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moindre partio de la dépenso, et si on sugmentait celle-ci de 8150,01:0, nous pourrions avoir une force tout à fait à La hauteur des besoins actuels du pays. A moins que l'on ne se décide à faire quelque chose dans co sens, pour ma part, je suis d'opinion que l'on aurait autant de profit à jeter dans le lac Ontario les sommes que l’on dépense,
en honorables députés paraissent chérir l'idée—qui déteint sur les honorables membres du gouvernement—que la force est tellement impopulaire qu'il n'est pas à propos de dépenser à son entretien ce qu'il faudrait d'argent pour la rendre eflicace, Eh bien ! je crois, M. l'Oratenr, que le grand nombre d'officiers élus membres de cotte Chambre prouve bion un peu que la force n'est pas aussi impopulaire que quelques-uns le croient,
Je ne pense pas qu'il y ait de dépenses que lo peuple encoure avec moins de répugnance que celles de la milice, parce qu'il comprend parfaitement x la masse de cet argent lui revient et tombe dans sos poches, Pour cette raison donc, ainsi que pour les autres motifs quo j'ai montionnés, je pense que ni l'honorable ministre de Ja Ministre ni le gouvernement ne doivent s'alarmer et craindre de marcher sur un terrain brûlant en s'occupant des dépenses de la milice. Comme je crois qu’ils proposent cette appropriation pour les fins des écoles d'infanterie, j'espère que les estimations budgétaires renformeront l’item additionnel qui permettra de rendre la forco efficace.
La dépense doit suflire à bion exercer la ‘force, ou bien il faut réduire celles-ci afin de ne pas dépenser les crédits. Il serait impossible de réduire la force, et je nu'aimerais pas à voir l'honorable ministre de la Milice tenter de se passer d'aucune des organisations militaires actuelles. S'il a des doutes sur sa popularité, qu’il essaye de retrancher disons la moitié des régiments existants,
Je crois qu'il trouverait cela besucoup plus dangereux quo au à menter les crédits affectés à la milice duns le but de donner à la force toute l'efficacité nécessaire.
Il y a un autre point que je veux toucher et qui intéresse tous les officiers, c'eat la fixation de l’époque des exercices. Avec le système actuel, ce n’est souvent que huit ou dix jours avant la date fixée qu’un employé peut aller trouver son patron et l’avertir qu'il lui aut partir. Il est bien probable que dans une foule de cas le patron lui dit que s’il part il n'aura pas besoin de revenir, Mais s’il était connu que la force serait appelée à taire l'exercice à une époque déterminée, ces difficultés cesseraient, parce qu'avec une entente préalable à ce sujet le congé se donnerait facilement, A présent, il arrive généralement qne les officiers n’apprennent Pr des exercices que très peu de temps auparavant, et dans de telles circonstances on ne peut s'attendre que des arrangements satisfaisants se fassent entro les officiers et les hommes ou entre les hommes et leurs patrons.
J'ai parlé sur cette question parce que je crois en connaître quelque chose, et je demande au gouvernement d'étudier les points que j'ai soulevés, parce que je les crois d’une importance pratique.
Au lieu de consacrer de nouvelles sommes à l'établissement d'écoles d'infanterie, je préférerais de beaucoup que le programme des études au collège militaire de Kingston füt conçu de telle sorte que les jeunes gens qui voudraient se mettre en étaÿ de prendre une commission pussent y étudier, identifiant ainsi la force avec le collège. On pourrait aussi s'arranger pour que tout cadet qui aurait obtenu un certificat do première ou de seconde année appar-
tiondrait à quelque régiment et serait toujours prêt à courir à son poste quand le Os sorait ne Si l'on faisait cela, l'on n'entondrait plus de plaintes contre le collège, A l'heuro qu'il est, on considère tout simplement comme un vol les dépenses fuites pour cette institution, parce Te sent que malgré sa valeur, elle ne devrait pas êtro entièremont à la charge du pays.
M. ROSS (Middlesex) : Je dois féliciter l'honorable miuistre de la Milice sur son savoir militaire et «a connaissance de l'histoire militaire de ron pays; mais jo ne puis lo féliciter sur los changements qu'il vout effectuer par son bill.
Je suis tout de même content qu'il propose la refonte de tous les actes de milice, ce qui nous permettra de comprendre plus facilement la loi à co sujot; mais, cumme l’a dit l'honorable député de Muskoka (M. O'Brien), les changements quo l'honorable ministre propose sont tout à fait dans la mauvaise direction, Il ne faut pas perdre de vue le succès de notre système de milice. Je crois l'honteable ministro rempli de zèle dans la conduite de son département —je ne sache pas que nous puissions avoir un ministre plus onthousiaste que lui ; mais je pense qu'il prend le mauvais moyen pour rendre la force de milice de ce pays eflicace,
Nous avons actuellement un corps d'officiers bien dressés, il yen a d'untres qui se forment dans les batteries ‘‘ À ” ct ‘“ B” et au collège militaire ; le côté de l'éducation dans notre système de milice est assez bion soigné, mais le point faible c’est l'exercice et l'instruction des hommes, Si l'honorable ministre pense qu'il no peut fuire meilleur emploi des crédits votés qu'en dressant les officiers du mieux possible, sans s'occuper suffisamment de dresser les hommes, je pense qu'il se trompe ; et, comme l'honorable député de Muskoka l'a admirablement démontré, il fait beaucoup pour nous enlever absolument les moyens de dépenser plus d'argeut pour l'instruction des hommes,
Notre service militaire coûte maintenant environ $8800,000 par an ; les crédits que le bill demande porteront la dépense annuelle à tout près de $1,000,000., L'honorable ministre veut former une nouvelle batterie. Celles que nous avons coûtent chacune $60,000, et je dois être dans le vrai si je suppose que la nouvelle coûtera autant, Il se propose aussi d'établir des écoles d'instruction militaire et de créer trois compagnies d'infanterie qui ne coûteront probablemont pas moivs cher que celles que nous possédons déjà.
