passé, et je considère que les deniers dépensés pour le collège militaire, où nos jeunes gens sont instruits dans le métier des armes, nous fourniront à l’avenir les soldats disciplinés dont le ays a besoin. D'après le budget, nous dépensons aujourd'hui 59,000 pour le collège militaire, et si nous devons établir, par ce projet de loi, ce que nous pouvons appeler une armée permanente — car ce n’est rien moins que cela—la dépense sora de $250,000 à $300,000. Je n’y vois aucune objection, L'honorable ministre ne nous à pas dit ce qu’elle coûtera, mais ce ne peut être moins que ce que je viens de dire, si l’on songe que deux battories coûtent de $125,000 à $128,000, et nous n'avons jamais un effectif de plus de 150 hommes dans la batterie À et dans la battorie B, et celui de la première est même au-dessous de ce chiffre.

L'honorable ministre nous a dit qne c’est là le seul changement. J'avoue, en effet, M. l'Orateur que c'est le plus important. Maisila parlé d'une autre section du bill qui ajoute aux frais publics sous la forme d’une dépense fixe portée à 82,300, ainsi que je le vois par le budget, |

J né veux pas retrancher sur les dépenses qui peuvent être réellement nécessaires, mais la Chambre devra comprendre que cet item représente un saïairo fixe. Je ne sais pas qui remplit les fonctions

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du Quartier-maître général, mais il doit y en avoir un, et il ne doit pas être nécessaire d'augmenter ce personnel des quartiers généraux en y appelant un autre officier recevant une solde de 82,000.

L'honorable ministre nous a aussi parlé de l'équipement ot de l'unifor me des soldats, ot il nous a dit que les deniers déboursés pour ces deux fins le seraient dans le pays. Il est fâcheux que l'honorable monsieur n'ait pris cette détermination avant aujourd'hui, J'ai remarqué que chaque fois qu’un député a proclamé en Chambre que le Canada doit être pour les Canadiens, il a été applaudi à outrance, Or, que voyons-nous par les dépenses de l’année dernière ? Lorsque j'étais à la tête de ce département, le Canada était pour les Canadiens, car les crédits que le parlement du Canada nous accordait pour les uniformes étaient dépensés au Canada, A:-t-on fait cela l'année dernière ?

Les comptes publics nous apprennent que 853,000 ontété dépensées en Angleterre pour les uniformes de la milice canadienne. Est-ce bien là garder le Canada pour les Canadiens ? Cela n’en a pas l'air.

Je ne prétends pas dire que tout ce dont nous avons besoin en fait d'uniformes pourrait être fabriqué ici tout aussi bien qu'en Angleterre ; et la Chambre n'aurait pas été autorisée à nous faire des : reproches si, à l'époque où nous étions au pouvoir, nous avions fait venir ces uniformes d'Angleterre, car nous n'avons jamais empêché qui que co soit d'importer quand il y avait avantage ou pour l'im-, portateur ou pour le pays. Mais l'administration actuelle ayant établi la protection .et proclamé que le Canada doit être pour les Canadiens, je crois qu’elle doit, autant que possible, faire dans le pays les dépenses du département de la Milice et des autres ministères.

Je n'ai pas bosvin d'en dire davantage. Ce projet de:loi, je suppose, va recevoir la seconde lecture ; lorsqu'il sera examiné section par section, nous le scruterons, et, si la Chambre l'adopte, nous essaierons de le perfectionner autant que ponte

Mais je dois dire que le pers tiendra l’administration actuelle et l'honorable ministre de la Milice responsabies de l'augment:tion des dépenses en rapport avec l'organisation de l4 milice.