M. CARON : Beaucoup moins cher.
M. ROSS: Bien, jo ne pense pas que tous ces ehangements puissent coûter moins que $100,000 ; ils augmentent les dépenses consacrées à dresser les officiers, aui le sont passablement bien déjà, tandis que la masse, les hommes sur qui nous comptons pour se battre quand les circonstances l’exigeront, ne seront exercés en quelque sorte pour la forme que douze jours par année. J'espère que l'honorable ministre remêttra son projet à l'étude, et que si de plus forts crédits sont nécessaires, au lieu de les employer dans le sens qu'il indique aujourd’hui, il les appliquera à dresser paifaitement les jeunes gens qui sont dans la milice. J1 pourrait leur accorder une paie journalière plus élevée que celle d'aujourd'hui, {ls sont disposés
sacrifier leur temps sans recevoir la pleine valeur de leurs sorvices. La guerre a sa gloire et ses misères ; eux abandonnent la gloire, je suppore, et prennent 50 cents pour la misère.
Augmentons le nombre de jours d'exorcices, rendons la force plus eflicace, au lieu de déponser dos sommes considérables pour le clinquants ot le flafla du service militaire. Je n'accuse vas l'honorable ministre d'extravagance dans son département, rnais je crains bien que les org Ÿ ca publics ne renforment la preuve qu’il tient plus à la
ompe et à l'apparat qu'à l'efficacité du service, Ce quo j'attends de
ui, c'est qu'il ne se laisse pas séduire par l'éclat et le faste des revues militaires, mais qu'il s'applique sérieusement au travail ardu et sincère de faire mieux exercer les hommes ; autrement, il vaut mieux abandonner toute l'entreprise. C'est une perte sèche pour le pays que de dépenser 81,000,000 par année si le service ne doviont pas plus efficace. Si l'honorable ministre a de l'argent de reste en mains, je pense qu'il devrait l'employer à récompenser nos volontaires de leurs nombreux sacrifices, au lieu de nous donner un Quartier-maître général dont on pourrait ne pas avoir besoin d'ici À cent ans,
Arrivant une invasion, l'honorable ministre peut trouver dans une journée, un Quartier-maître général qui saura où envoyer les approvisionnements : cependant son bill va probablement nous imposer un tel officier, dont le principal devoir, je suppose, sera de retirer ses Gi à tre rm mensuels,
L'm'a fait un grand plaisir d’entondre l'honorable ministre dire un mot du collège militaire ; je crois que c'est l’un des rouages les plus utiles de notre milice, nos jeunes gens y reçoivent une éducation qui, non-seulement leur infuse l'esprit militaire, n'en déplaise à l'honorable ministre de la Milice, dont les remarques semblent dire que nous avons tous cet esprit, —mais aussi une éducation intelloctuelle et physique complète.
Je suis donc bien aise de le voir défendre le collège militaire. Cependant, je regrette qu'il ne se propose point de substituer un officier dressé au Canada au Major général actuel. Jo n’ai pas envie de rééditer la prétention surannée qu’on doit garder le Canada pour les Canadiens. Je ne désire lancer aucune critique au Mujor général actuel. Je pense seulement qu'avec toute l'éducation militaire que l'honorable ministre prétend avoir été réçue par notre milice depuis 1836 jusqu’aujourd'hui, nous devrions pouvoir trouver dans le Canada un major général, un officier formé chez nous, connaissant assez la tactique militaire ainsi que tous les autres devoirs d'un major général, pour nous servir en cette capacité sans qu'on aille en chercher un en Angloterre. J'apprécie le talent des étrangers, mais n’y at-il pas eu de regrettables dificultés entre le Major général et nos officiers; bien plus, entre lui et l'honorable ministre de la Milice lui-même ? Elles ne provenaient pas de l'incapacité de cet officier, mais de ce que les officiers formés d’après le système militaire anglais ne sont pas assez souples, coulants, pour comprendre le caractère et les dispositions de nos miliciens, Nos volontaires ne peuvent souffrir qu'on les traite comme des soldats réguliers anglais.
Ils ne sont pas faits à ces exercices rigoureux, à ces exercices contiouels des casernes que font ces soldats parfaitement disciplinés et obéissants qu’un major général anglais formé én Angleterre s'attend peut-être à rencontrer ici. Nos volontaires peuvent devenir d'aussi bons officiers et soutenir le feu aussi bien qu'eux; mais non accoutumés À ce systômo de subordination, ils ne sont pas disposés à so laisser traiter comme un soldat anglais souffre qu'on le traite. Le romède, c'est un major général canadien, formé parmi nous, qui
connaît nos gens, qui comprend les difficultés que nos institutions
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-ces dépenses, il me semble qu'il faudrait s’y prendre pour y arriver
militaires ont À surmonter otles besoins du peuple en général. S'il arrivait que cette charge deviendrait vacante, j'espère que l'h3norable ministre, que je crois sincèrement désireux d'améliorer le service, trouvera un officier canadien formé parmi nous on état de la remplir et Va nommera, afin que nous ayons la satisfaction. de conférer à un Canadien la plus haute récompense possible,
Jo critiquerai de plus près certaines clauses du bill quand nous les discuterons en comité, Par exomple, je ne vois pas qu'il y ait nécessité pour l'honorable ministre de se réserver le pouvoir de se créer un corps de torpilleurs, dont on ee n'avoir pas in d'ici à longtemps. On pourrait peut-ôtr- laissor cela de côté, J'aimerais À avoir plus de détails sur la fabrique de cartouches, dont l'honorable ministre de la Miiice a signalé l'étublissement comme faisant époque dans l'histoire de notre milice; mais je n'en dirai pas davantago là-dessus, vu que j'ai donné avis d'une interpellation à ce sujet, J'espère que l'honorable mivistre prendra en considération les suggestions de l’honorablo député de Muskoka, ot trouvera moyen de no pas imposer au service militaire les énormos fardeaux que créeraient la formation d'une troupe de cavalerie ot d’une batterie additionnelles.
M. IVES: Nous avons tous été enchantés du résumé de l’histoire de la milice que l'honorable ministre nous a donné on proposant la seconde lecture de son bill; et je suis certain que les volontaires, dans tout le Canada, seront satisfaits et heureux de la manière hautement flattouse dont il a parlé de leurs services passés. Lo discours de l'honorable député de Muskoka m'a beaucoup plu aussi, 11 m'a paru renformer beaucoup de sens commun pratique en peu de mots. A mes yeux, ces questions de milice et de dépenses militaires sont de celles qu’on résout surtout avec le sens commun, et je ne pense pas qu'il se présente de meilleure occasion que celle-ci de discuter le principe sur lequel on base la dépense. Nous vivons à une époque utilitaire pratique. Voici le temps où le sabre va se convertir on serpette, où l'on va professer infiniment moins de respect que jamwis pour les pompes et les gloires do la guerre, Si nous songeons que des sommes considérables, eu égard à nos revenus, sont dépensées par l'honorable ministre de la Guerre du Canada, il n'est pas hors de propos de discuter les raisons qui autorisent cette dépense et le principe d'après lequel on le fait. Il y a des objets que nons pouvons avoir en vue en faisant cette dépense, que le gouvernement peut avoir en vue en nous demandant les crédits annuels | san les tins de la milice. Son but peut être en premier lieu d’avoir à sa disposition une force suffisante pour repousser les émeutes ou les insurrections, et de faire respecter les lois du pays. Ce peut être là son seul but. Ou bien, a-t-il en vue de créer, de dresser et de contrôler une force qui suffirait pour protéger efficacement notre territoire contre l’invasion étrangère; ou bien encore a-t-il un double objectif: réprimer l'insurrection domestique, et, au besoin refouler l'invasion étrangère.
Je crois letemps venu oùl’honorable ministre de la Guerre doit pouvoir
déclarer devant la Chambre si son but est simplement d'avoir sous la main une force qui suffirait à faire respecter nos lois et À nous protéger contre les insurrections intérioures et les émeutes, ou si son objet est en outre de créer, former et commander uno force qui serait capable do repousser l'invasion étrangère, du moins qui s'y offorcerait. S'il se propose ce dernier but, si c’est pour cela qu'il veut faire .
tout autrement que s’il ne s'agissait que de dresser des troupes pour réprimer les insurrections. Dans ce cas, il nous faudrait une force régulière peu nomoreuse, muis régulièrement exercée, comme les batteries “A” et ‘“B,” et qui, disséminée un peu partout dans le Canada serait amplement suffisante, et nous n'aurions plus besoin de collège militaire, d'écoles militaires, avec lour état-major nombreux et coûteux.
Si le but est tout simplement d’avoir uno arméo suffisante pour réprimer une insurrection, alors un petit noyau d'arméo régulière comme les batteries A et B est tout ce qu'il nous fuut. Un conséquence, je dois supposer que l'honorable ministre a en vue l’organisation et l'instruction d’une armée pour d’autres fins, une armée qui le mettra en mesure de résister avec succès à toute invasion dirigée contre le pays, car il a fait beauconp plus que pourvoir à l'organisation et à l’entretieu d'une petite armée. Mais il semble que si le but est tout simplement de préparer notre population à la guerre, les batteries “A” et “B’’ et l’augmentation de l'effectii proposée par le bill, sont tout à fait hors de proportion avec le reste du système. Il n’y a pas de rapport possible entre l'effectif régulier et l'effectif volontaire, parce que les volontaires ne voient jamais les réguliers, à moins que ces volontaires demeurent à Kingston ou à Québec.
Le noyau des réguliers ne fournit pas d'instructeurs d'exercices aux volontaires ; il n’a aucun rapport avoc les volontaires.
Alors, je me demande, si le but de l'honorable ministre de la Milice est d'enseigner à notre population l’art de combattre l’envahisseur étranger, où est la nécessité de l'armée régulière que nous commençonñs à organiser, ot où est la nécessité d'augmenter l'effectif de cette armée régulière? (Cela ne sert pas à instruire la grande masse de notre population. Si nous avions, à Kingston et à Québec, quelques hommes prrfaitement exercés:et aguerris, cela ne contribuerait pas À instruire la grande masse de notre population dans l'emploi de la carabine, lors mêmv que nous augmenterions l'effectif: et que nous y ajouterions une troupe de cavalerie ainsi que l'on 8e propose de le faire.