M. O'BRIEN : Je suis sûr quo mes collègues de la représentation nationalé ont écouté avec plaisir le discours de l'honorable ministre de la Milice, ceux surtout qui, comme moi, ont consacré une grande partie de leur temps et un peu de leur argent au maintien de la milice. Je crois que la meilleure preuve que le Canada est, selon l'honorable monsieur, un pays guerrier—jo ne dis pas militaire, car uno nation peut êtro guerrière sans être militaire—c’est le fait que la milice existe encore,

La seule partie du discours de l’honorable ministre que je ne puis approuver cordialement, c’est celle où in s'applique à excuser l’augmentation des dépenses ; et je remarque que ce système est ici en grand usage. L’honorable ministre dos Finances, on annonçant, il y a quelques jours, une légère augmentation de 810,600 pour le service militaire, a cru devoir s’excuser parce qu'il se trouvait dans l’obligation de faire connaître cette nécessité. Eh bien! cette façon de procéder à l’égard de la milice et de tout ce qui s’y rattache est peu oncourageante pour ceux qui s’y dévouent, et il ne sied guère à l’ancien ministre de critiquer la nomination possible d’un officier d'état-major dont les services seraient certainement requis au besoin.

Les discours agréables et les observations fiatteuses ne manquent jamais ; mais les gens semblent croire, et je suis fâché de voir que beaucoup de députés partagent ce préjugé —que la milice peut exister

sans une dépense raisonnable ; ot jamais on n'essaie de l'améliorer sans se croire obligé de faire cette sorte d'excuse,

Je crois que le meilleur moyen d'en finir, c'est de montrer à la Chambre et au public qu'il n'est pas un pays auquel son organisation militaire coûte aussi peu qu'au Canada. Je crois qu'à l'époque de la Confédération il y a eu une espèce d’entente—je n'en puis trouver la preuve, mais je sais qu’elle existe—à l'effet qu'en recevant le reste des terres de l'artillerie lo Canada devait débourser pendant un certain nombre d'années au moins $1,000,000 par année pour l'organisation et l'entretien du service actif; ot qu'est-ce que ce chitfre représente pour la population ? et vous savez tous que, la plus grande partie du temps, depuis dix ans dans tous les cas, notre milice ne n018 a pas coûté plus que les trois quarts de cette somme, et souvont t.ès peu plus que $8500,000.

Beaucoup de nos honorables collègues do la députation prennent plaisir à citer l'exemple des Américains, et ils ont peut-être pa fois raison, non comme principe—parce que nous n'avons rien do commun avec nos voisins, —mais jour les leçons qu'ils peuvent nous donner sur plusieurs points pratiques.

On sera peut-être surpris de connaître les sommes que les Etats- Unis dépensent annuellement pour leur service militaire, indépendamment de la marine. De 1:72 à 1882, c'est-à-dire en temps de paix, le peuple américain a dépensé une somme annuelle de 845. 000,000 en moyenne, pour son armée seulement, Cette somme repré- 2 $1 par tête, d'après la moyenne de population pendant ces dix années,

Il est bon que ,nous sachions aussi qu'un certain nombre d'Etats dépensent des sommes d'argent qui sont considérables en proportion de leur population, et qui sont presque égales à ceiles que nous dépensons pour tout le Canada. Quand on consulte les rapports des adjudants-généraux, on est surpris, en cffet, de voir que plusieurs Etats de l'Union Américaine sont parvenus à organiser des corps volontaires bien équipés et armés; je ne puis dire qu'ils valent les . nôtres, mais la ditfiérence est bien légère, Leurs volontaires sont régulièrement enrôlés et soumis à des conditions aussi sévères que les nôtres ; il reçoivent une certaine solde, et la durée de service est de sept ans dans plusieurs Etats. Et voici qui démontre clairement l'intérêt que le peuple porto au service militaire: En 1880,—c'est le dernier relevé que j'ai pu me procurer, —l’Etat de New-York a dépensé pour sa milice d'Etat seulement, $181,679, c'est-à-dire presque autant que ce que noûs consacrons à toute notre milice. L'Etat du Massachusetts a dépensé $172,000, et celui de la Pensylvanie $300,000. KV

Il est donc évident, —pour tirer une leçon pratique de l'exemple que nous donnent nos voisins, —que s'ils jugent nécessaire de dépenser pour leur milice d'Etat presque autant que nous dépensons pour le nôtre, indépendamment d'une armée permanente, qui coûte quarante fois plus, nous ne pouvons lésiner quand il s’agit de notre service militaire.