Je dis qu’il n’y a aucun rapport logique entre le collège militaire de Kingston et l'instruction de nos volontaires, parce que, si je comprends bien la chose, le but du collège n’est pas de former des officiers de régiment, on ne l’a pas des’ 16 à servir d'école de pratique pour les officiers et les sous-officiers qui do‘vent commander dans nos régiments ; en conséquence, c’est une institution qui n’a aucun rap-
ort avec ce que nous dovons considérer comme le but principal que ‘honorable ministre se propose d'atteindre en faisant cette dépense: pour le compte de la milice.
Maintenant, si le but est de faire contracter à notre population des habitudes guerrières, ou de les familiariser avec le maniement de la carabine, il y a deux lignes de conduite à suivre. En premier lieu, l’on pourrait créer des compagnies pour l'exercice de cadre, et en second lieu nous pourrions avoir, ainsi que nous sommes censés. les avoir, des compagnies au complet, Le gouvernement a adopté un plan qui consiste à enrôler des compagnies au complet, composées de cinquante bommes, et d'organiser des régiments complets. Nous devons supposer que son but est d'exercer et d’aguerrir ces compaguies complè ‘es; mais pour la raison qu’il n’a pas assez d'argent pour cela, au lieu de les exercer chaque année comme la chose est nécessaire pour que l'exercice profite aux hommes, s’il faut en croire l’horsrable député de Muskoka, il les exerce tous les deux ans;
et le député de Muskoka, qui est un guerrier pratique, nous dit qu'avant qu'ils puissent prendre part à lu seconde série d'exercices, ils ontoublié tout ce qu'ils avaient appris dans la première.
Il me semble que sur ce point l'honorable ministre devrait avoir un but plus défini. Si son but est tout simplement d'avoir un effectif suffisant pour réprimer une insurrection, alors un petit noyau d'armée régulière,çcomme les batteries ‘A’ ot ‘“B” est suffisant,et nous'n'avons nul besoin d'un système volontaire. Si son but est d'enseigner à uotre population à repousser l'invasion étrangère, alors ces batteries ne forment aucune partie de ce plan, et il devrait trouver les moyens nécessaires pour instruire et exercer les soldats de fagon à ce que leurs exercices leur soient de quelque utilité.
Pour ma part, j'ai toujours été en faveur du plan qui consisterait à former une armée de cadre. Il est impossible de s'attendre à ce que nous puissions avoir l'argent nécessaire pour instruire ot exercer d’une façon convenble le nombre nominal des volontaires maintenant enrôlées en C1.1ada, On ne peut s'attendre à ce que nous fassions cetto dépense lorsqu'il n’y a aucune guerre à l'horizon, aucune probabilité d’une invasion ; on ne peut s'attendre à ce que nous fournissions l'argent nécessaire pour exercer complètement et convenablement mème le nombre actuel de volontairss.
Alors que devons-nous faire? Dans mon opinion nous devrions adopter le système des cadres : c'est-à-dire qu'au lieu d’avoir des compagnies de cinquante hommes, nous devrions avoir des compaguies de dix hommes; au lieu d’exercer cinquante hommes et de les payer, nous devrions avo'r une compagnie moins nombreuse et l'exercer convenablement.
Les hommes ne devraient pas être exercés tous les deux ans, mais tous les ans, et l’on devrait leur payer une rémunération assez considérable pour nous permettre de les recruter parmi la meilleure classe d'hommes capables de porter les armes, et nous devrions ensuite insister pour qu'ils restent soldats pendant tout le temps pour lequel ils auront été enrôlés.
Avec le système actuel, il y a une telle différence entre le prix payé pour la journée du soldat et ce qu'il peut gagner par jour en se ivrant à n'importe quel autre genre de travail, qu'il est réellement très difficile d'attirer dans le service la classe d'hommes qu'il serait désirable d'y voir figurer en qualité de volontaires. ‘Grâce aussi à l'insuffisance de la solde, il est prosqu'impossible de faire observer la discipline, et la conséquence est que l'homme qui est enrôlé aujourd’hui et qui va au camp cette année est beaucoup plus certain que n'importe quel autre homme de ne pas assister à la prochaine série d'exercices. Lorsque la prochaine série d'exercices arrivera, il sera parti pour les Etats-Unis. pour Winnipeg, pour le fort Mc- Leod, ou pour quelque autre partie du Canada. On ne fait aucun effort pour le retenir ni pour le ramener, afin de lui faire continuer ses exercices la prochaine fois que la compagnie rocevra l’ordre do s'exercer.
La conséquence est que lorsque cet ordre est donné la compagnie se trouve composée en grande partie d'hommes nouveaux, Mais si ces hommes avaient été suffisamment instruits et exercés, le fait qu'ils seraient disséminés “ans les provinces d'Ontario et du Manitoba après avoir appartenu à des compagnies de la province de Québec ne nous ferait pas perdre le fruit des progrès qu'ils auraient faits, pourvu qu'ils eussent été suffisammont instruits pour ne pas oublier ce qu'ils avaient appris. Mais le temps des exercices est si
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court et il arrive si rarement, qu'ils no peuvent les apprendre suffi. ‘samment pour que cela puisse leur servir nulle part. Lo soul avantago qu'ils retirent des exercices c'est la connaissance du maniement de la carabine et la manière detirer avec un certain degré de précision.
Maintenant, il me semble qu'il est impossible d’affecter à ce service une somme d'argent plus considérable quo celle qu'on y atfecte actuellement. L'’honorable ministre devrait enrôler un nombre d'hommes moins considérable, les exercer chaque annév, peudant une période de temps plus considérable et les payer plus généreusement, et il pourrait insister pour avoir une meilleure classe d’hommes et pour que les volontaires continuent leur service pendant tout le temps pour lequel ils ont été enrôlés.
Il me semble que ce plan des cadres de bataillons atteindrait le but que l'honorable ministre se Lg se Il aurait au moins dix hommes par compagnie qui comprendraient parfaitement leurs exercices, et dans le cas d’une invasion ou d’une guerre ou de préparatifs de guerre, l’organisation serait complète, la compagnie serait organisée, les officiers seraient prêts à prendre leurs places, et tout ce qu’il serait nécessaire serait de porter l'effectif de la compagnie à son chiffre de cinquante hommes. Maintenant, je prétends que si l'honorable ministre réduisait le nombre d'hommes qu’il entreprend d'exercer, s’il ordonnait des exercices annuels, couvrant une période -plus longue, et faisait des hommes de véritables soldats, le plan qui consiste à instruire notre population et à former le noyau d’une armée, donnerait des résultats beaucoup plus satisfaisants que ceux qui ont été obtenus par le passé,
Il me semble que le projet de loi proposé par l'honorable ministre, en tant qu’il modifie l’ancienne loi, aura pour effet, non de faire des meilleurs soldats, mais de multiplier le nombre des officiers. Le défaut de notre système n’est pas autant le manque d'officiers expérimentés, que le manque d'instruction et d'exercices chez tout l'effectif en général. Le système que nous avons nous procure des officiers bien exercés, des gradués du collége de Kingston, des officiers qui ont été instruits aux batteries À e tB; maisles hommes ne sont pas exercés, n’ont q'une connaissance superficielle de l'usage des armes à feu, et s’instruisent très peu à l’organisation militaire, parce qu’ils ne sont pas convenablement payés et parce qu’ils sont convaincus que le gouvernement les traite d’une façon injuste et mesquino. Ils n'ont pas l'esprit de corps et ne portent aucun intérêt à leurs devoirs.
Naturellement, il y a quelques exceptions à cette règle à peu près générale. Il y a des régiments et des bataillons qui s'intéressent à leurs devoirs par pur amour de l'art, Il y a des corps qu'il est nécessaire d’excepter, mais ces remarques s’appliquent—j'en appelle aux officiers qui représentent des collèges électoraux en cette Chambre, et je les prie de me dire s’il n’en est pas ainsi—générale. ment à l’effectif de la milice du Canada au moment actuel.
Maintenant, comme je l’ai déjà dit, la: mesure que l’honorable ministre propose, en tant qu’elle modifie les lois existantes, au lieu d'être un pas dans la voie de l’augmentation de la paie des soldats, de la fréquence et de la durée des exercices, est un pas dans la voie de l'augmentation de l'effectif de l’armée permanente, et de la création d’un plus grand nombre d'écoles pour les officiers,
Lorsque j'irai à Richmond, je serai accosté par les officiers et les soldats du bataillon, qui me demanderont: ‘ Quelle nouvelle à pro-
pos de ces vieux chapeaux et de ces vieux uniformes que nous sommes obligés de porter depuis de longues années ?” Que pourrai-je leur répondre? Je leur dirai que le gouvernement ne peut acheter de nouveaux uniformes parce qu'il n’a pas d'argent à dépenser pour cela; mais qu’ils no doivent pas oublier que le gouvernement a un très beau coltége militaire à Kingston.
Et s'ils me parlent de cos gros canons dont j'ai parlé l'autre jour comme étant tout à fait impropres au service, la seule consolation que je pourrai leur donner ce sera de leur dire que l'on est à augmenter l’armée permanente et que cette armée a de très beaux canons, des ajustements et un fourniment de premier ordre, Ets'ils disent que leur solde est insuffisante, que 50 cents par jour ne sont pas suffisants pour les engager à abandonner leurs occupations pour les engager à entrer dans la milice volontaire, ou pour continuer à y servir, la réponse naturelle sera que l'honorable ministre de la Milice a créé un nouvel officier d'état-major, un nouveau Quartier-maître général,
Je ne combattrai la mesure que pour dire ceci:—et j'en appelle à tous les officiers volontaires présents en cette Chambre—Le défaut de notre système n’est pas le manque d'officiers, ile manque d'écoles militaires, ni la faiblesse numérique de notre armée permanente, mais le fait que la solde accordée aux volontaires et la durée des exercices ne sont pas suffisantes pour créer un bon effectif volontaire. Il est très facile pour nous de parler des volontaires du pays et des services qu'ils ont rendus. Ils ont rendu de grands services et feraient encore noblement leur devoir, si l'occasion le requérait, IL en serait de même de chaque habitant, qu'il appartienne ou non à l'effectif volontaire. Si le pays était envahi, chacun se lèverait pour repousse: l’envahisseur; mais ilest inutile pour nous de nous bercer de l'illusion que nos volontaires sont satisfaits de 50 cents par jour et d'exercices tous les deux ans.