L'honorable ministre de la Milice et son prédécesseur ont parlé de l'établissement du collége militaire. Je pense, comme l'honorable ministre, que le collége étant établi, il serait très malheureux de le fermer; mais no serait-il pas possible de l'utiliser pour Îles corps volontaires auxquels il vote pour ainsi dire des deniers qui pourraient être autrement employés? Co dont nous avons besoin, ce n’est pas d'un état-major hautement formé, mais bien d'officiers pour les régi-

ments ; ces officiers, lo collége ne nous les donne pas et ne nous les donnera jamais. 1

J'aimerais à savoir de l'honorable ministre s'il ne pourrait pas voir jour à ce que les talents et los connaissances mis au sorvice de co collége fussent utilisés d’une manière plus pratique; ne pourrait-il pas établir un cours d'instruction pour les officiers des corps volontaires? On atteindrait par là deux objets importants ; d'abord, l'instruction, qui est si nécessaire, serait donnée; ensuite, le collège sorait plus en harmonie avec les sentiments des corps volontaires, ce qui n’existe pas aujourd'hui,

Maintenant, plusieurs personnes y obtiennent une excellente éducation. C’est peut-être la meilleure école qui existe sur le continent, et, si j'avais un fils, je l'enverrais là. Mais l’objection, c'est qu'il enlève aux corps volontaires tant d'argent pour nous donner quelques officiers d'état-major que nous pourrions toujours avoir,—au lieu de nous donner ce dont nous avons réellement besoin, des officiers de régiment.

Quant au projet de loi, il y a deux ou trois points sur lesquels je veux attirer l'attention de l’honorabie ministre de la Milice, car je crois qu’il a par inadvertance commis une ou deux erreurs.

S'il veut bien jeter les yeux sur les articles huit et neuf, il verra qu'ils laissent en doute la question de savoir si les six mois d'avis exigés 80 trouvent pendant la durée du service, ou si l’avis doit être donné à l'expiration de cette période. Je sais qu'à présent il existe à cet égard bien des doutes chez beaucoup d'officiers et soldats, et j'ai sg que le projet devant la CHA no les faisait pas dis-

araître.

IL est un autre sujet que l'honorable membre a abordé dans la dernière partie de ses observations, et à l'égard duquel j'ai l'espoir qu'il me h son opinion de manière à laisser intact le 64me article original.

a rotranché du projet la seule partie conférant aux officiers le contrôle des soldats sous l’uniforme ailleurs qu'aux exercices ou à la parade. Actuellement, si les soldats se montrent en uniforme—ot 118 en ont. parfaitement le droit—et qu'ils n'obéissent pas aux ordres, nous pouvons les faire punir; mais depuis que ces lignes ont été retranchées par l'honorable ministre de la Milice, il n’y aura aucun moyen d'atteindre les contrevenants. Je serais même porté à être plus sévère que ne l'était l'article original et à y ajouter une ligne prescrivant quelque chose comme ceci: ‘en tout temps le soldat sous l'uniforme sera soumis aux ordonnances de la Reire.”

C'est là un point sur lequel il ne devrait y avoir aucun doute, et je crois que si l’honorable ministre l’examine avec soin, force lui sera de conclure qu'il à fait erreur et qu'il doit amender le projet en conséquence.

ke" dois dire, cependant, qu’il y a lieu d’être satisfait de ce que: l'honorable ministre de la Milice ne se soit pas laissé entraîné par les nombreuses théories préconisées de fois à autre au sujet de notro organisation militaire ; car il faut bien le dire, plus souvent qu'il ne faut, il semble que des gens snient battus de la manie d'écrire sur la. milice et de développer des théories de toutes les espèces qui, selon eux, ne pourraient que perfectionner notre effectif militaire.