Ils ne sont pas et ne 8e croient pas suffisamment exercés. Nous n’aurons jamais de bons volontaires, et les volontaires ne s’intéresseront jamais à la milice, tant que le gouvernement ne sera pas disposé à augmenter les estimations pour le paiement des hommes, non pour les écoles d’oificiers ni pour l'armée permanente, mais pour les simples soldats et les sous-officiers, qui composent l'effectif volontaire de la Confédération.
M. HESSON : Je partage en grande partie les opinions exprimées par l'honorable député de Richmond et Wolfe (M. Ives), ainsi que celles de l’honorable député de Muskoka (M. O’Brien). Je suis convaincu que de la somme considérable dépensée en Canada pour des fins militaires, ($773,000,) un montant très minine est dépensé
our les simples soldats et les sous-officiers de la milice volontaire. botte somme ne s'élève qu’à $250,000, pour les fins d'exercices et autres dépenses semblables, sur une somme totale de $773,000, ce qui est une somme très faible pour exercer la force armée du Canada,
S'il est nécessaire d’avoir et d'encourager le goût militaire, et je suppose qu'il en est ainsi, car je crois qu’il n'y a pas un seul honorule membre qui ne soit convaincu de la nécessité de cultiver ce goût, non-seulement pour le présent, maïs pour l'avenir, uno dépense considérable est nécessaire. Si la Confédération doit faire tous les progrès que nous en espérons, l'esprit militaire doit augmenter en même temps que l'accroissement et le développement de nos ressources ; et si nous avons des intérêts à défendre et à protéger, il nous faut l’organisation militaire, et cela ne peut être obtenu qu’en
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encourageant les sous-officiers ct les soldats de la milice volontaire à consacrer une partie de leur temps aux devoirs qui leur incombent,
Il est déraisonnable de s'attendre à ce qu’un volontaire puisse au moyen d'un exercice de huit à dix jours tous les doux ans, obtenir assez de pratique pour pouvoir être ut le à l'effectif régulier ou à tout autre effectif que nous espérons avoir pour la dépense que nous faisons, Si l'honorable ministre juge nécessaire d'établir trois nouvelles écoles dans le but d’instruire des hommes pour en faire des officiers, je crois qu’il sora nécessaire d’encourir une dépense considérable pour atteindre le but indiqué par les honorables députés de Richmond et de Wolfo ot de Muskoka, c'est-à-dire en augmontant la solde des hommes qui considèrent avec raison que 50 cts. par jour ne sont pas une considération raisonnable pour les devoirs qu'on Vus demande comme volontaires.
D'après les renseignements que je me suis procurés, je suis tout à fait certain que les soldats des diverses compagnies en Uanada sont tous disposés à consacrer leur temps ot leurs talents afin de faire tout ce qu’il est on lour pouvoir pour encourager l'esprit guerrier qui est l'âme du mouvement volontaire; mais ils ne peuvent atteindre ce but si rien n’est alloué aux hommes pour les exercices qu’ils pourraient faire en dehors du temps prescrit pour la série biennale d'oxercice de huit à dix jours.
Ces compagnies doivent être assemblées et exercées pendant ‘une partie de l’année à part les exercices des camps de brigade. Jo crois que c’est se montrer très injuste pour les hommes, qui sont quelquefois obligés de quitter Sr pre des emplois lucratifs, pour venir s'exercer dans les camps de brigade pendant la saison des travaux et des affaires, que de leur demander de faire des sacrifices pour la somme de 50 cents par jour ; ot, comme il a été dit par des hommos bien au fait de l’esprit qui doit animer le soldat, il est impossible d'atteindre le but que l’on se propose, si à la fin de la série d’exorcices il peut s’en aller, quitte à revenir deux ans plus tard, ot s’il revient il n'est pas plus instruit que lorsqu'il a d’abord commencé à s'exercer.
S'il est nécessaire de faire de fortes dépenses pour établir des écoles, pour nous donner une armée régulière, permanente pour ainsi dire, et pour rendre les officiers aptes à romplir leurs devoirs, je suis convaincu qu’il est tout aussi nécessaire pour la Chambre de mettre dans les prévisions budgétaires un crédit considérable pour les hommes aussi. À quoi sert avoit un état-major compétent s’ii n'a pas d'hommes à commander ; et nous savons les difficultés que les officiers commandant les compagnies dans les divers bataillons disséminés sur touto l'étendue du Canadn, éprouvent à garder leurs hommes réunis.
Voyant qu'il a si peu d'avantages à offrir, l'honorable ministre de la Milice devrait aller plus loin qu’il ne se propose, et donner à tous les bataillons maintenant enrôlés en Canada, des exercices annuels au lieu d’une seule série d'exercices une fois tous les deux ans, ainsi que cela s’est fait par le passé.
Je mo suis levé tout simplement pour dire que j’approuve ce qui a été dit dans ce sens par l’honorable député de Richmond et Wolfe et par l'honorable député de Muskoka, et je suis convaincu que d’autres membres de cette Chambre qui sont au fait de la question, exprimeront leurs vnes à ce sujet et demanderont que les hommes soient payés plus libéralement et qu'ils aient plus fréquemment l’occasion de s’exercor. Je suis surpris do voir quesur cette sommo de $773,000,
lo la ar ar
; À nt ut est co ur'or-
uno rois uelenir aux - la mos sible )XOTl re-
des pour roirs, e de pour iin’a e les is disleurs
re do à tous 63 ADx ans,
) qui à olfe et autres primegoient casio 73,000,
pas moins de 825,000 sont affertées à la garde des magasins et des munitions,
Ceci me semble être un cinquième du montant total payé aux hommes ; et si c'est là une proportion raisonnablo du montant total dépensé sous ce chef, alors les hommes et les officiers qui font la rude
besogne, ne sont pas suffisamment payés, et j'aimerais à voir voter un crédit considérable à cette fin.
M. LISTER : Je ne mo lève pas dans le but de critiquer ce bill d'une façon hostile. Je laisse ce soin à ceux qui sont plus familiers avec le sujet—les capitaines, colonels, et généraux de brigade de cette Chambre qui possédent les renseignements nécessaires.
Je suppose que l'honorable ministre de la Milice a décidé que co bill deviendra loi, et s’il en est ainsi, il est opportun qu'il soit sur tous rapports présenté sous une forme convenable. Je ne suis pas très familier avec cette question, mais un monsieur qui la connaît intimement m'a passé copie du bill, que je considère comme étant défectueux sous certains rapports.
Avant quo ce bill ne soit présenté de nouveau à la Chambre, je me permettrai d'attirer l’attention de l'honorable monsieur sur une certaine clause, et je suis certain qu’il en fera un examen des plus sérieux.
S'il examine la clause 39e, il verra qu’elle stipule que l’ofüciercommandant aura le droit d’instituer une action contre toute personne pour recouvrer la valeur de la propriété de la Couronne prise par les soldats ou autres.
Dans ce bill, l'on distingue la propriété de la Couronne de certaine autre proprie appattenant à des bataillons et à des Sr pRgaies, tels que les drapeaux, les livres du régiment, les archives, les insruments de musique, etc., et je suggérerais que l'on intercalât
outre la propriété de la Couronne dont ils sont responsables, les mots ‘ propriété du corps.”
‘attirerai aussi l’attontion de l'honorable monsieur sur la clause quarante-deuxième et suggérerai que les mots‘ du corps ” soient insérés après les mots ‘ propriété de la Couronne.” De cette façon, les soldats ou autres personnes qui s’empareront de cette propriété, pourront être arrêtés à l'instance d’une certaine personne et pourront très bien être poursuivis en veriu des dispositions de ce bill, tout comme s'ils s'étaient emparés de la propriété de la Couronne. Ce sont là, d’après moi, des additions très importantes à faire au bill, et qui le rendront plus parfait si le gouvernement se décide à lui
. donner force de loi.
Je crois que les observations de mon honorable ami, le député de Richmond et Wolfe, font parfaitement connaître cette question; et tout en félicitant l'honorable ministre de la Milice de la manière habile et éloquente dont il a exposé à la Chambre ses vues sur le sujet, je pense qu'il n’a pas raison de dire que le pays ne voterait pas contre l’organisation telle qu’elle existe aujourd’hui.
Je ne voudrais pas exprimer mon opinion sur cette question ; mais je prétends que ce qui concerne le service volontaire, tel qu'il est maintenant, les opinions sont très divisées relativement à l’opportunité de le maintenir dans l’état actuel.
Je me rappelle très bien qu’en 1878, lorsque les honorables messieurs qui occupent aujourd’hui les banquettes ministérielles, cherchaient à défaire l’ancien gouvernement, ils faisaient valoir bien haut dans le pays, partout où il y avait une compagnie de volontaires, le fait que le gouvernement Mackenzie payait seulement aux
soldats la misérable somme de 50 cents par jour, Lo but que l'on so proposait en agissant ainsi et la conclusion à tirer de çes actes, sont bien évidents : on voulait dire que si ces honorables messieurs revenaient au pouvoir, les volontaires qui, dans lo passé, avaient reçu une solde si insuffisante et auxquels on avait demandé de faire de si grands sacrifices dans l'intérêt public, seraient indemnisés comme ils le méritaient. }
Je prétends que ce bill surprendra le peuple de ce pays, lorsqu'on verra que les volontaires, qui s’absentent tous les ans et s’exposent à des dépenses et des privatious, comme ils sont obligés de le faire, pour leur exercice annuel, no recevront que la misérable somme de 50 cents par jour pour leur services, tandis que l'honorable ministre de la Milice augmente l'état-major, le nombreux état-major qui existe déjà, et qui absorbera, je le dis sans crainte, le trois quarts du montant considérable qu'il demande à la Chambre. Ce sont des questions qui, bientôt peut-être, seront soumises au peuple de ce ‘pays—et le peuple sentira l'injustice que l'on fait aux volontaires en ne leur donnant que 60 cents par jour, malgré les surplus Gont nous nous vantons, tandis que le ministre de la Guerre ajoute toujours au nombre des officiers, auxquels il donne des salaires princiors À même le trésor public.
Je dis donc qu'il n’est pas étonnant que mon honorable ami, le député de Richmond et Wolfe (M. Ives), ait pris une position semihostile contre le gouvernement, au sujet de la question maintenant devant la Chambre. Nous ne devons pas oublier que ces voloutaires, que l'honorable ministre de la Milice a loués si fortement—-ces hommes qui ont été si prompts à prendre les armes quand leur pays a w menacé—devraient être indemnisés pour les services qu'ils ont rendus,
L'honorable député de Muskoka, qui, je n’en doute pas, a été soldat lui-mème, car il a certainement un air martial, ne semble pas approuver le bill présenté par l'honorable ministre de la Milice ; et j'espère que le projet contenu dans le bill sera abandonné, et que l'on en présentera un autre plus simple et plus facile à réaliser et pouvant, au moins, rendre un peu justice à nos militaires qui, dans le passé, ont combattu pour nous défendre, et qui seront toujours prêts à nous défendre à l'avenir.