Me gardaat de toute prétention et ne me guidant que sur le peu et ing a que j'ai acquise dans le servico—j'ai pe par tous les. grades depuis l'affaire du Trent—je dois dire que la conclusion à laquelle j'en suis venu est qu'il n'existe aucun système mieux adapté:

aux conditions et aux bosoins du pays que celui que nous avons. Tout en étant celui qui nous convient le mieux dans les circonstances, je crois quil offre aussi cet autre avantage de pouvoir être développé plus facilement et à moins de frais qu'aucun autre, s’il arrivait que ce développement devint nécessaire, Mais si l'on doit donner une complète efficacité à notre organisation militaire, l'honorable ministre de la Milice devrait avoir pris ses mosures pour demander à la Chambre un crédit qui permette d'appeler la milice sous les armes une fois tous les ans, et je crois quo si la Chambre donne à ce sujet toute l'attentian qu’il mérite, elle votera volontiers les fonds pour subvenir À cette dépense.

Avec la loi actuelle, et tel qu'ost fait le budgot présenté à la Chambre, les miliciens ne sont appelés sous les armes qu'une fois tous les deux ans, Il n’y aurait rien à redire à cela si nous avions une milice que pour jouer aux soldats ; mais si nous sommes sérieux et que nous dépensions cet argent avec l'intention de maintenir son orgunisation sur un pied d'efficacité, il me semble malheureux qu'une si grande proportion de $8750,000 qui figurent dans le budget militaire soit réellement gaspillée, car je considère qu’elle l'est avec notre système d'exercice une fois tous es deux ans,

L'année dernière, j'ai mené camper un régiment qui venait d’être formé, mais complet, Cette année, je suis exempt de ce servico, et mes hommes deviont attendre que la troisième vienne avant de camper de nouveau. Le résultat va être que toute la peine que nous nous sommes donnée pour réorganiser notre bataillen—réorganisation qui était devenue nécessaire dans les circonstances—et que tout l'argent dépensé pour nos derniers exercices, seront complètement perdu, parce qu’au prochain campement mes soldats auront oublié tout ce qu'ils avaient appris dans le cours du dernier, Mais ce n’est pas tout : ce long interval entre les exercices de camps a pour effet de détruire l'esprit de corps et de rendre indifférent le soldat à l'égard de sa propre instruction militaire et de l'efficacité de son régiment. En attendant que vienne l'époque de s'exercer de nouveau, le temps que le soldat a passé à ce service se trouve entièrement pr car, lorsqu'il est venu, il a alors droit de 8e retirer de l'effectif,

Je le répète, les exercices de la première année sont peu utilei, parce qu'ils ne sont pas continnés ; mais ceux do la troisième ne le sont pas du tout,

Il me semble que si l'honorable ministre de la Milice avait le courage de venir nous demander de voter l'augmentation de dépenses comparativement petite qu'il faudrait—$1,000,000 en tout suffirait, — la Chambre et le pays considéreraient que c'est une dépense utile. Une somme de $150,000 serait suffisante pour exercer toute la force pendant la courte période prescrite tous les ans.

De cette façon, les soldats auraient la chance de connaître leurs officiers et les officiers leurs hommes, l'efficacité du régiment augmenterait graduellement, et les troupes en général seraient en meilleure condition pour le service actif. Je fais l’appel le plus chaleureux possible à ceux aux yeux de qui l'économie passe avant tout, et je leur dis qu'il n’y a pas le plus léger doute que l’argent dépensé est en grande partie gaspillé, tandis que si l'on faisait la dépense additionnelle et relativement peu importante que j'ai mentionnée, on en rotirerait des avantages pratiques. IL nous faut tenir l'étatmajor sur un pied d'efficacité, et je regretterais que le niveau actuel baissât ; mais dans l'état actuel des choses la paie des hommes est la

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