Relativement à l’honorable ministre de la Milice, je dirai que, d’après moi, tant que les honorables messieurs de la droite seront au pouvoir, ils ne trouveront pas parmi eux un homme plus capable que lui pour remplir ce poste ; je n’ai pas un mot à dire contre lui. Je crois qu'il travail énergiquement à améliorer le système militaie ; mais il doit avoir constaté, lorsqu'il a visité le camp do London, en compagnie du général Luard, ou les autres camps de volontaires qui ont été établis par tout le pays, il doit avoir constaté, dis-je, que plusieurs de ces hommes avaient besoin d’habillements neufs et meilleurs que ceux qu'ils portent maintenant. Au lieu de dépensor de l'argent comme on se propose de le faire, au lieu d’ajouter de nouveaux officiers à la force, et de faire Ges dispositions pour le paiement de saiaires élevés à des amis, il serait préférable de donner cet argent aux volontaires, du pays, afin de les encourager à faire le service et afin de les rendre plus capables.
Je remercie la Chambre de ce qu'elle a bien voulu écouter avec indulgence les quelques observations que j'ai faites à co sujet; et si mes paroles contribuent à faire donner aux volontaires plus de considération que semble leur en accorder ce bill, je croirai avoir rempli un devoir en adressant la parole à la Chambre.
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dE SCRIVER: Je ne me lève pas dans le but de prolonger le at.
L'honorable député de Middlesex (M. O'Brien) a fait allusion , au fait qu'il y a, dans cette Chambre, un bon nombre de députés qui appartiennent à la milice. J'ai été quelque peu surpris, cependant, qu'un si petit nombre de ces honorables monsieurs aient pris part au débat, car la discussion n’a été conduite presque exclusivement que par d’honorables députés qui, comme moi, ne sont pas militaires et ne peuvent pas prétendre à l'expérience qui leur permettrait de parler de cette question d’uno façon aussi intelligible qu'ils le voudraient. Mais il nous a été donné à tous de remarquer ce qui se passait, et, que nous ayons eu ou non l'honneur de commander des bataillons ou des compagnies, nous n'avons pu ne pas voir les défectuosités du système actuel.
Je dois dire que je partago tout à fait les opinions émises par mon honorable ami le député de Ricamond et Wolfe. Comme moi, il représente un comté où l'élément militaire est considérable, Je ne doute pas que, dans ce comté, comme dans le mien, il y a plusieurs hommes qui, ainsi que l'honorable député de Middlesex, ont servi leur pays avec fidélité et bravoure, se sont occupés activement du mouvement militaire, ont consacré beaucoup de temps et de travail et encourus des dépenses considérables dans l'intérêt de ce qui, je regrette de le dire, a été une tentative presque vaine de rendre ce système efficace. Je suis forcé de dire que l'on a rétrogradé au licu d'avancer, pendant les années dernières, et je suis obligé d'exprimer l'opinion que ce mouvement rétrogade n'a pas été causé par le manque d'officiors compétents, bien formés et énergiques, mais plutôt, par le manque de volontaires. Dans tous les cas, dans les comtés limitrophes des frontières, il provient des deux causes suivantes: d’abord, la solde tout à fait insuffisante payée aux volon-
taires pendant lour temps d'exercice; et, ensuite, la disparition de nos jeunes gens, qui tous les jours partent en grand nombre pour le Nord-Ouest et les Etats de l'Ouest. On a été presque obligé d'admettre de nouveaux volontaires dans les compagnies et l'on a été obligé, aussi, afin d’avoir l’effectif des compagnies au complet, d'y faire entrer des jounes gens, ou plutôt des jéunes garçons, qui ne sont pas du tout aptes à remplir les devoirs du soldat ; et plusieurs de ces garçons, comme l’a dit mon honorable ami, n'ont pris part que pendant quelques jours aux exercices annuels.
J’ignore jusqu’à quel point l'on peut changer cot état de choses, et certuinement il existera tant que nos jeunes gens continueront de s’en aller au Nord-Ouest; mais l’on peut y remédier, dans une certaine mesure, en augmentant la solde que l'on a donnée jusqu'aujourd'hui aux volontaire:
Je urois, avec l'honorable député de Richmond et Wolfe, qu’il n’est pas nécessaire d'augmenter le nombre des officiers, que l’on n'a pas demandé les réformes visées par le bill de l'honorable ministre de la Milice, et qu’il serait plus équitable d’affecter l'argent que l’on se propose de dépenser à l'établissement de nouvelles écoles, ax ypaiement des volontaires lorsqu'ils font le service, et d'avoir des exercices annuels au lieu d’en avoir tous les deux ans.
J'espère que l’honorable ministre de la Milice voudra bien ezaminer de nouveau cette question, ot que, s'il lui est impossibie de trouver moyen de changer son programme relativement à l'établis-
* sement de ces écoles, il écoutera au moins les représentations qui lui
sont faites sur l'opportunité d’avoir des exercices plus fréquents ct d'augmenter la solde des volontaires qui y prennent part.
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